Les li­bé­raux de­mandent des re­va­lo­ri­sa­tions

Les zones prio­ri­taires pour l’ins­tal­la­tion vont être re­vues. Les 87.400 infirmiers li­bé­raux at­tendent une amé­lio­ra­tion de leur ré­mu­né­ra­tion.

Les Echos - - FRANCE - S. G.

Les re­pré­sen­tants des 87.400 infirmiers li­bé­raux ont re­pris jeu­di avec l’As­su­rance-ma­la­die des né­go­cia­tions à peine amor­cées en juillet, vi­sant à mo­di­fier leur conven­tion. Cette der­nière a été ta­ci­te­ment re­con­duite pour cinq ans cet été ; ils tra­vaillent donc sur un ave­nant. Au me­nu de la né­go­cia­tion, la dé­mo­gra­phie pro­fes­sion­nelle. Elle est dy­na­mique, avec 5.346 ins­tal­la­tions l’an der­nier, et une crois­sance moyenne des ef­fec­tifs de 4,7 % par an sur dix ans – un dou­ble­ment en vingt-cinq ans. Aux yeux de l’As­su­rance-ma­la­die, les infirmiers passent pour de bons élèves. Con­trai­re­ment aux mé­de­cins, ils ont ac­cep­té la règle du conven­tion­ne­ment sé­lec­tif. Ils n’ont pas le droit de s’ins­tal­ler en zone sur­do­tée, à moins qu’une place ne se li­bère. A l’in­verse, on les aide à s’ins­tal­ler dans les ter­ri­toires « déshé­ri­tés ».

L’As­su­rance-ma­la­die s’est fé­li­ci­tée de ce sys­tème, qui ré­duit les écarts de den­si­té in­fir­mière de 1 à 8 en 2008 à 1 à 6 au­jourd’hui. Ces six der­nières an­nées, la part d’ins­tal­la­tions en zone sur­do­tée a bais­sé de 12,6 points (12,4 %). Mais les zones très sous-do­tées ont peu ga­gné (1,3 point, 5 %), parce que les infirmiers ont pré­fé­ré s’ins­tal­ler en li­sière de zones sur­do­tées. Les « rem­pla­çants » s’y sont mul­ti­pliés, et les infirmiers dé­jà ins­tal­lés vont pou­voir y sa­la­rier des confrères.

« Af­fi­ner le zo­nage »

D’où la né­ces­si­té de ré­vi­ser cette carte. « Là où il y a plé­thore, la pro­fes­sion se pau­pé­rise, ex­plique Phi­lippe Tis­se­rand du syn­di­cat Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des infirmiers li­bé­raux (FNI). Nous de­vons prendre les de­vants et af­fi­ner le zo­nage, en pre­nant en compte les temps de dé­pla­ce­ment. » Jeu­di, l’As­su­rance-ma­la­die a pro­po­sé qu’en zone sur­do­tée, un in­fir­mier ne puisse s’ins­tal­ler qu’après deux ces­sa­tions d’ac­ti­vi­té.

Deuxième grand su­jet : les ré­mu­né­ra­tions, en moyenne 51.100 eu­ros par an en 2016, en baisse de 100 eu­ros sur un an. Les mon­tants rem­bour­sa­ne­men­tal bles ont dou­blé en dix ans, à 7,5 mil­liards d’eu­ros en 2016 (+7 % par an). C’est une consé­quence de la ré­par­ti­tion dé­mo­gra­phique pré­cé­dem­ment évo­quée. Mais le ren­ché­ris­se­ment de la fac­ture in­fir­mière est aus­si lié au vi­rage am­bu­la­toire : les pro­fes­sion­nels de san­té en ville sont cen­sés dé­les­ter les hô­pi­taux.

A pré­sent, la pro­fes­sion ré­clame une meilleure prise en charge de la dé­pen­dance, à tra­vers la gé­né­ra­li­sa­tion des bi­lans de soins infirmiers. « Au­jourd’hui, les actes tech­niques que nous réa­li­sons au­près du pa­tient ne sont ni iden­ti­fiés ni fac­tu­rés. Nous vou­lons que la charge de soins soit prise en compte », ex­plique Ca­the­rine Kir­ni­dis, du Syn­di­cat na­tio­nal des in­fir­mières et infirmiers li­bé­raux (SNIIL) —

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.