LES BOÎTES AUX LETTRES 2.0 DECAYEUX AUX USA

Le lea­der eu­ro­péen de la fa­bri­ca­tion de boîtes aux lettres re­cueille les fruits de sa par­ti­ci­pa­tion au CES de Las Ve­gas.

Les Echos - - LA UNE - Guillaume Rous­sange — Cor­res­pon­dant à Amiens

Le groupe de co-wor­king amé­ri­cain WeWork ins­talle à San Fran­cis­co des boîtes aux lettres connec­tées MyCo­lisBox fa­bri­quées par Decayeux.

La boîte aux lettres made in France connec­tée fait ses pre­miers adeptes outre-At­lan­tique. Son in­ven­teur, l’en­tre­prise Decayeux, im­plan­tée de­puis un siècle et de­mi à Feu­quières-en-Vi­meu (Somme), a conclu un par­te­na­riat avec, WeWork, un amé­na­geur no­tam­ment spé­cia­li­sé dans les es­paces de co-wor­king. La pre­mière de ces boîtes 2.0 va être ins­tal­lée dans les pro­chains jours à San Fran­cis­co. D’autres de­vraient suivre, soit une com­mande de plu­sieurs « cen­taines d’ap­pa­reils », se­lon Sté­phane Decayeux, co­di­rec­teur de l’en­tre­prise avec son frère An­toine.

Le pro­mo­teur amé­ri­cain a dé­cou­vert la tech­no­lo­gie de la PME fran­çaise à l’oc­ca­sion du der­nier CES de Las Ve­gas. Il a été sé­duit par ces box, ju­gées plus po­ly­va­lentes et mieux sé­cu­ri­sées que les sys­tèmes uti­li­sant le wi-fi, tels que l’Ama­zon Lo­cker par exemple. « MyCo­lisBox per­met de re­ce­voir des co­lis de grande taille, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, di­rec­te­ment chez soi. Grâce à notre ex­per­tise dans les portes, blin­dées no­tam­ment, nous avons pu con­ce­voir un pro­duit très sé­cu­ri­sé », pour­suit le di­ri­geant.

Dé­col­lage

Signe des temps, si les Co­lisBox trouvent leur place dans les es­paces de co-wor­king outre-At­lan­tique, en Eu­rope, elles com­mencent à in­té­res­ser les uni­ver­si­tés. Un pre­mier contrat a été si­gné au Royaume-Uni avec celle de Du­rham et des dis­cus­sions sont en cours avec Ox­ford. En France et Al­le­magne, le sys­tème convainc les promoteurs im­mo­bi­liers. « De­puis trois ou quatre mois, nous consta­tons un réel in­té­rêt pour nos ou­tils connec­tés », note Sté­phane Decayeux. La preuve : si en 2017, an­née test, l’en­tre­prise a pro­duit une tren­taine de box, elle a en a li­vré une di­zaine pour le seul mois de mars et compte 150 com­mandes fermes pour cette an­née.

Pour per­mettre ce dé­col­lage, l’en­tre­prise a em­bau­ché cinq « pres­crip­teurs », des tech­ni­co­com­mer­ciaux, en France. Cette ten­dance dev­rait s’ac­cé­lé­rer, avec le lan­ce­ment pro­gram­mé de mo­dèles ré­fri­gé­rés. De grandes en­seignes comme Au­chan et Les Mous­que­taires ont ma­ni­fes­té leur in­té­rêt pour ce type de pro­duits et des es­sais sont pro­gram­més. A plus long terme, l’en­tre­prise pi­carde compte aus­si dé­ve­lop­per des équi­pe­ments de congé­la­tion, pour les­quels elle doit per­fec­tion­ner les sys­tèmes de sui­vi de la chaîne du froid.

Decayeux pro­duit 1,2 mil­lion de boîtes aux lettres chaque an­née.

De­ve­nue lea­der eu­ro­péen de son sec­teur de­puis le ra­chat de l’al­le­mande JU en 2011, l’ETI fa­mi­liale

em­ploie 650 per­sonnes et réa­lise un chiffre d’af­faires de 65 mil­lions d’eu­ros. Elle a in­ves­ti quelque

600.000 eu­ros pour dé­ve­lop­per MyCo­lisBox, pro­té­gé par un bre­vet eu­ro­péen. ■

Pho­to Guillaume Cro­chez

La boîte aux lettres sé­cu­ri­sée per­met de re­ce­voir les co­lis chez soi 24 heures sur 24.

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