Le Sé­nat ita­lien étu­die l’in­tro­duc­tion du droit du sol dans un cli­mat po­li­tique élec­trique

La ré­forme du Code de la na­tio­na­li­té fait dé­bat en Ita­lie. La question mi­gra­toire est ins­tru­men­ta­li­sée par la classe po­li­tique.

Les Echos - - MONDE - Oli­vier Tos­se­ri — Cor­res­pon­dant à Rome

Le su­jet de l’oc­troi de la na­tio­na­li­té ita­lienne est brû­lant. La pé­nin­sule est en ef­fet prise entre deux feux, ce­lui d’une crise mi­gra­toire sans pré­cé­dent avec près de 200.000 mi­grants qui dé­bar­que­ront sur ses côtes cette an­née et ce­lui de la crise dé­mo­gra­phique qu’elle tra­verse et qui lui a fait perdre 217.000 ha­bi­tants de­puis 2014. C’est dans ce contexte que les es­prits se sont échauf­fés au Sé­nat où un pro­jet de loi vi­sant à in­tro­duire le droit du sol dans la lé­gis­la­tion ita­lienne, où pré­vaut le droit du sang, a com­men­cé à être étu­dié ven­dre­di der­nier.

Les dis­cus­sions ont don­né lieu à une vé­ri­table co­hue, les élus de la Ligue du Nord pro­fé­rant des in­sultes et ar­bo­rant des pan­cartes sur les les­quelles on pou­vait lire « Stop à l’in­va­sion ». Si la loi est une pro­messe élec­to­rale de la gauche qui y voit un sym­bole, elle ren­contre l’op­po­si­tion de la droite et l’ab­sen­tion du Mou­ve­ment 5 étoiles, ce qui équi­vaut à la re­je­ter compte te­nu de la ma­jo­ri­té res­treinte dont dis­pose le gou­ver­ne­ment au Sé­nat. L’Eglise a pris po­si­tion dans le sillage des vi­brants ap­pels à l’ac­cueil des mi­grants lan­cés par le Pape Fran­çois. Elle y voit un « ins­tru­ment qui amé­lio­re­rait la vie dans nos villes, en fa­vo­ri­sant l’in­clu­sion et la par­ti­ci­pa­tion », là où les op­po­sants à la ré­forme dé­noncent un « ou­til fa­vo­ri­sant la ra­di­ca­li­sa­tion et l’in­va­sion ».

Un acte de jus­tice

Le droit du sol, for­te­ment en­ca­dré dans les dis­po­si­tions à l’étude par les par­le­men­taires, concer­ne­rait 600.000 ado­les­cents nés de­puis 1998 en Ita­lie de pa­rents qui y ré­sident de­puis au moins cinq ans. Ils sont par­fai­te­ment in­té­grés à une so­cié­té de la­quelle ils sont pour­tant ex­clus, ne pou­vant, par exemple, ni vo­ter, ni concou­rir aux em­plois pu­blics. Un acte de jus­tice pour les pro­mo­teurs du texte. D’après l’Is­tat, les étran­gers re­pré­sentent au­jourd’hui 8,3 % d’une po­pu­la­tion ita­lienne en dé­clin nu­mé­rique, soit plus que les 6,6 % en­re­gis­trés en France mais moins que les 9,3 % en Al­le­magne. Au 1er jan­vier 2016, plus de 5 mil­lions d’étran­gers ré­si­daient en Ita­lie, soit 5 fois plus qu’en 1998. Si la question est ré­cente dans la so­cié­té ita­lienne, la classe po­li­tique n’a pas perdu de temps pour l’ins­tru­men­ta­li­ser.

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