Avec ses chauf­feurs, Uber France veut s’ache­ter une conduite

Après les grèves de dé­cembre, la pla­te­forme de ré­ser­va­tions tente de res­ser­rer les liens avec ses chauf­feurs. Elle offre no­tam­ment un ac­com­pa­gne­ment per­son­na­li­sé à ceux en dif­fi­cul­té.

Les Echos - - INDUSTRIE & SERVICES - El­sa Di­char­ry edi­char­ry@le­se­chos.fr

Steve Salom, le nou­veau di­rec­teur gé­né­ral d’Uber France, le re­con­naît : les grèves de VTC de dé­cembre ont mon­tré que les 20.000 chauf­feurs qui tra­vaillent avec la pla­te­forme de ré­ser­va­tions « ne se sen­taient pas v ra im e n t consi­dé­rés comme nos par­te­naires » . Il y a six mois, l’en­tre­prise ca­li­for­nienne a donc en­ga­gé dans l’Hexa­gone un « vi­rage stra­té­gique » , pour pas­ser d’une « lo­gique de forte crois­sance à une lo­gique de crois­sance pé­renne » , a ex­pli­qué le di­ri­geant suisse ce lun­di lors d’une confé­rence de presse. Vi­rage d’au­tant plus né­ces­saire que la pro­fes­sion de taxi sus­cite dé­sor­mais da­van­tage de vo­ca­tions que celle de VTC, si l’on se ré­fère aux de­mandes faites par les can­di­dats lors des pre­mières ses­sions com­munes d’exa­men or­ga­ni- sées par les chambres de mé­tiers. Concrètement, il s’agit d’abord pour Uber de res­ser­rer le lien avec ses chauf­feurs, via les centres d’ac­cueil ins­tal­lés dans les dix villes fran­çaises où il est pré­sent : les ef­fec­tifs y ont été dou­blés, à 50 « experts » , et un nou­veau centre ou­vri­ra à Pa­ris dé­but 2018. En pa­ral­lèle, une équipe qui se consacre aux re­la­tions avec les chauf­feurs a été mise en place. Elle a or­ga­ni­sé avec eux treize tables rondes de­puis jan­vier sur des su­jets va­riés, comme l’ac­cueil des clients à l’a é r o p o r t . En outre, chaque em­ployé Uber est in­vi­té à té­lé­pho­ner chaque se­maine à sept chauf­feurs afin de prendre conscience des réa­li­tés du ter­rain. Uber, qui re­ven­dique quelque 2 mil­lions d’uti­li­sa­teurs en France, a en outre sou- hai­té im­pli­quer les chauf­feurs sur le su­jet sen­sible de la désac­ti­va­tion des comptes, sou­vent per­çue comme ar­bi­traire. Un « pa­nel d’ap­pel consul­ta­tif » , consti­tué de cinq chauf­feurs, a dé­sor­mais la pos­si­bi­li­té de de­man­der la ré­ac­ti­va­tion d’un compte fer­mé.

Amé­lio­rer sa ren­ta­bi­li­té

En­fin, comme elle s’y était en­ga­gée, l’en­tre­prise a mis en place, via un par­te­na­riat avec En­tre­pre­neur.fr, un ac­com­pa­gne­ment pour les chauf­feurs en dif­fi­cul­té, afin de les ai­der à amé­lio­rer leur ren­ta­bi­li­té. Ceux-ci se voient ain­si pro­di­guer des conseils pour choi­sir un vé­hi­cule adap­té à leurs be­soins, mon­ter un dos­sier de fi­nan­ce­ment, dé­ve­lop­per leur clien­tèle per­son­nelle ou s’adap­ter à la sai­son­na­li­té de l’ac­ti­vi­té. Plu­sieurs cen­taines de chauf­feurs ont bé­né­fi­cié de cette aide personnalisée. Au­tant de me­sures qui ont dé­jà coû­té à Uber « près de 2 mil­lions d’euros » . Et font écho au « changement de culture » en­ga­gé dans la mai­son mère amé­ri­caine.

Steve Salom s’est, en re­vanche, fait plus dis­cret sur la question du ta­rif mi­ni­mum d’une course ré­cla­mé par les chauf­feurs VTC. Il a as­su­ré que « le dia­logue [était] main­te­nu avec les as­so­cia­tions » , avant d’ajou­ter : « Le su­jet est com­plexe. Il ne va pas se ré­soudre en quelques se­maines. » Quant au taux de com­mis­sion de 25 % pré­le­vé par Uber sur chaque course, il n’est pas question d’y tou­cher, a-t-il ré­af­fir­mé. Ce se­rait, se­lon lui, mettre en pé­ril la ca­pa­ci­té de l’en­tre­prise à in­ves­tir pour l’ave­nir.

« Le dia­logue est main­te­nu avec les as­so­cia­tions de VTC sur le ta­rif mi­ni­mum. Mais la question ne va pas se régler en quelques se­maines. »

STEVE SALOM

DG d’Uber France

Uber en­tend pas­ser dans l’Hexa­gone d’une « lo­gique de forte crois­sance à une lo­gique de crois­sance pé­renne », a ex­pli­qué Steve Salom, le nou­veau di­rec­teur gé­né­ral d’Uber France.

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