AL­STOM EN FORME AVANT SA FU­SION AVEC SIE­MENS

● Les ré­sul­tats se­mes­triels pu­bliés mar­di ont été sa­lués par la Bourse, mal­gré la chute des com­mandes. ● Ces bons chiffres ren­forcent la lé­gi­ti­mi­té d’Hen­ri Poupart-La­farge, ap­pe­lé à di­ri­ger le fu­tur en­semble.

Les Echos - - LA UNE - Lio­nel Stein­mann @lio­nelS­tein­mann

Les ré­sul­tats se­mes­triels pu­bliés mar­di ont été sa­lués par la Bourse. Ces bons chiffres ren­forcent la lé­gi­ti­mi­té d’Hen­ri Poupart-La­farge, ap­pe­lé à di­ri­ger le fu­tur groupe.

Al­stom, en pleine préparation de son ma­riage « entre égaux » avec Sie­mens, a pu­blié mar­di des ré­sul­tats se­mes­triels mar­qués par des pro­fits en nette hausse, qui ont été ap­plau­dis par la Bourse (+3,36 % à la clô­ture), mal­gré des com­mandes en baisse. Au pre­mier se­mestre de l’exer­cice 2016-2017, le construc­teur fer­ro­viaire avait rem­por­té quelques très beaux mar­chés, comme la vente du der­nier-né de sa gamme TGV à l’opé­ra­teur amé­ri­cain Am­trak (pour un mon­tant de 1,8 mil­liard d’eu­ros), ou en­core l’ex­ten­sion du mé­tro de Du­baï.

Les six pre­miers mois de l’an­née en cours n’ont pas été mar­qués par un mé­ga­con­trat de ce type. Ré­sul­tat, les prises de com­mandes ont chu­té de 49 % sur un an, à 3,17 mil­liards. Le car­net de com­mandes to­tal (32,7 mil­liards) reste mal­gré tout proche du re­cord his­to­rique at­teint en mai der­nier (34,8 mil­liards). L’ac­ti­vi­té, elle, aug­mente de 5 %, à 3,75 mil­liards d’eu­ros, por­tée no­tam­ment par la concré­ti­sa­tion des mar­chés au long cours dé­cro­chés en Afrique du Sud en 2013 (pour la li­vrai­son de 600 trains de ban­lieue) et en Inde en 2015 (fa­bri­ca­tion de 800 lo­co­mo­tives élec­triques).

Dans le même temps, la part du chiffre d’affaires hors ma­té­riel rou­lant (ac­ti­vi­tés de si­gna­li­sa­tion, sys­tèmes de mé­tros et de tram­ways…) ne cesse de croître et at­teint dé­sor­mais 57 %. Ces ac­ti­vi­tés, plus pro­fi­tables, tirent le ré­sul­tat d’ex­ploi­ta­tion, qui passe sur un an de 200 à 231 mil­lions, et la marge d’ex­ploi­ta- tion, por­tée de 5,6 % à 6,2 %. Sur un an, le ré­sul­tat net bon­dit de 66 %, à 213 mil­lions. Ces bons chiffres ont été sa­lués par les in­ves­tis­seurs, car ils montrent que le groupe est non seule­ment ca­pable de ra­fler de très belles com­mandes, mais éga­le­ment de les exé­cu­ter sans ac­cu­mu­ler les re­tards ou les dé­pas­se­ments de bud­get, des pé­ri­pé­ties qui ne sont hé­las pas rares dans l’in­dus­trie fer­ro­viaire.

Ces ré­sul­tats confortent éga­le­ment Hen­ri Poupart-La­farge. Si le rap­pro­che­ment d’Al­stom avec les ac­ti­vi­tés fer­ro­viaires de Sie­mens, an­non­cée fin sep­tembre, se tra­duit con­crè­te­ment par une prise de contrôle du nou­vel en­semble par le conglo­mé­rat al­le­mand (qui se­ra ma­jo­ri­taire au ca­pi­tal), c’est le PDG de l’en­tre­prise fran­çaise qui en as­su­re­ra le pi­lo­tage. La bonne san­té af­fi­chée par Al­stom vient ren­for­cer sa lé­gi­ti­mi­té.

Des in­cer­ti­tudes à sur­mon­ter

Le construc­teur entre tou­te­fois dans une pé­riode un peu plus in­cer­taine. La pers­pec­tive d’une fu­sion avec le ri­val his­to­rique in­quiète les syn­di­cats, mal­gré les en­ga­ge­ments sur un main­tien de l’em­ploi pen­dant quatre ans, et un pré­avis de grève (avec ras­sem­ble­ment de­vant le mi­nis­tère de l’Eco­no­mie) a été dé­po­sé pour le 30 no­vembre.

Les deux en­tre­prises de­vront éga­le­ment convaincre Bruxelles que leur union ne nuit pas à la concur­rence dans le sec­teur. « Les choses évo­luent sans heurt, to­ta­le­ment en ligne avec nos pré­vi­sions et nos an­ti­ci­pa­tions. C’est un pro­ces­sus qui du­re­ra au moins douze mois », a in­di­qué Hen­ri Pou­partLa­farge lors d’une confé­rence té­lé­pho­nique avec les ana­lystes. ■

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