The­re­sa May dans l’im­passe

Les Echos - - IDÉES & DÉBATS - Jacques Hu­bert-Ro­dier

The­re­sa May a fixé l’heure et le jour de la sor­tie du Royaume-Uni de l’Union eu­ro­péenne : le ven­dre­di 29 mars lorsque les hor­loges de Londres son­ne­ront 23 heures. Mais c’est la seule cer­ti­tude. Le reste, le plus im­por­tant, est dans une to­tale im­passe. La Pre­mière mi­nistre de Sa Ma­jes­té af­fronte de­puis mar­di la Chambre des com­munes, où le dé­bat sur le pro­jet de re­trait de l’Union doit se pour­suivre pen­dant huit jours pour se ter­mi­ner, en prin­cipe, juste avant la pré­sen­ta­tion du bud­get. Dans une conces­sion aux conser­va­teurs proeu­ro­péens, elle a fi­na­le­ment ac­cep­té que les Com­munes se pro­noncent par un vote sur le pro­jet de di­vorce. Une conces­sion de plus pour celle qui par­lait de « hard Brexit » (un Brexit dur). Car il est de moins en moins cer­tain que The­re­sa May ar­rive avec un pro­jet de di­vorce en bonne et due forme au som­met eu­ro­péen de dé­cembre pro­chain. Mais Bruxelles a clai­re­ment fait sa­voir que Londres de­vait faire une nou­velle offre fi­nan­cière pour ré­gler la fac­ture du di­vorce. Pour le mo­ment, The­re­sa May pro­met le tiers des 60 mil­liards d’eu­ros es­ti­més par la Com­mis­sion eu­ro­péenne pour ou­vrir des né­go­cia­tions sur les deux prin­ci­paux su­jets : les ques­tions de la tran­si­tion et des re­la­tions com­mer­ciales fu­tures entre l’Union eu­ro­péenne et le Royaume-Uni. Pour­tant, la ques­tion de la fac­ture du di­vorce pour­rait être sur­mon­table. Plus dure est la ques­tion de la fron­tière entre l’Ir­lande du Sud, par­tie pre­nante de l’Union eu­ro­péenne, et de la pro­vince bri­tan­nique de l’Eire. Car cette ques­tion sup­pose au préa­lable de cla­ri­fier les fu­tures re­la­tions avec l’Union eu­ro­péenne pour sa­tis­faire Du­blin. Or c’est un gou­ver­ne­ment de plus en plus fra­gi­li­sé qui aborde le di­vorce avec l’Union eu­ro­péenne. Coup sur coup, deux mi­nistres ont dé­mis­sion­né. Le se­cré­taire aux Affaires étran­gères, Boris John­son, est en dif­fi­cul­té après une sé­rie de dé­cla­ra­tions in­tem­pes­tives. La livre ster­ling est sous pres­sion. Et The­re­sa May est loin de se mon­trer à la hau­teur d’une tâche, il est vrai, ti­ta­nesque. Le pa­ra­doxe, c’est que per­sonne au sein du Par­ti conser­va­teur n’a l’étoffe pour lui suc­cé­der, et en­core moins le lea­der tra­vailliste Je­re­my Cor­byn. Même si le 10 Dow­ning Street reste dans l’im­passe et que le Royaume-Uni s’en­fonce un peu plus.

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