Le gou­ver­ne­ment veut re­voir les mis­sions de l’Etat

Un co­mi­té pour l’ac­tion pu­blique est mis en place ce ven­dre­di pour trou­ver des éco­no­mies.

Les Echos - - LA UNE - Re­naud Ho­no­ré @r_­ho­nore

Edouard Phi­lippe lance ce ven­dre­di ce qui doit être la grande ré­forme de l’Etat du quin­quen­nat, en ins­tal­lant le Co­mi­té ac­tion pu­blique 2022. Ce « CAP 2022 » se­ra com­po­sé de 25 per­son­na­li­tés fran­çaises et étran­gères, et se­ra pré­si­dé par un trio : le di­rec­teur de Sciences Po Pa­ris, Fré­dé­ric Mion, le pré­sident du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de Sa­fran, Ross McInnes, et l’an­cienne di­rec­trice de ca­bi­net de Ma­nuel Valls à Ma­ti­gnon, Vé­ro­nique Bé­dague-Ha­mi­lius. Charge à cette équipe de phos­pho­rer sur une ré­forme de l’Etat com­pa­rable à celles qu’ont pu me­ner le Ca­na­da et la Suède. Un rap­port est at­ten­du au pre­mier tri­mestre 2018. Dans la fou­lée, une grande ré­forme struc­tu­relle se­ra lan­cée, et l’exé­cu­tif en at­tend des éco­no­mies de l’ordre de 4,5 mil­liards d’eu­ros dès 2020.

A cha­cun son acro­nyme. Edouard Phi­lippe lance ce ven­dre­di ce qui doit être la grande ré­forme de l’Etat du quin­quen­nat, en ins­tal­lant un Co­mi­té ac­tion pu­blique 2022. Un « CAP 2022 », qui ar­rive après la RGPP (Re­vue gé­né­rale des po­li­tiques pu­bliques) de Ni­co­las Sar­ko­zy et la MAP (Mo­der­ni­sa­tion de l’ac­tion pu­blique) de Fran­çois Hol­lande. Mais il y a acro­nyme et acro­nyme, et le gou­ver­ne­ment ac­tuel jure rompre avec des ap­proches pré­cé­dentes ju­gées « pas à la hau­teur des en­jeux » en lan­çant un « pro­ces­sus de ré­forme d’un type nou­veau, pla­cé sous l’au­to­ri­té du Pre­mier mi­nistre », comme il est écrit dans la loi de pro­gram­ma­tion des Fi­nances pu­bliques pour la pé­riode 2018-2022. La mise en place de ce Co­mi­té d’ac­tion pu­blique consti­tue la pre­mière étape de ce big bang an­non­cé. Ce co­mi­té de­vrait être com­po­sé de 25 per­son­na­li­tés fran­çaises et étran­gères, et se­ra pré­si­dé se­lon nos in­for­ma­tions par un trio : le di­rec­teur de Sciences Po Pa­ris, Fré­dé­ric Mion, le pré­sident du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de Sa­fran, Ross McInnes, et l’ac­tuelle se­cré­taire gé­né­rale de Nexi­ty et an­cien di­rec­trice de ca­bi­net de Ma­nuel Valls à Ma­ti­gnon, Vé­ro­nique Bé­dague-Ha­mi­lius. Charge à cette équipe de phos­pho­rer sur une ré­forme des mis­sions de l’Etat com­pa­rable à celles qu’ont pu me­ner le Ca­na­da et la Suède il y a près de vingt ans.

Lors d’un dé­jeu­ner or­ga­ni­sé lun­di par l’as­so­cia­tion Ethic, Gé­rald Dar­ma­nin a don­né un avant-goût des thèmes abor­dés. « Il y a des choses que l’Etat doit sans doute ar­rê­ter, pour les confier aux col­lec­ti­vi­tés lo­cales ou aux ac­teurs pri­vés », a ex­pli­qué le mi­nistre de l’Ac­tion et des Comptes pu­blics. Le rap­port de ce CAP 2022 doit être ren­du au pre­mier tri­mestre 2018.

Cinq chan­tiers trans­ver­saux

En pa­ral­lèle, cinq chan­tiers trans­ver­saux se­ront me­nés par les mi­nis­tères (sim­pli­fi­ca­tion ad­mi­nis­tra­tive, trans­for­ma­tion nu­mé­rique, ré­no­va­tion du cadre des RH, or­ga­ni­sa­tion ter­ri­to­riale des ser­vices pu­blics et mo­der­ni­sa­tion de la ges­tion bud­gé­taire et comp­table), tan­dis que les usa­gers et les fonc­tion­naires doivent éga­le­ment être consul­tés. L’en­jeu est d’im­por­tance pour le gou­ver­ne­ment. Une par­tie si­gni­fi­ca­tive de l’ef­fort de ré­duc­tion de 3 points de PIB de la dé­pense pu­blique pro­mise pour la fin du quin­quen­nat re­pose sur les éco­no­mies gé­né­rées par cette ré­forme struc­tu­relle de l’Etat. Les pre­miers ef­fets en sont at­ten­dus dès 2020, avec une baisse des cré­dits de l’Etat pré­vue de 4,5 mil­liards d’eu­ros à cet ho­ri­zon (par rap­port aux bud­gets pré­vi­sion­nels des mi­nis­tères fi­gu­rant dans la loi de pro­gram­ma­tion). Soit qua­si­ment au­tant que les coupes pour 2018 dans le bud­get du Lo­ge­ment et du Tra­vail, qui ont fait grin­cer bien des dents. Grâce à ce­la, les dé­penses pi­lo­tables de l’Etat (hors trans­ferts aux col­lec­ti­vi­tés et à l’UE, et hors charge de la dette) sont cen­sées bais­ser de 1 % par an en vo­lume à par­tir de 2020 (contre +0,6 % en 2018 et –0,4 % en 2019). ■

Pho­to Lu­do­vic Ma­rin/AFP

Edouard Phi­lippe.

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