Dé­serts mé­di­caux : Bu­zyn veut li­bé­rer du temps pour les soins

Un plan pour fa­vo­ri­ser l’ac­cès aux soins se­ra dé­voi­lé ce ven­dre­di par le Pre­mier mi­nistre et la mi­nistre de la San­té. Les zones qui manquent de mé­de­cins s’étendent.

Les Echos - - FRANCE - Sol­veig Go­de­luck @Sol­wii

Contre les dé­serts mé­di­caux, tout n’a pas été es­sayé. C’est ce que vont vou­loir dé­mon­trer le chef du gou­ver­ne­ment et la mi­nistre de la San­té ce ven­dre­di, en pré­sen­tant le plan gou­ver­ne­men­tal pour l’ac­cès aux soins. Edouard Phi­lippe et Agnès Bu­zyn inau­gu­re­ront à cette oc­ca­sion la mai­son de san­té plu­ri­pro­fes­sion­nelle de Châ­lus, dans la Haute-Vienne ru­rale.

La pré­dé­ces­seure d’Agnès Bu­zyn, Ma­ri­sol Tou­raine, avait dé­jà mul­ti­plié les ini­tia­tives : contrats spé­ci­fiques pour les pra­ti­ciens ou les étu­diants s’ins­tal­lant en zone sous-do­tée, créa­tion d’un mil­lier de mai­sons de san­té (Em­ma­nuel Ma­cron a pro­mis de dou­bler leur nombre pen­dant son quin­quen­nat), élar­gis­se­ment du nu­me­rus

clau­sus… Le nou­veau chef de l’Etat a pro­mis quant à lui la créa­tion d’un ser­vice sa­ni­taire en san­té de trois mois, afin que les étu­diants en mé­de­cine fassent de la pré­ven­tion dans les écoles ou les col­lec­ti­vi­tés.

Mais ce point ne se­ra pas en­core à l’ordre du jour ce ven­dre­di. Le gou­ver­ne­ment pri­vi­lé­gie pour l’ins­tant « la mu­tua­li­sa­tion des ex­pé­riences », « en par­tant du ter­rain » et non du som­met de l’ad­mi­nis­tra­tion, se­lon une source of­fi­cielle. Dans le droit fil du pro­jet de loi de fi­nan­ce­ment de la Sé­cu­ri­té so­ciale pour 2018, qui crée un fonds pour le fi­nan­ce­ment des or­ga­ni­sa­tions in­no­vantes en san­té.

L’ac­cent se­ra mis non plus sur la « pré­sence » des mé­de­cins dans les zones dé­ser­tées, mais sur « l’ac­cès », et sur l’« aug­men­ta­tion du temps mé­di­cal dis­po­nible », ex­plique la même source. Les sub­ven- tions à l’ins­tal­la­tion n’ont pas été un franc suc­cès. En outre, les ré­gions qui com­prennent des dé­serts mé­di­caux sont de plus en plus nom­breuses, même si le nou­veau zo­nage qui pour­rait être dé­voi­lé ce ven­dre­di va dé­tou­rer les zones les plus fra­giles.

Se­lon l’Ordre des mé­de­cins, qui a pu­blié son at­las dé­mo­gra­phique jeu­di, dans 45 dé­par­te­ments, la po­pu­la­tion aug­mente, mais l’ef­fec­tif de mé­de­cins di­mi­nue. Sur­tout, le nombre de gé­né­ra­listes chute à nou­veau en 2017, à 88.137, soit 749 de moins en un an, et 9 % de moins en dix ans. La fé­mi­ni­sa­tion de la

Se­lon la so­cié­té Doc­to­lib, le rap­pel de ren­dez-vous par SMS per­met de sau­ver une heure et de­mie de consul­ta­tions par se­maine.

pro­fes­sion (47 % de femmes), son vieillis­se­ment (âge moyen de 51 ans), et l’aug­men­ta­tion de 10 % en dix ans de la pro­por­tion de sa­la­riés ont aus­si un im­pact, car la du­rée de tra­vail heb­do­ma­daire de ces ca­té­go­ries de po­pu­la­tion est moindre.

Pour aug­men­ter le temps mé­di­cal dis­po­nible, le gou­ver­ne­ment dis­pose de plu­sieurs le­viers. La té­lé­mé­de­cine va sor­tir de la phase ex­pé­ri­men­tale et de­ve­nir un droit pour tous les mé­de­cins dès l’an­née pro­chaine. Par ailleurs, le « fonds struc­ture » qui a été créé lors de la né­go­cia­tion pré­cé­dente, en 2016, pour or­ga­ni­ser et mo­der­ni­ser les ca­bi­nets, ne de­mande qu’à être do­té. Les gé­né­ra­listes passent en moyenne quatre heures par se­maine à gé­rer les tâches ad­mi­nis­tra­tives : c’est du temps mé­di­cal per­du.

Les té­lé­ser­vices sont une ré­ponse. Se­lon la so­cié­té Doc­to­lib, lea­der de la ré­ser­va­tion en ligne de mé­de­cins, le rap­pel de ren­dez­vous par SMS per­met de sau­ver une heure et de­mie de consul­ta­tions par se­maine. De plus, en ré­dui­sant le temps de se­cré­ta­riat, la prise de ren­dez-vous en ligne fait en­core ga­gner une heure et quart heb­do­ma­daire. ■

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