Les républicains dans la tour­mente en Ala­ba­ma

De plus en plus de républicains sou­haitent que Roy Moore, le can­di­dat au Sé­nat ac­cu­sé par plu­sieurs femmes d’agres­sions sexuelles, se dé­siste.

Les Echos - - IDÉES & DÉBATS - J. H.-R

L’élec­tion le 12 dé­cembre pro­chain dans l’Ala­ba­ma de l’ul­tra-conser­va­teur ré­pu­bli­cain Roy Moore à un siège au Sé­nat amé­ri­cain ne fai­sait au­cun doute après sa vic­toire en sep­tembre aux pri­maires dans son Etat. Mais l’an­cien ma­gis­trat, qui fut pré­sident de la Cour su­prême de l’Ala­ba­ma, est dans la tour­mente, ac­cu­sé par plu­sieurs femmes d’agres­sions sexuelles. Le « Wa­shing­ton Post » avait pu­blié la se­maine der­nière un pre­mier témoignage d’une femme qui af­fir­mait avoir été vic­time d’at­tou­che­ments en 1979 au do­mi­cile de Roy Moore, alors qu’elle n’avait que qua­torze ans. Trois autres femmes ont té­moi­gné éga­le­ment avoir eu des ren­dez-vous ga­lants avec le can­di­dat alors qu’il était pro­cu­reur ad­joint de l’Ala­ba­ma. Lun­di, c’est une autre femme, Ber­ver­ly Nel­son, qui, lors d’une confé­rence de presse à New York, l’a ac­cu­sé de l’avoir agres­sée sexuel­le­ment en 1978 alors qu’elle n’avait que dix-huit ans.

En ver­tu des lois de l’Ala­ba­ma, se­lon l’AFP, les faits al­lé­gués sont pres­crits au ci­vil comme au pé­nal. « Sans au­cune hé­si­ta­tion, a-t-il dit lors d’une brève al­lo­cu­tion, c’est to­ta­le­ment faux. Je n’ai ja­mais fait ce qu’elle dit que j’ai fait. » Mais ces ac­cu­sa­tions n’ont pas em­pê­ché les ap­pels à aban­don­ner la course au Sé­nat. Le chef de file ré­pu­bli­cain au Sé­nat, Mitch McCon­nell, a sou­hai­té que Roy Moore, connu pour ses dé­cla­ra­tions vio­lem­ment ho­mo­phobes et ses re­fus d’ap­pli­quer les dé­ci­sions de la Cour su­prême fé­dé­rale, se re­tire sans condi­tion. Des di­ri­geants républicains ont même af­fir­mé qu’ils l’obli­ge­raient à dé­mis­sion­ner s’il ga­gnait l’élec­tion du 12 dé­cembre.

L’ul­tra-droite em­bar­ras­sée

Dans cet Etat d’Ala­ba­ma où Do­nald Trump avait rem­por­té l’élec­tion pré­si­den­tielle avec presque 30 points d’avance sur Hilla­ry Clin­ton, les der­niers son­dages, ci­tés par l’agence Bloom­berg, es­timent que dé­sor­mais le ré­pu­bli­cain est à éga­li­té avec son concur­rent dé­mo­crate, Doug Jones. Cette af­faire est d’au­tant plus em­bar­ras­sante pour les républicains qu’ils ont essuyé, lors d’élec­tions lo­cales, de dures dé­faites au dé­but no­vembre pour les postes de gou­ver­neur dans le New Jer­sey et en Virginie. A New York, le dé­mo­crate Bill de Bla­sio a écra­sé sa ri­vale ré­pu­bli­caine, rem­por­tant un deuxième man­dat comme maire de la ville. Par­mi les voix dis­so­nantes, celle de Ste­phen Ban­non qui voyait dans la fu­ture vic­toire de Roy Moore une re­con­quête in­terne au Par­ti ré­pu­bli­cain de la part des plus fi­dèles par­ti­sans de Do­nald Trump. Mais cette re­con­quête de l’ul­tra-droite amé­ri­caine semble dif­fi­cile. —

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