Boeing lève un coin du voile sur son pro­jet d’avion mi­lieu de gamme

Se­lon le pa­tron du géant amé­ri­cain, il existe un po­ten­tiel im­por­tant pour un nou­vel avion si­tué entre le Boeing 737 et 787.

Les Echos - - INDUSTRIE & SERVICES - Bru­no Tré­vi­dic @bru­no­tre­vi­dic

Il ne vien­dra pas au Sa­lon du Bour­get avant plu­sieurs an­nées… s’il y vient ja­mais ! Et pour­tant, le pro­jet d’avion mi­lieu de gamme de Boeing fait dé­jà beau­coup par­ler de lui dans les al­lées du Sa­lon aé­ro­nau­tique. Pas une in­ter­view, pas une confé­rence de presse de Boeing sans qu’il soit question du « middle of mar­ket air­craft », le « MOM » comme l’a sur­nom­mé la presse amé­ri­caine, qui pour­rait ve­nir s’in­ter­ca­ler entre le 737 mo­no­cou­loir moyen-cour­rier et le 787 bi-cou­loirs long-cour­rier, aux alen­tours de 2025.

« Nous sommes très en­ga­gés sur ce pro­jet, qui sus­cite beau­coup d’in­té­rêts chez nos clients, as­sure Den­nis Mui­len­burg, le grand pa­tron du groupe. Nous en avons dé­jà beau­coup dis­cu­té avec nos clients et ce que nous voyons se des­si­ner, c’est un be­soin pour un avion avec un rayon d’ac­tion de l’ordre de 5.000 miles nau­tiques [9.260 km, NDLR] pour une ca­pa­ci­té de 220 à 270 sièges, qui of­fri­rait les per­for­mances d’un gro­spor­teur aux coûts d’un mo­no­cou­loir, pour une pos­sible en­trée en ser­vice vers 2024-2025. »

Plu­sieurs mo­to­ristes en lice

Se­lon Ke­vin McAl­lis­ter, le nou­veau pa­tron de Boeing com­mer­cial air­planes (BCA), 57 clients au­raient été consul­tés de­puis trois ans. Et le mar­ché po­ten­tiel est es­ti­mé à en­vi­ron 4.000 ap­pa­reils. Ce­pen­dant, le MOM reste un avion de pa­pier et la dé­ci­sion de lan­ce­ment n’est pas prise. « Nous avons le temps, sou­ligne Den­nis Mui­len­burg. Nous de­vons dé­fi­nir la meilleure confi­gu­ra­tion, ca­ler le bu­si­ness mo­del, mais aus­si conce­voir le sys­tème de pro­duc­tion qui se­ra un élé­ment clef de la réus­site d’un nou­veau pro­gramme. Mais s’il le fal­lait, nous pour­rions ac­cé­lé­rer » , ajoute-il.

L’une des étapes clef se­ra éga­le­ment le choix du ou des mo­to­ristes du fu­tur MOM. CFM In­ter­na­tio­nal, la co­en­tre­prise de Sa­fran et GE, qui est le mo­to­riste ex­clu­sif du 737, est na­tu­rel­le­ment sur les rangs. Mais son concur­rent amé­ri­cain Pratt & Whit­ney et même le bri­tan­nique Rolls Royce, qui ont lou­pé le coche du 737 Max, sont éga­le­ment en lice.

Et pour l’heure, Boeing n’a même pas in­di­qué s’il comp­tait sé­lec­tion­ner un ou deux mo­to­ristes. « Nous avons des dis­cus­sions avec tous les mo­to­ristes, confirme Den­nis Mui­len­burg. Mais nous n’avons pas en­core fi­na­li­sé. »

Reste tou­te­fois à sa­voir si le jeu en vau­dra la chan­delle. In­ter­ro­gé sur le mon­tant d’un tel in­ves­tis­se­ment, Den­nis Mui­len­burg ne veut avan­cer au­cun chiffre. Mais le coût d’un nou­veau pro­gramme dé­pas­se­rait pro­ba­ble­ment les 10 mil­liards de dol­lars. Or si le mar­ché po­ten­tiel est al­lé­chant, une par­tie est dé­jà oc­cu­pée par Air­bus et son nou­vel A321 neo, qui a dé­jà ra­flé 1.416 com­mandes. Et Air­bus n’ex­clut pas d’amé­lio­rer en­core les per­for­mances de son mo­no­cou­loir, pour contrer à moindre coût un fu­tur Boeing.

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