Sucre : Cris­tal Union s’in­quiète de l’im­pact de la sé­che­resse

En cas d’été très les pré­vi­sions pour­raient être re­mises en cause. sec,

Les Echos - - INDUSTRIE & SERVICES - Ma­rie-Jo­sée Cou­gard @Cou­gardMa­rie

A trois mois de la sup­pres­sion des quo­tas eu­ro­péens, les su­criers du groupe co­opé­ra­tif Cris­tal Union de­vraient avoir le mo­ral au beau fixe. En oc­tobre, la pro­duc­tion ne se­ra plus li­mi­tée, l’ex­por­ta­tion non plus. Une au­baine en Eu­rope, où beau­coup de pays ont une consom­ma­tion su­pé­rieure à leur pro­duc­tion. Du coup, Cris­tal Union a aug­men­té ses in­ves­tis­se­ments de 50 % en 2016 et mul­ti­plié les prises de par­ti­ci­pa­tion. Le groupe a aug­men­té de 25 % ses sur­faces culti­vées.

Pour­tant, la sé­che­resse est source d’in­quié­tudes. Les pro­duc­teurs de blé se sont alar­més les pre­miers il y a deux mois. « Si l’été est aus­si chaud qu’il s’an­nonce, toutes les pré­vi­sions de hausse de cam­pagne et de baisse des coûts de pro­duc­tion pour­raient être re­mise sen cause », juge Alain Com­mis­saire, di­rec­teur gé­né­ral de Cris­tal Union. L’Union eu­ro­péenne n’a en stock que l’équi­valent de 10 % de sa consom­ma­tion. La si­tua­tion est de ce fait dé­jà « ten- due », se­lon Alain Com­mis­saire. Un été par­ti­cu­liè­re­ment sec ne fe­rait qu’ag­gra­ver la si­tua­tion.

Changement de cap

De la même fa­çon, la marche ar­rière de la Com­mis­sion eu­ro­péenne sur l’ob­jec­tif d’in­cor­po­ra­tion de bio­car­bu­rant dans l’es­sence fâche les di­ri­geants. Bruxelles pro­jette d’abais­ser ce taux de 7 à 3,8 %, alors que « les in­dus­triels ont in­ves­ti des mil­liards dans des usines de car­bu­rants vé­gé­taux, créant au pas­sage 200.000 em­plois », s’agace Oli­vier de Bo­han, le pré­sident de Cris­tal Union. Les plan­teurs de bet­te­raves ne com­prennent pas ce changement de Bruxelles, qui veut pro­mou­voir les bio­car­bu­rants de la deuxième gé­né­ra­tion is­sus de dé­chets vé­gé­taux. Les plan­teurs de bet­te­raves ré­futent les ar­gu­ments de la Com­mis­sion se­lon les­quels les car­bu­rants verts uti­li­se­raient trop de cultures ali­men­taires.

Sur un exer­cice de seize mois clos le 31 jan­vier en rai­son d’un changement de ca­len­drier, Cris­tal Union a accru son chiffre d’af­faires de 49 %, à 2,47 mil­liards d’euros. Sur 12 mois seu­le­ment, la hausse est de 7 % en pro for­ma. Le ré­sul­tat net est de 132,6 mil­lions d’euros sur la pé­riode. Cris­tal Union af­firme être « le deuxième groupe su­crier le plus ren­table en Eu­rope der­rière le lea­der al­le­mand Süd­zu­cker ».

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