Les en­tre­prises se sou­cient da­van­tage de l’en­vi­ron­ne­ment

Une en­tre­prise sur quatre juge que son ac­ti­vi­té pèse sur l’en­vi­ron­ne­ment, se­lon une étude de l’In­see.

Les Echos - - FRANCE - Joël Cos­sar­deaux @JolCos­sar­deaux

Les en­tre­prises ne se li­mitent pas à suivre les règles qui s’ap­pliquent à elles en ma­tière en­vi­ron­ne­men­tale. Les ac­tions qu’elles conduisent vo­lon­tai­re­ment dans ce do­maine prennent une part crois­sante car elles sont de plus en plus conscientes des consé­quences de leurs ac­ti­vi­tés sur l’état des res­sources na­tu­relles. Cette res­pon­sa­bi­li­té, une sur quatre re­con­naît au­jourd’hui spon­ta­né­ment la dé­te­nir, si­gnale mar­di une étude de l’In­see.

Leur « ni­veau d’éveil » reste ce­pen­dant très va­riable. La pro­duc­tion de dé­chets les sou­cie bien plus que le re­cul de la bio­di­ver­si­té sur la­quelle les en­tre­prises sont quatre fois moins nom­breuses (3 % contre 14 %) à es­ti­mer avoir un « im­pact fort ou très fort ». Elles se sentent éga­le­ment bien plus res­pon­sables du changement cli­ma­tique (9 %) que de la pol­lu­tion de l’eau (5 %).

Les plus pré­oc­cu­pées par leurs im­pacts opèrent dans les sec­teurs de l’éner­gie et de l’en­vi­ron­ne­ment (50 %), ain­si que du trans­port et de l’en­tre­po­sage (49 %). A l’exact op­po­sé des ac­ti­vi­tés de ser­vice, où seule­ment 6 % des en­tre­prises du sec­teur de la com­mu­ni­ca­tion et 12 % de celles du sec­teur des ac­ti­vi­tés scien­ti­fiques et tech­niques consi­dèrent cau­ser des dé­gâts à la na­ture.

Plus grand, plus res­pon­sable

Les ré­ponses concrètes ap­por­tées pour évi­ter, ré­duire à la source et/ou at­té­nuer ces dom­mages visent en pre­mier lieu les res­sources qu’il s’agit de ne pas gâ­cher. Un tiers des en­tre­prises de 20 sa­la­riés ou plus in­ter­ro­gées par l’In­see in­diquent ain­si mettre en oeuvre des dé­marches pour amé­lio­rer leur ef­fi­ca­ci­té éner­gé­tique. Elles ne sont ce­pen­dant que 18 % à faire ap­pel à un or­ga­nisme tiers pour cer­ti­fier leur dé­marche, ce qui se­rait un moyen de ga­ran­tir une cer­taine per­sé­vé­rance. Même ten­dance pour les éco­pro­duits : un quart dé­clare en dé­ve­lop­per la fa­bri­ca­tion, mais 8 % seule­ment peuvent se re­com­man­der d’éco­la­bels. « Les en­tre­prises de l’in­dus­trie sont celles qui re­courent le plus, après celles de l’éner­gie et de l’en­vi­ron­ne­ment, à des cer­ti­fi­ca­tions », ob­serve l’In­see. Dans la construc­tion, les dé­marches adop­tées par les en­tre­prises sont qua­li­fiées de « li­mi­tées ». Une ten­dance qui s’ex­pli­que­rait par la forte pré­sence de pe­tites uni­tés dans ce sec­teur.

Car la taille condi­tionne le de­gré d’en­ga­ge­ment. Les plus grandes en­tre­prises ap­pa­raissent comme les plus sen­si­bi­li­sées aux éco­no­mies d’éner­gie et de res­sources. De même qu’en règle gé­né­rale, les fi­liales de groupes sont plus « proac­tives » que les so­cié­tés in­dé­pen­dantes. A no­ter en­fin, l’éten­due de la zone géo­gra­phique sur la­quelle les en­tre­prises rayonnent joue peu sur leurs dé­marches en­vi­ron­ne­men­tales. ■

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