For­ma­tion pro­fes­sion­nelle : Phi­lippe pour une « re­fonte en pro­fon­deur »

Mu­riel Pé­ni­caud penche pour une né­go­cia­tion in­ter­pro­fes­sion­nelle.

Les Echos - - FRANCE - Alain Ruel­lo @AlainRuel­lo

Le ri­deau com­mence à se le­ver sur la fu­ture ré­forme de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle. Sur le ca­len­drier d’abord. Me­née de front avec celle de l’as­su­rance-chô­mage et de l’ap­pren­tis­sage, elle va dé­mar­rer dé­but oc­tobre avec comme ob­jec­tif le dé­pôt au Par­le­ment d’un pro­jet de loi au prin­temps pour une adop­tion à l’été, a confir­mé jeu­di le Pre­mier mi­nistre, Edouard Phi­lippe, à l’oc­ca­sion des cin­quante ans de l’As­so­cia­tion des jour­na­listes de l’in­for­ma­tion so­ciale (Ajis). Clô­tu­rant cet évé­ne­ment qui s’est te­nu au Sé­nat, Mu­riel Pé­ni­caud a ajou­té une autre pièce au dé­cor, sur la forme cette fois-ci. « J’es­père qu’il y au­ra une né­go­cia­tion in­ter­pro­fes­sion­nelle », a-t-elle lâ­ché à l’adresse des par­te­naires so­ciaux (sans ou­blier les ré­gions). Les in­té­res­sés, qui écou­taient la mi­nistre du Tra­vail après avoir dé­bat­tu entre eux, ap­pré­cie­ront cette prise de po­si­tion car, entre concer­ta­tion (comme celle me­née sur les or­don­nances de ré­forme du Code du tra­vail) ou né­go­cia­tion, ils pré­fé­raient la deuxième op­tion.

A l’Ely­sée, puis à Ma­ti­gnon et en­fin au mi­nis­tère

La sé­quence dé­mar­re­ra de toute fa­çon à l’Ely­sée, puis à Ma­ti­gnon, pour con­ti­nuer au mi­nis­tère du Tra­vail, le­quel met­tra en­suite un do­cu­ment d’orien­ta­tion sur la table. Si l’op­tion né­go­cia­tion est ou­verte, en­core fau­dra-t-il que les par­te­naires so­ciaux s’en sai­sissent et abou­tissent à un ac­cord qui pour­rait alors nour­rir la fu­ture loi. « De toute fa­çon, le gou­ver­ne­ment n’a pas d’autre choix que d’agir comme ce­la », es­time Fran­çois Hom­me­ril, le pré­sident de la CGC. L’orien­ta­tion sa­tis­fe­rait aus­si FO, même si, nuance Mi­chel Beau­gas, se­cré­taire confé­dé­ral du syn­di­cat, tout dé­pen­dra des orien­ta­tions de dé­part, et donc du champ lais­sé à la né­go­cia­tion.

Le champ de la né­go­cia­tion ? C’est là le der­nier vo­let de la pièce. Il reste in­con­nu. « En juillet, l’exé­cu­tif don­nait l’im­pres­sion d’hé­si­ter entre adap­ta­tion du sys­tème pour le rendre plus opé­ra­tion­nel ou big bang », té­moigne Vé­ro­nique Des­cacq, se­cré­taire gé­né­rale ad­jointe de la CFDT. A en croire le Pre­mier mi­nistre, le dé­bat a été tran­ché : rap­pe­lant la pro­messe d’in­ves­tir 1 mil­liard pour la for­ma­tion des chô­meurs sur le quin­quen­nat, Edouard Phi­lippe s’est pro­non­cé pour une « re­fonte en pro­fon­deur ».

Se­lon quels axes ? Li­bé­ra­li­sa­tion du mar­ché, bas­cu­le­ment des fi­nan­ce­ments sur le seul compte per­son­nel de for­ma­tion, ou en­core une agence na­tio­nale pour la qua­li­té… Dans le flou, les par­te­naires so­ciaux se rac­crochent aux pistes évo­quées du­rant la cam­pagne d’Em­ma­nuel Ma­cron. ■

Pho­to Lio­nel Bo­na­ven­ture/AFP

Edouard Phi­lippe.

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