Postes Hausse du prix du timbre en vue pour 2018

● La hausse moyenne maxi­male se­ra de 5 %, contre 1,5 % pré­vu ini­tia­le­ment. ● Ce chan­ge­ment est lié à de nou­velles règles comp­tables.

Les Echos - - LA UNE - Lio­nel Stein­mann @lio­nelS­tein­mann

Le prix du timbre pour­rait en­core grim­per en 2018. La Poste de­vrait an­non­cer d’ici à la fin du mois une hausse de ses ta­rifs net­te­ment su­pé­rieure à ce qui était en­vi­sa­geable il y a en­core quelques se­maines. L’en­tre­prise pu­blique y a été au­to­ri­sée par une dé­ci­sion pu­bliée par l’Ar­cep il y a une quin­zaine de jours, et pas­sée re­la­ti­ve­ment in­aper­çue du fait de sa tech­ni­ci­té.

Le gen­darme du sec­teur sta­tue à in­ter­valles ré­gu­liers sur les hausses de ta­rifs de­man­dés par La Poste, qu’il s’agisse de l’ache­mi­ne­ment des lettres, des co­lis ou de la presse. L’en­tre­prise n’est pas libre de fixer ses ta­rifs à sa guise, car elle as­sume des mis­sions de ser­vice pu­blic (la dis­tri­bu­tion six jours sur sept sur l’en­semble du ter­ri­toire), pour les­quelles elle re­çoit des sub­ven­tions de l’Etat.

En 2014, l’Ar­cep avait au­to­ri­sé La Poste à pra­ti­quer sur la pé­riode 2015-2018 des hausses an­nuelles moyennes su­pé­rieures de 3,5 % à l’in­fla­tion. Il s’agis­sait pour elle d’ai­der l’en­tre­prise pu­blique à main­te­nir ses marges à flot mal­gré l’éro­sion conti­nue des vo­lumes de cour­rier (– 6 % par an en moyenne) et d’ac­com­pa­gner la mu­ta­tion de son mo­dèle éco­no­mique. La Poste a consom­mé 50 % de son en­ve­loppe d’aug­men­ta­tion plu­ri­an­nuelle dès 2015 : le pa­nier des dif­fé­rents ser­vices pos­taux avait aug­men­té cette an­née-là de 7 % en moyenne, avec no­tam­ment un bond de 15 % (de 0,66 à 0,76 eu­ro) pour le prix du timbre rouge (ex­pé­di­tion en 24 heures).

Après deux nou­velles hausses en 2016 et 2017, il ne res­tait plus pour La Poste qu’un po­ten­tiel de hausse de 1,5 % maxi­mum pour dé­but 2018. Mais dans le même temps, l’Ar­cep a adop­té une nou­velle « règle de comp- ta­bi­li­té ré­gle­men­taire ». Ce qui l’a conduit à ré­éva­luer le poids des obli­ga­tions sup­por­tées par La Poste dans le cadre de ses mis­sions de ser­vice uni­ver­sel. Consé­quence, pour 2018, la hausse maxi­male du pla­fond ta­ri­faire a été re­vue à la hausse, et por­tée à 5 %.

L’en­tre­prise pu­blique dis­pose donc d’une marge net­te­ment plus sub­stan­tielle pour aug­men­ter ses ta­rifs l’an pro­chain (à com­men­cer par le prix des timbres), et elle ne de­vrait pas s’en pri­ver. Le vo­lume de cour­rier trai­té dé­grin­gole en ef­fet chaque an­née de 5 % à 6 %. Ce qui, se­lon La Poste, équi­vaut à une perte d’en­vi­ron 500 mil­lions d’eu­ros de chiffre d’af­faires par an. Or les coûts de dis­tri­bu­tion ne suivent pas la même pente. ■

L’en­tre­prise n’est pas libre de fixer ses ta­rifs à sa guise, car elle as­sume des mis­sions de ser­vice pu­blic.

La Poste dis­pose main­te­nant d’une marge bien plus sub­stan­tielle pour aug­men­ter ses ta­rifs, à com­men­cer par le prix des timbres.

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