Ma­cron pro­met « une mo­bi­li­sa­tion na­tio­nale » pour les quar­tiers

Le chef de l’Etat a an­non­cé mar­di la « co­cons­truc­tion » d’un « plan » d’ici à fin fé­vrier pour « res­tau­rer la Ré­pu­blique » dans les quar­tiers.

Les Echos - - FRANCE - Isa­belle Fi­cek @Isa­bel­leFi­cek — En­voyée spé­ciale à Tour­coing.

Il l’as­sure, il a « en­ten­du » les in­quié­tudes et les de­mandes des ac­teurs de la po­li­tique de la ville, qui, de­puis cet été, ont fait mon­ter la pres­sion, via no­tam­ment l’ap­pel de Gri­gny. Mar­di, Em­ma­nuel Ma­cron a mar­te­lé de­puis Tour­coing qu’il vou­lait « dé­clen­cher la mo­bi­li­sa­tion gé­né­rale pour ces quar­tiers qui concentrent toutes les dif­fi­cul­tés » afin de sor­tir de la « so­cié­té de sta­tuts » et son co­rol­laire, le dé­ter­mi­nisme so­cial, qui abîme la « pro­messe ré­pu­bli­caine de mo­bi­li­té so­ciale ». Le chef de l’Etat a aus­si ré­fu­té tout « vi­rage so­cial », sou­hai­tant « tordre le cou à une idée qui fait fu­reur que nous mè­ne­rions une po­li­tique éco­no­mique pour les riches ». « Je sais que quand il n’y a pas d’éco­no­mie pour ti­rer tout le monde, les quar­tiers sont les pre­mières vic­times. C’est cette cor­dée dont j’ai par­lé »,

a-t-il dé­fen­du, alors que, se­lon un son­dage Via­voice pour « Li­bé­ra­tion », deux Fran­çais sur trois s’es­timent per­dants de sa po­li­tique.

Sur sa mé­thode et sa vi­sion, Em­ma­nuel Ma­cron a par­lé de

« po­li­tique glo­bale » – « c’est l’en­semble du gou­ver­ne­ment qui doit se mo­bi­li­ser » – et de « co­cons­truc­tion »

entre l’Etat, les col­lec­ti­vi­tés lo­cales, les as­so­cia­tions. « L’Etat ne sait pas tout », a-t-il re­con­nu.

Le pré­sident de la Ré­pu­blique l’a re­dit, les deux axes de sa po­li­tique sont « l’ef­fec­ti­vi­té des droits » et

« l’éman­ci­pa­tion ». Aus­si, il a re­mis en pers­pec­tive une sé­rie de po­li­tiques lan­cées ou à ve­nir, qui doivent ve­nir tou­cher les quar­tiers, en ma­tière de sé­cu­ri­té (po­lice de sé­cu­ri­té du quo­ti­dien, lutte contre la ra­di­ca­li­sa­tion), de pau­vre­té (aides aux fa­milles mo­no­pa­ren­tales), de lutte contre les dis­cri­mi­na­tions, ou, à plus long terme, de ré­no­va­tion ur­baine. Pour celle-ci, il a as­su­ré, de­vant JeanLouis Bor­loo, qui conseille­ra le gou­ver­ne­ment, que l’Etat se­rait « au ren­dez-vous bud­gé­taire ». « Avoir une ville belle, ça n’est pas un luxe, ce­la ne doit pas être ré­ser­vé aux plus for­tu­nés », a-t-il glis­sé. Quant au vo­let éman­ci­pa­tion, il passe par l’éducation, la for­ma­tion, l’ap­pren­tis­sage, la culture et l’em­ploi. Em­ma­nuel Ma­cron a an­non­cé les zones d’ex­pé­ri­men­ta­tion (en Ile-de-France, dans le Nord, à Mar­seille, Lille et An­gers), des « em­plois francs ».

Le chef de l’Etat a au pas­sage confir­mé le chiffre de 200.000 contrats ai­dés pour 2018, mais dé­fen­du leur ré­duc­tion, poin­tant en eux « des cré­dits pu­blics pour main­te­nir la pré­ca­ri­té » quand il pré­fère « une po­li­tique d’in­ves­tis­se­ment dans les com­pé­tences ». Et, à l’at­ten­tion des op­po­si­tions qui les dé­fendent, il a lâ­ché : « Mais qu’ils les prennent les contrats ai­dés, ils n’en vou­draient pas pour eux-mêmes ! »

S’agis­sant du ca­len­drier, Em­ma­nuel Ma­cron a as­su­ré vou­loir dé­fi­nir avec les ac­teurs des in­di­ca­teurs pour éva­luer les po­li­tiques me­nées dans les quar­tiers et pré­pa­rer avec les si­gna­taires de l’ap­pel de Gri­gny un « plan de marche » d’ici à fé­vrier 2018, puis un sui­vi tous les trois mois sous sa hou­lette. Une di­zaine de quar­tiers les plus en dif­fi­cul­té doivent aus­si être choi­sis pour y « mettre un maxi­mum de moyens », avec « un ren­dez­vous dans deux ans » pour des chan­ge­ments « tan­gibles ».

Sur le dé­li­cat su­jet des moyens, jus­te­ment, Em­ma­nuel Ma­cron a confir­mé la sanc­tua­ri­sa­tion des cré­dits po­li­tique de la ville sur le quin­quen­nat et une hausse de 90 mil­lions d’eu­ros de la do­ta­tion de so­li­da­ri­té ur­baine pour cette an­née. Si les si­gna­taires de Gri­gny ont es­ti­mé « en­cou­ra­geant » le dis­cours du chef de l’Etat, ils at­tendent en­core, « pour la confiance », ont rap­por­té plu­sieurs d’entre eux, d’autres ef­forts sur la do­ta­tion po­li­tique de la ville, no­tam­ment, quand le chef de l’Etat leur a dit lun­di, as­surent-ils, que « la re­la­tion de confiance ne peut pas com­men­cer sur du moins ». ■

« Avoir une ville belle, ça n’est pas un luxe, ce­la ne doit pas être ré­ser­vé aux plus for­tu­nés. » EM­MA­NUEL MA­CRON

Photo Fran­çois Lo Pres­ti/AFP

A Tour­coing, le pré­sident de la Ré­pu­blique a mar­te­lé qu’il vou­lait « dé­clen­cher la mo­bi­li­sa­tion gé­né­rale pour ces quar­tiers qui concentrent toutes les dif­fi­cul­tés ».

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