Bosch in­ves­tit 1 mil­liard dans une usine de puces pour l’au­to­mo­bile

Ber­lin sou­tient le pro­jet avec une sub­ven­tion de 200 mil­lions d’euros. En jeu : as­su­rer la pro­duc­tion en Al­le­magne de ces puces es­sen­tielles pour l’In­ter­net des ob­jets.

Les Echos - - INDUSTRIE & SERVICES - Pau­line Houé­dé — Cor­res­pon­dante à Ber­lin avec Sé­bas­tien Du­mou­lin

Bosch met les bou­chées doubles dans les se­mi-conduc­teurs, com­po­sants clefs de l’In­ter­net des ob­jets et de la voi­ture au­to­nome. Le groupe a an­non­cé lun­di la construc­tion d’une usine à Dresde, un in­ves­tis­se­ment de 1 mil­liard d’euros pré­sen­té comme le plus im­por­tant du groupe à ce jour. Bosch, l’un des plus grands pro­duc­teurs de cap­teurs, qui avait dé­jà inau­gu­ré une usine à Reut­lin­gen, près de Stutt­gart, en 2010, ren­for­ce­ra ain­si ses ca­pa­ci­tés sur ce seg­ment.

Bosch est loin d’être le seul ac­teur à mi­ser sur le mar­ché des com­po­sants élec­tro­niques pour l’au­to­mo­bile, ti­ré par l’élec­tri­fi­ca­tion des voi­tures et la conduite au­to­nome. Avec plus de 25 mil­liards de dol­lars de re­ve­nus, le sec­teur af­fiche une crois­sance au­tour de 6 % par an, soit deux fois celle du mar­ché glo­bal des se­mi-conduc­teurs. De quoi sus­ci­ter des convoi­tises. Le néer­lan­dais NXP est très pré­sent, de­vant l’al­le­mand In­fi­neon, le ja­po­nais Re­ne­sas ou le fran­çais STMi­cro. A cô­té de ces fa­bri­cants très fo­ca­li­sés sur l’in­dus­trie, les mas­to­dontes amé­ri­cains des puces sont éga­le­ment sur les rangs. Nvi­dia mise sur ses pro­ces­seurs gra­phiques is­sus du jeu vi­déo et qui font mer­veille dans la re­con­nais­sance d’image. Quant à In­tel, il a frap­pé un grand coup en ra­che­tant l’is­raé­lien Mo­bi­leye, un poids lourd de l’as­sis­tance à la conduite, pour 15 mil­liards de dol­lars en mars.

Be­soins en se­mi-conduc­teurs

Pour le pre­mier équi­pe­men­tier au­to­mo­bile mon­dial, la ré­ponse passe par une aug­men­ta­tion de ses propres ca­pa­ci­tés de pro­duc­tion. « Nous es­ti­mons qu’il existe avec l’In­ter­net des ob­jets un énorme be­soin en se­mi-conduc­teurs, a ré­su­mé Dirk Ho­hei­sel, un des di­ri­geants de Bosch. Les pro­duire nous­mêmes reste pour nous es­sen­tiel. »

C’est une bonne nou­velle pour Dresde, qui a rem­por­té la mise face à d’autres sites in­ter­na­tio­naux. La ca­pi­tale saxonne ac­cueille dé­jà le fa­bri­cant de puces In­fi­neon, l’amé­ri­cain Glo­balFoun­dries et le néer- lan­dais NXP. Cette Si­li­con Saxo­ny, créée il y a dix-sept ans, consti­tue un ré­ser­voir de 20.000 em­ployés spé­cia­li­sés dans le­quel pour­ra pui­ser Bosch pour re­cru­ter les 700 sa­la­riés de sa nou­velle usine, dont la pro­duc­tion devrait dé­mar­rer à la fin 2021. « C’est une très bonne nou­velle et une dé­ci­sion in­ima­gi­nable il y a en­core plu­sieurs an­nées » , se ré­jouit Ro­bert Wei­chert, porte-pa­role de la Si­li­con Saxo­ny.

La pro­duc­tion de la nou­velle usine devrait dé­mar­rer à la fin 2021.

Ber­lin sub­ven­tion­ne­ra l’in­ves­tis­se­ment de Bosch à hau­teur de 200 mil­lions d’euros sur trois ans. Ces aides pu­bliques s’ins­crivent dans le pro­gramme IPCE (« Im­por­tant Pro­ject of Com­mon Eu­ro­pean In­te­rest ») qui doit per­mettre aux pays eu­ro­péens d’ob­te­nir l’aval de Bruxelles pour le fi­nan­ce­ment de pro­jets stra­té­giques.

Ce coup de pouce fi­nan­cier vise à ai­der l’Eu­rope à as­su­rer sur son sol la pro­duc­tion de ces com­po­sants clefs pour l’in­dus­trie du fu­tur.L’ Union eu­ro­péenne ne re­pré­sente que 6,4 % de la pro­duc­tion mon­diale, se­lon l’as­so­cia­tion Se­mi, loin der­rière la Chine, Taï­wan ou la Co­rée.

Pho­to Bloom­berg

La nou­velle usine de Dresde ren­for­ce­ra la pro­duc­tion de l’usine de Reut­lin­gen créée en 2010.

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