Oh charme ci­toyen !

Em­ma­nuel Ma­cron veut re­nouer avec l’es­prit par­ti­ci­pa­tif de la cam­pagne. Le plan ban­lieue doit être « co-construit » avec les ci­toyens.

Les Echos - - FRANCE - Cé­cile Cor­nu­det ccor­nu­det@le­se­chos.fr

Al’As­sem­blée na­tio­nale ce mar­di, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner ré­pond par deux fois aux ques­tions sur la po­li­tique de la ville, et ce n’est pas un ha­sard. Le fu­tur dé­lé­gué gé­né­ral de La Ré­pu­blique En marche a le même im­pé­ra­tif que le chef de l’Etat. Il doit re­trou­ver l’ADN ci­toyen de la cam­pagne pré­si­den­tielle s’il veut apai­ser le trouble dans le par­ti et y fi­dé­li­ser les « mar­cheurs ». Em­ma­nuel Ma­cron en­tend faire de même pour mon­trer qu’il n’est pas un pré­sident loin du peuple. Il pro­met de consul­ter les ci­toyens pour éla­bo­rer la po­li­tique de la ville ; Ch­ris­tophe Cas­ta­ner en fait l’exé­gèse dans la fou­lée.

« L’Etat ne sait pas tout », disent-ils. « Il a be­soin de co­cons­truire les so­lu­tions avec les élus, avec les ha­bi­tants mo­bi­li­sés dans les as­so­cia­tions, ces points de maille sur le ter­rain », pré­cise Ma­cron. Pas de dé­tails à ce stade, mais ce­la res­semble au dis­po­si­tif qu’il avait mis en place pour l’élec­tion pré­si­den­tielle. Les adhé­rents d’En marche avaient été in­vi­tés à éla­bo­rer des pro­po­si­tions pour le pro­jet, via In­ter­net ou des réunions lo­cales. Ces con­tri­bu­tions furent-elles dé­ter­mi­nantes ? Dif­fi­cile à dire, mais sur le plan po­li­tique, le but avait été at­teint. Les ci­toyens por­teurs d’idées avaient eu le sen­ti­ment d’être écou­tés et d’élire un pré­sident par­ti­ci­pa­tif… Avant qu’il ne de­vienne Ju­pi­ter. Y a-t-il un mal­en­ten­du ? C’est pos­sible quand on re­garde cer­tains son­dages, ou la dé­mis­sion de 100 adhé­rents dé­non­çant « l’ab­sence de dé­mo­cra­tie » dans la dé­si­gna­tion de Cas­ta­ner. En tout cas, l’exé­cu­tif veut le le­ver, vite, et re­nouer avec l’es­prit ci­toyen de la cam­pagne. Em­ma­nuel Ma­cron mul­ti­plie les ren­contres sur le ter­rain. Ch­ris­tophe Cas­ta­ner ré­flé­chit aux moyens de consul­ter les adhé­rents d’En marche tout en leur ap­por­tant un sou­tien dans la conduite de leurs pro­jets lo­caux (par des for­ma­tions no­tam­ment). Edouard Phi­lippe ca­jole les as­so­cia­tions. Et Ch­ris­tophe Itier, le haut-com­mis­saire à l’Eco­no­mie so­li­daire, pré­pare une se­maine an­nuelle de l’en­ga­ge­ment. Ce qui a fonc­tion­né le temps d’une cam­pagne peut-il s’ins­crire dans la du­rée ? Le défi est im­mense.

Un seul exemple : si la co-construc­tion du plan ban­lieue n’abou­tit pas, il res­te­ra deux choses du dis­cours de Tour­coing. L’am­bi­tion des mots, et la vo­lon­té, pour les so­lu­tions concrètes, de sim­ple­ment ga­gner du temps.

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