VIVENDI ÉPINGLÉ POUR SA GOU­VER­NANCE

● Pour la pre­mière fois, le Haut Co­mi­té de gou­ver­ne­ment d’en­tre­prise pointe du doigt les groupes qui ne res­pectent pas le Code Afep-Me­def. ● En pre­mière ligne, Vivendi, mais aus­si Elior ou SFR Group.

Les Echos - - LA UNE - Lau­rence Bois­seau @bois­seaul

Pour la pre­mière fois, le Haut Co­mi­té de gou­ver­ne­ment d’en­tre­prise pointe du doigt les groupes qui ne res­pectent pas le Code Afep-Me­def.

Le Haut Co­mi­té de gou­ver­ne­ment d’en­tre­prise (HCGE) n’a pas pour ha­bi­tude de je­ter en pâ­ture les noms des so­cié­tés qui ne res­pectent pas le Code Afep-Me­def. Cette an­née, il a fait des ex­cep­tions. Dans son rap­port an­nuel ren­du pu­blic jeu­di ma­tin, l’ins­tance de ré­gu­la­tion s’est li­vrée à cet exer­cice. Pour­quoi ? « Quand une en­tre­prise a fait l’ob­jet d’une re­com­man­da­tion du Haut Co­mi­té, et qu’elle ne sou­haite pas l’ap­pli­quer, elle doit ex­pli­quer au pu­blic pour­quoi. Si elle ne le fait pas, nous avons tou­jours pré­ve­nu que nous nous ré­ser­vions la pos­si­bi­li­té de la nom­mer », a ex­pli­qué jeu­di ma­tin De­nis Ranque, pré­sident du HCGE, dont le man­dat ar­rive par ailleurs à terme. « Il nous a sem­blé im­por­tant d’al­ler au bout de cette lo­gique. »

Vivendi a donc été pla­cé sous le feu des pro­jec­teurs. Le Haut Co­mi­té a re­le­vé « l’ab­sence d’adé­qua­tion de la des­crip­tion des fonc­tions du pré­sident du con­seil de sur­veillance de Vivendi et la réa­li­té de ces fonc­tions telle qu’elle ap­pa­raît dans la re­la­tion des opé­ra­tions conduites par le groupe ». En clair, Vincent Bol­lo­ré ou­tre­pas­se­rait ses fonc­tions. Un pré­sident du con­seil de sur­veillance est cen­sé avoir un rôle non exé­cu­tif. Il est char­gé de convo­quer le con­seil, d’en di­ri­ger les dé­bats. Le con­seil de sur­veillance contrôle le di­rec­toire, pré­si­dé par Ar­naud de Puy­fon­taine.

« Dé­viance grave ».

Le code n’in­ter­dit pas au pré­sident d’un con­seil de sur­veillance d’al­ler au-de­là, mais à la condi­tion que ce­la fasse l’ob­jet d’une dé­li­bé­ra­tion et que le con­seil as­sume cette dé­ci­sion et l’ar­gu­mente. « Il n’y a rien de ce­la chez Vivendi. Nous avons eu des dis­cus­sions avec Vincent Bol­lo­ré, qui nous a dit qu’il al­lait s’amen­der. Cet en­ga­ge­ment ne s’est pas en­core ma­té­ria­li­sé »,

re­grette-t-on au HCGE.

D’autres so­cié­tés sont poin­tées du doigt. Par­mi elles, Elior. A la der­nière as­sem­blée gé­né­rale de 2017, les ac­tion­naires ont re­je­té la ré­mu­né­ra­tion du PDG, Phi­lippe Salle. « Le Haut Co­mi­té s’étonne de l’ab­sence de com­mu­ni­ca­tion de la part du con­seil de­puis six mois. »

Il consi­dère que c’est une « dé­viance grave ».

SFR Group est éga­le­ment nom­mé par trois fois. Elle ne com­mu­nique pas sur son plan de suc­ces­sion, ni sur la mise en oeuvre ou non de réunions du con­seil hors la pré­sence des exé­cu­tifs. En­fin, elle n’ap­porte pas d’in­for­ma­tion sur l’ap­pré­cia­tion du ca­rac­tère si­gni­fi­ca­tif des liens d’af­faires entre les membres du con­seil et la so­cié­té.

Les so­cié­tés In­nate Phar­ma, Nexi­ty, Sar­to­rius Ste­dim Bio­tech et World­line sont aus­si épin­glées. ■

« Quand une en­tre­prise a fait l’ob­jet d’une re­com­man­da­tion du haut co­mi­té, et qu’elle ne sou­haite pas l’ap­pli­quer, elle doit ex­pli­quer au pu­blic pour­quoi. » DE­NIS RANQUE Pré­sident du HCGE

Vivendi a été pla­cé sous le feu des pro­jec­teurs par le Haut Co­mi­té de gou­ver­ne­ment d’en­tre­prise.

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