A Gre­noble, les sa­la­riés de GE Hy­dro lèvent le blo­cage mais res­tent « mo­bi­li­sés »

Une dé­lé­ga­tion de re­pré­sen­tants du per­son­nel a été re­çue à Ber­cy, sans grande avan­cée. Les sa­la­riés re­doutent à terme la ces­sion à un concur­rent.

Les Echos - - INDUSTRIE &SERVICES - V. L. B.

Après huit jours de blo­cage – le­vé ce jeu­di – de leur usine me­na­cée par un plan so­cial de 345 postes sur 800, les re­pré­sen­tants des sa­la­riés de GE Hy­dro à Gre­noble (Isère) ont été re­çus par le ca­bi­net du se­cré­taire d’Etat, Ben­ja­min Gri­veaux. La ren­contre n’a tou­te­fois pas été à la hau­teur des at­tentes des em­ployés, qui ont pro­mis de res­ter « mo­bi­li­sés ». « Il n’y a pas d’avan­cées, nous sommes as­sez dé­çus », a ré­agi la re­pré­sen­tante de la CGT, Rosa Mendes. « L’ob­jec­tif était de re­cueillir notre avis à date, et de pré­pa­rer leur réunion avec la di­rec­tion pré­vue lun­di 16 », ré­sume Va­lé­rie Ca­te­ri­na (CFDT), ju­geant au fi­nal que « la po­si­tion de l’Etat n’est pas claire ».

Mer­cre­di, les sa­la­riés avaient ob­te­nu une ré­ac­tion de l’Etat, jus­qu’ici par­ti­cu­liè­re­ment peu di­sert sur la si­tua­tion d’une in­dus­trie pour­tant ju­gée cen­trale lors du ra­chat des ac­ti­vi­tés éner­gie d’Al­stom par GE il y a trois ans.

In­ter­pel­lé à l’As­sem­blée na­tio­nale, le se­cré­taire d’Etat char­gé des re­la­tions avec le Par­le­ment Ch­ris­tophe Cas­ta­ner a ju­gé que « la si­tua­tion des re­struc­tu­ra­tions des ac­ti­vi­tés hy­dro­élec­triques de ce groupe n’est à la fois pas conforme aux en­ga­ge­ments pris mais pas conforme non plus par rap­port au pro­jet in­dus­triel qui doit être le nôtre. »

Mo­dèles ré­duits

Ces der­nières se­maines, la di­rec­tion de GE a bien for­mu­lé quelques pro­po­si­tions pour amé­lio­rer les condi­tions de dé­part des an­ciens sa­la­riés d’Al­stom dont l’ac­ti­vi­té a été ra­che­tée fin 2015, mais elle pré­voit tou­jours de mettre fin à la prin­ci­pale ac­ti­vi­té de fa­bri­ca­tion de tur­bines hy­drau­liques à Gre­noble. Une ac­ti­vi­té qui de­vrait échoir à ses usines si­tuées en Chine, au Bré­sil et en Inde. A Gre­noble ne res­te­rait que la fa­bri­ca­tion des tur­bines d’es­sais, avec son centre de tech­no­lo­gie R&D.

Si le chiffre d’af­faires de l’usine a for­te­ment bais­sé ces der­nières an­nées, les sa­la­riés et la di­rec­tion n’ont pas la même ana­lyse sur les pers­pec­tives du mar­ché de l’hy­dro­élec­tri­ci­té. « L’ac­ti­vi­té fa­bri­ca­tion reste viable, il y a des af­faires qui rentrent », in­dique Va­lé­rie Ca­te­ri­na.

Alors qu’Al­stom a an­non­cé qu’il fe­rait jouer en sep­tembre 2018 son op­tion de vente à GE dans les ac­ti­vi­tés re­nou­ve­lables (pour 600 mil­lions d’eu­ros), les sa­la­riés de GE re­doutent à terme une ces­sion de l’ac­ti­vi­té hy­drau­lique à un concur­rent, par exemple chi­nois. « GE n’est pas in­té­res­sé par l’hy­dro et Al­stom non plus », ré­sume la syn­di­ca­liste. Cer­tains élus ont bien ten­té de ré­flé­chir à une so­lu­tion na­tio­nale – EDF a construit et ex­ploite 20 gi­ga­watts d’hy­dro­élec­tri­ci­té en France –, mais Ber­cy « a bot­té en touche ».

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