Les ta­rifs de l’éner­gie pla­fon­nés au Royau­meU­ni

Le gou­ver­ne­ment conser­va­teur veut li­mi­ter les prix du gaz et de l’élec­tri­ci­té pour mieux pro­té­ger les foyers ayant des abon­ne­ments à prix va­riables. EDF est concer­né.

Les Echos - - INDUSTRIE &SERVICES - Alexandre Cou­nis —Cor­res­pon­dant à Londres

Au pays du lais­ser-faire, l’ini­tia­tive a de quoi sur­prendre, sur­tout de la part d’un gou­ver­ne­ment conser­va­teur. Un pro­jet de loi pré­sen­té jeu­di au Royaume-Uni vise à pla­fon­ner les ta­rifs du gaz et de l’élec­tri­ci­té pour mieux pro­té­ger les 18 mil­lions d’usa­gers ayant si­gné des contrats à prix va­riables. Ces contrats les ex­posent en ef­fet di­rec­te­ment aux va­ria­tions des cours sur le mar­ché de l’éner­gie… et abou­tissent en pra­tique à des fac­tures plus chères de plu­sieurs cen­taines de livres chaque an­née.

Ce type de contrat est ex­trê­me­ment ré­pan­du au Royau­meU­ni. Les deux tiers des foyers en ont un, et tous les fournisseurs d’éner­gie (le pays en compte une cin­quan­taine) en pro­posent, en met­tant en avant leur flexi­bi­li­té : ils sont sans en­ga­ge­ment, à l’in­verse des contrats à prix fixes où les clients se lient à leur four­nis­seur pour une ou plu­sieurs an­nées en contre­par­tie d’une sta­bi­li­té des ta­rifs.

EDF, qui four­nit un quart de l’élec­tri­ci­té consom­mée ou­treManche, en pro­pose lui aus­si, même si c’est dans une moindre pro­por­tion que ses concur­rents : seule une moi­tié de ses clients ont des contrats va­riables, une part qui monte à 90 % chez d’autres « pro­vi­ders ».

Se­lon les au­to­ri­tés bri­tan­niques de la concur­rence, les clients des six prin­ci­paux éner­gé­ti­ciens du pays paient 1,4 mil­liard de livres en trop à cause de tels contrats, dont 650 mil­lions parce que leurs fournisseurs pré­lèvent des pro­fits ex­ces­sifs et 750 mil­lions parce qu’ils souffrent d’un manque d’ef­fi­ca­ci­té.

Me­sure tem­po­raire

Ce pro­jet de pla­fon­ne­ment est an­cien : il date du Ma­ni­feste pu­blié par le Par­ti conser­va­teur avant les lé­gis­la­tives de juin, où il a per­du sa ma­jo­ri­té par­le­men­taire. Il était res­té dans un ti­roir jus­qu’à ce que The­re­sa May, dont le lea­der­ship est ac­tuel­le­ment très contes­té au sein du par­ti, ne le ré­ac­tive pour l’ai­der à re­prendre la main.

Alors que cer­tains conser­va­teurs vou­laient se conten­ter d’un pla­fond en va­leur re­la­tive, le pla­fond se­ra fixé par le ré­gu­la­teur du sec­teur, l’Of­gem, en va­leur ab­so­lue. Mais le temps d’être adop­tée, la me­sure ne de­vrait pas s’ap­pli­quer avant le prin­temps 2019. Et elle est pré­vue pour être tem­po­raire : elle ne s’ap­pli­que­ra que jus­qu’à la fin 2020, à moins d’être pro­lon­gée à la de­mande de l’Of­gem, jus­qu’à la fin 2023 au plus tard.

Les prix sont dé­jà pla­fon­nés pour trois mil­lions de clients pré­payés au Royaume-Uni et l’Of­gem vient d’an­non­cer qu’il éten­drait ce mé­ca­nisme à un mil­lion de clients sup­plé­men­taires, par­mi les plus vul­né­rables, dès fé­vrier. Le ré­gu­la­teur a aus­si pris des me­sures pour ai­der les clients à chan­ger leur contrat va­riable en contrat fixe. ■

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