Ré­fu­giés : tou­jours plus de per­sonnes fuient la guerre et les per­sé­cu­tions

● Se­lon le HCR, le nombre de dé­pla­cés dans le monde a at­teint un ni­veau re­cord de 65,6 mil­lions en 2016. ● Un ré­fu­gié sur deux est un en­fant, plus en­core au Sou­dan du Sud où la si­tua­tion in­quiète par­ti­cu­liè­re­ment.

Les Echos - - MONDE - N. K.

Un nou­veau re­cord : l’an der­nier, 65,6 mil­lions de per­sonnes, soit pré­ci­sé­ment l’équi­valent de la po­pu­la­tion du Royaume-Uni, étaient contraints par les conflits ou les per­sé­cu­tions à vivre loin de chez eux dans des condi­tions sou­vent très pré­caires. Le rap­port pu­blié mar­di par le Haut-Com­mis­sa­riat aux ré­fu­giés (HCR) des Na­tions unies à l’oc­ca­sion de la Jour­née mon­diale des ré­fu­giés pré­cise que le nombre de ces dé­pla­cés for­cés a dou­blé en vingt ans. Il a sur­tout aug­men­té entre 2012 et 2015 du fait de la guerre en Sy­rie. En 2016, le phé­no­mène s’est pour­sui­vi, plus de 10 mil­lions de nouvelles per­sonnes de­vant fuir les vio­lences, un chiffre en di­mi­nu­tion tou­te­fois, pour la pre­mière fois de­puis 2010.

Si les ré­fu­giés fuyant leur pays consti­tuent la part la plus mé­dia­ti­sée de ces migrations, plus de 60 % des mou­ve­ments s’ef­fec­tuent dans le pays d’ori­gine, prin­ci­pa­le­ment en Sy­rie, en Irak et en Co­lom­bie. La vague mi­gra­toire de grande am­pleur qui a tou­ché l’Eu­rope en 2015 n’est ain­si qu’une pe­tite part du pro­blème des dé­pla­cés for­cés, car même dans le cas des ré­fu­giés (c’es­tà-dire des per­sonnes ayant quit­té leur pays), ce sont les pays émer­gents qui ac­cueillent le plus grand nombre de mi­grants. L’Al­le­magne qui a ou­vert la porte à 1,3 mil­lion de ré­fu­giés, bien plus que n’im­porte quel autre pays dé­ve­lop­pé, n’est que le 8e pays en ac­cueillant le plus, loin der­rière la Tur­quie et les 2.8 mil­lions de ré­fu­giés qui y ré­sident.

« La pro­tec­tion des ré­fu­giés n’est pas seu­le­ment l’af­faire des Etats voi­sins mais re­lève de la res­pon­sa­bi­li­té de la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale. » ANTÓNIO GUTERRES Se­cré­taire gé­né­ral de l’ONU

Nombre de dé­pla­cés se­lon le sta­tut

Ur­gence hu­ma­ni­taire

Si la si­tua­tion s’est quelque peu sta­bi­li­sée l’an­née der­nière, l’ur­gence hu­ma­ni­taire est plus pres­sante que ja­mais dans cer­taines ré­gions. Le Sou­dan du Sud in­quiète tout par­ti­cu­liè­re­ment le haut-com­mis­saire pour les ré­fu­giés, Fi­lip­po Gran­di : « C’est la crise de dé­pla­ce­ment qui connaît la crois­sance la plus ra­pide au monde », a-t-il dé­plo­ré. Comp­tant par­mi les ré­gions les plus pauvres du monde, la zone en­vi­ron­nante n’a pas les res­sources pour gé­rer l’ac­cueil de mil­lions de per­sonnes, juge le rap­port, d’au­tant plus que plus des deux tiers des ré­fu­giés sont des en­fants et que la fa­mine me­nace.

Le HCR rap­pelle à cet égard ce chiffre édi­fiant : dans le monde, la moi­tié des ré­fu­giés sont des en­fants. Sans pro­tec­tion, sé­pa­rés de leur fa­mille dans des zones in­stables pour beau­coup, les risques d’ex­ploi­ta­tion et d’abus sont im­menses.

La si­tua­tion semble en fait stag­ner dans de nom­breuses zones, les crises res­tant non ré­so­lues et des ré­fu­giés de­meu­rant en si­tua­tion pré­caire à l ’é t r a n g e r p e n d a n t des an­nées. En Sy­rie tout par­ti­cu­liè­re­ment, six Sy­riens sur dix ne peuvent ain­si tou­jours pas ren­trer chez eux à cause de la guerre. Le nombre de ré­fu­giés re­tour­nant dans leur pays, s’il dé­colle en­fin, reste très faible. Un de­mi-mil­lion de ré­fu­giés, es­sen­tiel­le­ment af­ghans ont ain­si pu ren­trer chez eux en 2016, soit seu­le­ment 5 % des ré­fu­giés dans le monde. Pour re­mé­dier à ce­la, le HCR plaide avant tout pour des ac­cords bi­la­té­raux entre Etats concer­nés per­met­tant le re­tour dans de bonnes condi­tions des ré­fu­giés à moyen terme. Un ac­cord ger­ma­no-sy­rien pa­raît pour­tant bien loin. —

Dé­pla­cés in­ternes 40,3 mil­lions

Evo­lu­tion du nombre de dé­pla­cés

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