Sé­cu­ri­té : l’exé­cu­tif pé­ren­nise le dis­po­si­tif Sen­ti­nelle

L’ar­mée a ob­te­nu de di­ri­ger elle-même les opé­ra­tions et de ga­gner en sou­plesse.

Les Echos - - FRANCE - — A. B.

Les jeunes mi­li­taires qui pa­trouillent dans les rues, les gares et les aé­ro­ports ne vont pas dis­pa­raître de si­tôt. A la de­mande d’Em­ma­nuel Ma­cron, les mi­nistres de l’In­té­rieur et de la Dé­fense, Gé­rard Col­lomb et Flo­rence Par­ly, ont pré­sen­té jeu­di l’évo­lu­tion pos­sible du dis­po­si­tif Sen­ti­nelle mis en place au len­de­main des at­ten­tats de 2015. Pas ques­tion de bais­ser la garde : la mo­bi­li­sa­tion des forces ar­mées ne va pas dis­pa­raître, mais est au contraire pé­ren­ni­sée. De même que cer­tains dis­po­si­tifs de l’état d’ur­gence dans le pro­jet de loi an­ti­ter­ro­riste en dis­cus­sion ac­tuel­le­ment à l’As­sem­blée. En échange de cet ef­fort, l’ar­mée gagne en li­ber­té pour pla­ni­fier l’usage de ses hommes.

De­puis 2015, entre 7.000 et 10.000 sol­dats sont mo­bi­li­sés en sus des forces de po­lice, alors qu’un tel ni­veau d’en­ga­ge­ment n’était pré­vu que pour de courtes du­rées. L’opé­ra­tion Sen­ti­nelle a obli­gé Fran­çois Hol­lande à re­non­cer aux baisses d’ef­fec­tifs pla­ni­fiées en dé­but de son quin­quen­nat et même à ren­for­cer les ef­fec­tifs de l’ar­mée de terre. L’an der­nier, il a fal­lu dé­ga­ger 180 mil­lions d’eu­ros pour l’opé­ra­tion Sen­ti­nelle.

Mau­vaises condi­tions de lo­ge­ment, dé­mo­ti­va­tion des ap­pe­lés, chute du temps consa­cré à l’en­traî­ne­ment : la mo­bi­li­sa­tion des troupes dans la du­rée a pe­sé lourd sur le mo­ral d’une ar­mée sous-fi­nan­cée et sur­em­ployée. L’uti­li­té de l’opé­ra­tion a fait l’ob­jet de nou­velles in­ter­ro­ga­tions cet été, avec la mul­ti­pli­ca­tion d’agres­sions contre les sol­dats.

Marges de ma­noeuvre

Tou­te­fois, le mi­nis­tère des Ar­mées rap­pelle qu’il est na­tu­rel de mo­bi­li­ser les sol­dats quand il y a des me­naces. L’opé­ra­tion n’est donc pas re­vue à la baisse : 7.000 sol­dats sont dé­diés à sé­cu­ri­ser des sites sen­sibles et, en cas de me­naces éle­vées, 3.000 de plus peuvent être ap­pe­lés. Il n’y au­ra donc pas d’éco­no­mies bud­gé­taires sur Sen­ti­nelle, comme l’es­pé­raient cer­tains gra­dés. Le nou­veau chef d’état-ma­jor, le gé­né­ral Le­cointre, qui ré­clame des « marges de ma­noeuvre », en est pour ses frais.

En re­vanche, l’ar­mée a ob­te­nu de di­ri­ger elle-même les opé­ra­tions et a ga­gné en sou­plesse. Fi­ni les gardes sta­tiques, fi­ni les mo­bi­li­sa­tions in­utiles pour ras­su­rer des élus. « Nous serons dans une lo­gique de pla­ni­fi­ca­tion, d’an­ti­ci­pa­tion, de flexi­bi­li­té et de ré­ac­ti­vi­té, ex­plique l’état-ma­jor. Il faut pas­ser d’une lo­gique d’ef­fec­tif à une lo­gique d’ef­fet. »

Pho­to Phi­lippe Hu­guen/AFP

De­puis 2015, au len­de­main des at­ten­tats, entre 7.000 et 10.000 sol­dats sont mo­bi­li­sés en sus des forces de po­lice.

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