Les cos­mé­tiques faits mai­son sé­duisent de plus en plus.

La Fé­dé­ra­tion des en­tre­prises de la beau­té lance une cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion aux bonnes pra­tiques. Le « do it your­self » gagne du ter­rain.

Les Echos - - ENTREPRISES & MARCHÉS - Do­mi­nique Cha­puis dcha­puis@le­se­chos.fr

Sen­si­bi­li­ser aux bonnes pra­tiques, quand on fait soi-même ses pro­duits cos­mé­tiques à la mai­son. C’est le but de la cam­pagne lan­cée no­tam­ment sur YouTube via six films par la Fé­dé­ra­tion des en­tre­prises de la beau­té (Fe­bea). Long­temps confi­den­tielle, cette pra­tique a com­men­cé à ga­gner du ter­rain au­près du grand pu­blic de­puis trois ans, re­layée par les ré­seaux so­ciaux et les mé­dias. Le dé­bat sur les per­tur­ba­teurs en­do­cri­niens a aus­si se­mé le doute, fai­sant gros­sir les rangs du « do it your­self ». La mode vé­gan, qui ne to­lère au­cun in­gré­dient is­su des ani­maux (cire d’abeille, soie…), a aus­si ac­cé­lé­ré ce phé­no­mène.

Un baume à lèvres à la ce­rise, une huile de ra­sage, un sham­pooing apai­sant à la pi­voine… : le fait mai­son est de­ve­nu une réelle niche de mar­ché, avec une poi­gnée d’ac­teurs, dont le pion­nier, Aro­maZone lan­cé en 2000, de­vrait réa­li­ser plus de 60 mil­lions d’eu­ros de chiffre d’affaires cette an­née. Par­mi les pre­miers sites de vente en ligne d’huiles es­sen­tielles, l’en­tre­prise a ou­vert une bou­tique à Pa­ris qui ne désem­plit pas. « Nous connais­sons une crois­sance entre 15 % à 20 % par an, ex­plique Anne Vaus­se­lin, sa di­rec­trice gé­né­rale. Nos clients veulent à la fois maî­tri­ser la com­po­si­tion de leurs pro­duits et aus­si leurs coûts. Il y a une ré­ap­pro­pria­tion de sa beau­té et de sa san­té. » Se­lon la di­ri­geante, faire soi-même son soin re­vient 10 fois moins cher en moyenne qu’une crème conven­tion­nelle.

Vé­ri­fier l’ori­gine des in­gré­dients

Si plu­sieurs grands groupes ont ten­té l’aven­ture de la per­son­na­li­sa­tion des pro­duits, comme Cla­rins ou L’Oréal, ils se sont heur­tés aux fourches Cau­dines de l’ANMS, l’au­to­ri­té qui veille à ce que ces kits res­pectent la ré­gle­men­ta­tion cos­mé­tique. Ce qui est très com­pli­qué. Rien de tel pour les baumes fa­bri­qués chez soi. D’où, cette cam­pagne de la Fe­bea, avec « le rap­pel de règles simples de qualité et de sé­cu­ri­té pour que cette pra­tique reste un plai­sir », sou­ligne Anne Dux, di­rec­trice des affaires scien­ti­fiques.

La fé­dé­ra­tion met ain­si en avant la né­ces­si­té de vé­ri­fier l’ori­gine des in­gré­dients. Des in­for­ma­tions pas tou­jours dis­po­nibles sur cer­taines plates-formes, comme Ama­zon. Elle in­vite aus­si à ne pas se fier à toutes les re­cettes sur In­ter­net. Car les huiles es­sen­tielles sont à ma­nier avec pré­cau­tion. Sans par­ler des règles d’hy­giène à res­pec­ter pour la fa­bri­ca­tion.

Tra­ça­bi­li­té, éti­que­tage, des conseils de « bon sens », que les in­dus­triels du fait mai­son mettent dé­jà en avant. « Il faut bien me­su­rer les quan­ti­tés. Ce n’est pas plus com­pli­qué qu’une re­cette de cui­sine, re­prend Anne Vaus­se­lin. La pre­mière règle, c’est avant tout de tes­ter les pro­duits dans le pli du coude. » Sur 4 mil­lions de re­cettes réa­li­sées par les clients d’Aro­ma-Zone en 2016, « seule­ment 24 cas d’ef­fets in­dé­si­rables ont été consta­tés ». Ces pro­fes­sion­nels re­grettent d’ailleurs de ne pas avoir été as­so­ciés à l’ini­tia­tive de la fé­dé­ra­tion. « On a le sen­ti­ment plu­tôt d’une cam­pagne de dis­sua­sion, alors que notre mar­ché sus­cite de plus en plus d’ap­pé­tit », es­time l’un d’eux. ■

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