Eu­rop­car ac­cé­lère dans la lo­ca­tion de voi­tures low cost

Le lea­der eu­ro­péen du mar­ché va ra­che­ter la so­cié­té Gold­car, très im­plan­tée dans la pé­nin­sule ibé­rique. Il ac­croît la seg­men­ta­tion de son offre pour ré­pondre à l’évo­lu­tion de la de­mande.

Les Echos - - INDUSTRIE & SERVICES - Lio­nel Stein­mann @lio­nelS­tein­mann

Eu­rop­car a dé­ci­dé de mus­cler son offre de lo­ca­tion de voi­tures low cost pour ré­pondre à la crois­sance ac­cé­lé­rée de ce seg­ment du mar­ché. Le lea­der eu­ro­péen du sec­teur a an­non­cé lun­di le ra­chat de l’es­pa­gnol Gold­car. La so­cié­té, l’une des plus dy­na­miques dans cette ac­tiv ité , d is­pose d ’un parc de 50.000 vé­hi­cules et de 87 agences, prin­ci­pa­le­ment dans la pé­nin­sule Ibé­rique mais aus­si dans le Sud de la France, en Ita­lie et en Croa­tie. Elle a réa­li­sé 240 mil­lions d’euros de chiffre d’af­faires l’an der­nier pour un ex­cé­dent brut d’ex­ploi­ta­tion (Ebit­da) ajus­té de 48 mil­lions, et sa va­lo­ri­sa­tion àl ’o c c a s i o n de cette ac­qui­si­tion a été fixée à 550 mil­lions.

Le mar­ché de la lo­ca­tion de low cost croît très for­te­ment, no­tam­ment dans le Sud de l’Eu­rope, où se re­porte la clien­tèle qui op­tait il y a en­core quelques an­nées pour les pays du Magh­reb. Eu­rop­car avait pré­vu de se dé­ve­lop­per sur ce cré­neau ; l’ac­qui­si­tion de Gold­car donne un coup d’ac­cé­lé­ra­teur à cette am­bi­tion.

Le groupe compte pour­suivre le dé­ve­lop­pe­ment de la marque dans d’autres pays, à l’ex­cep­tion de l’Al­le­magne, où la marque Buch­bin­der, autre so­cié­té ré­cem­ment ache­tée et po­si­tion­née sur le low cost, devrait être conser­vée au moins dans un pre­mier temps du fait de sa forte no­to­rié­té. En France, Eu­rop­car oc­cu­pait jus­qu’ici ce cré­neau avec In­terRent. Cette marque devrait être re­po­si­tion­née sur une offre à mi-chemin entre le low cost et le pre­mium, in­car­né par la marque Eu­rop­car. Ce fai­sant, le groupe par­fait la seg­men­ta­tion de son offre, pour s’adap­ter à l’évo­lu­tion de la de­mande de mo­bi­li­té.

Nou­veaux usages

C’est éga­le­ment pour suivre les nou­veaux usages que l’en­tre­prise a an­non­cé la se­maine der­nière une prise de par­ti­ci­pa­tion de 20 % dans Snapp­Car, une so­cié­té néer­lan­daise spé­cia­li­sée dans la lo­ca­tion entre par­ti­cu­liers. En France, cette pra­tique ne cesse de se dé­ve­lop­per, pas­sant de 3 à 6 % du mar­ché en un an. Pour les loueurs tra­di­tion­nels, elle doit per­mettre de ré­pondre à des de­mandes très lo­ca­li­sées, dans des zones où l’ou­ver­ture d’une agence

de lo­ca­tion clas­sique n’est pas as­sez ren­table, ex­plique Ca­ro­line Pa­rot, la pré­si­dente du di­rec­toire d’Eu­rop­car. Ces dif­fé­rentes ac­qui­si­tions doi- vent cré­di­bi­li­ser la stra­té­gie d’Eu­rop­car, et évi­ter que la so­cié­té, in­tro­duite en Bourse il y a deux ans, ne su­bisse le sort d’Avis et de Hertz, dont le cours a plon­gé ces der­niers temps

« Les so­cié­tés amé­ri­caines donnent le ton du mar­ché, ex­plique Ca­ro­line Pa­rot. Je passe une grande par­tie de mon temps à ex­pli­quer pour­quoi le mar­ché eu­ro­péen est plus sain que ce­lui d’outre-At­lan­tique, qui pâ­tit des coûts de va­leur ré­si­duelle des vé­hi­cules. Ce­la nous a pris du temps, mais le mar­ché re­con­naît dé­sor­mais la ré­si­lience de nos ac­ti­vi­tés. » L’ac­tion a fi­ni la séance de lun­di sur une hausse de 2,9 %. A l’ho­ri­zon 2020, le groupe vise un chiffre d’af­faires de 3 mil­liards d’euros (2,15 mil­liards en 2016) et une marge d’Ebit­da ajus­té d’au moins 14 %.

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