En Suède, un centre com­mer­cial dé­dié aux seuls pro­duits re­cy­clés

Les bou­tiques, cha­cune spé­cia­li­sée, ne vendent que de la se­conde main. Mi­toyenne d’un centre de tri de dé­chets, ReTu­na se veut plus qu’un mar­ché aux puces tra­di­tion­nelles.

Les Echos - - INDUSTRIE & SERVICES - An­toine Ja­cob @ja­cob_­nor­dic — Cor­res­pon­dant en Eu­rope du Nord

Sous le même toit, un centre de tri de dé­chets re­cy­clables et une ga­le­rie com­mer­ciale at­tirent de plus en plus de monde, à la sor­tie d’une com­mune du centre de la Suède. Le pre­mier ali­mente les neuf ma­ga­sins que compte la se­conde, la seule en son genre en Scan­di­na­vie.

Comme les autres gé­rants de bou­tique, Anne-Ma­rie Si­vers­tad se rend, une fois par jour ou plus, dans le centre de tri mi­toyen pour y faire son mar­ché. En gé­né­ral, elle n’y trouve que des ob­jets en suf­fi­sam­ment bon état pour être re­ven­dus.

Sa bou­tique est au pre­mier (et der­nier) étage de la ga­le­rie qui, au to­tal, fait 5.000 mètres car­rés. On y trouve us­ten­siles de cui­sine, plats, as­siettes, verres, ca­fe­tières, etc. L’as­sor­ti­ment est comme neuf, le lieu clair et propre. Chaque gé­rant a amé­na­gé son es­pace – de 50 à 400 mètres car­rés – comme il l’en­tend. Avec deux constantes, un sol en bé­ton et quelques gros tuyaux ser­pen­tant au pla­fond. La ga­le­rie et le centre de tri ont ou­vert à l’été 2015 dans un an­cien en­tre­pôt du géant DHL. Le nom du site ? « ReTu­na », pour « re­cy­clage » et « Es­kil­stu­na », la ville d’en­vi­ron 70.000 ha­bi­tants où il est si­tué, à 90 km à l’ouest de Stock­holm.

Une iden­ti­té propre

« La mu­ni­ci­pa­li­té vou­lait com­bi­ner les deux ac­ti­vi­tés en un seul lieu, pour des rai­sons en­vi­ron­ne­men­tales et pra­tiques, tout en pro­po­sant mieux que des puces tra­di­tion­nelles ou de simples bou­tiques d’oc­ca­sion », ra­conte An­na Berg­ström, la di­rec­trice du site. Avant de don­ner son feu vert aux di­vers gé­rants, elle s’est donc « as­su­rée que cha­cun d’entre eux se concentre sur une ca­té­go­rie bien pré­cise d’ar­ticles ». Ce n’est pas tou­jours le cas, quatre des neuf bou­tiques pro­po­sant, entre autres, de la dé­co­ra­tion d’in­té­rieur et du mo­bi­lier. Il n’en reste pas moins que cha­cune re­ven­dique une iden­ti­té propre. Les autres vendent des fleurs, des vête- ments et des jouets pour en­fants, des ap­pa­reils élec­tro­niques et des ar­ticles de bri­co­lage. Une or­ga­ni­sa­tion ca­ri­ta­tive, elle, a le droit d’être plus éclec­tique. « L’an der­nier, il s’est ven­du pour 8,1 mil­lions de cou­ronnes (830.000 euros) de pro­duits re­cy­clés. L’achat moyen s’élè ve entre 13 et 14 euros », ajoute la di­rec­trice.

La com­mune a in­ves­ti 8 mil­lions dans le pro­jet, centre de tri com­pris. Les gé­rants de ma­ga­sins lui paient un loyer men­suel, in­fé­rieur au prix du mar­ché. Jus­qu’en jan­vier… Après, chaque bou­tique de­vra trou­ver son mo­dèle éco­no­mique. La fleu­riste, Ma­ria Lars­son, est op­ti­miste. Elle dit vendre, en moyenne, pour 255 euros par jour, soit 7.650 euros par mois. D’autres as­surent avoir du mal à se payer un sa­laire dé­cent. « Il fau­drait que Re-Tu­na ait cinq ou six bou­tiques de plus pour at­ti­rer plus de clients », plaide Nu­cho Se­j­dic, qui vend des meubles. An­na Berg­ström y tra­vaille : 14.000 mètres car­rés sont dis­po­nibles.

Pho­to An­toine Ja­cob pour « Les Echos »

Fleurs, vê­te­ments, jouets, ap­pa­reils élec­tro­niques, ar­ticles de bri­co­lage, chaque gé­rant de bou­tique doit se concen­trer sur une ca­té­go­rie bien pré­cise de pro­duits.

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