L’éco­no­mie com­mence à pâ­tir des grèves, se­lon Le Maire

Le tou­risme et les en­tre­prises qui uti­lisent le fret sont tou­chés par le mou­ve­ment so­cial en cours.

Les Echos - - FRANCE - Guillaume de Ca­li­gnon @gca­li­gnon

Les grèves com­mencent à pe­ser sur la crois­sance fran­çaise. C’est en tout cas ce que dit Bru­no Le Maire. Le mi­nistre de l’Eco­no­mie a af­fir­mé lun­di ma­tin sur Eu­rope 1 que « les mou­ve­ments so­ciaux » avaient « un im­pact sur la crois­sance. C’est un im­pact qui est li­mi­té, qu’on ne peut pas me­su­rer au­jourd’hui, mais qu’on voit dé­jà dans cer­tains sec­teurs d’ac­ti­vi­té, dans les ré­ser­va­tions d’hô­tel­le­rie, dans les tran­sports, dans la pré­sence de tou­ristes », a-t-il ajou­té. Dé­jà, la se­maine der­nière, la Con­fé­dé­ra­tion des pe­tites et moyennes en­tre­prises (CPME) avait ti­ré le si­gnal d’alarme in­di­quant que les consé­quences de ce mou­ve­ment so­cial com­men­çaient à se faire sen­tir.

L’hô­tel­le­rie et le tou­risme ap­pa­raissent dé­jà tou­chés par les mou­ve­ments à la SNCF et à Air France. Laurent Duc, pré­sident de la branche hô­tel­le­rie de l’Union des mé­tiers et des in­dus­tries de l’hô­tel­le­rie (UMIH), ob­serve « un ra­len­tis­se­ment de l’ac­ti­vi­té alors que le sec­teur re­com­men­çait à croître ». Il es­time que « la perte d’ac­ti­vi­té at­teint de 10 % à 20 % se­lon les ré­gions » et se montre in­quiet pour le mois de mai, his­to­ri­que­ment as­sez fort du fait des ponts. Les en­tre­prises qui uti­lisent le fret SNCF sont aus­si af­fec­tées. L’As­so­cia­tion des usa­gers du trans­port de fret (AUTF) es­time le coût de deux mois de grève à la SNCF à 1 mil­liard d’eu­ros. Il est ce­pen­dant pro­bable qu’une par­tie du fret se re­porte vers le trans­port rou­tier de mar­chan­dises pour évi­ter les gou­lots d’étran­gle­ment. Il est aus­si pos­sible que le choix d’une grève de deux jours tous les cinq jours ait un ef­fet moindre qu’un mou­ve­ment conti­nue, no­tam­ment en ce qui concerne l’ac­ti­vi­té des en­tre­prises. D’au­tant que les or­don­nances de l’au­tomne der­nier pour ré­for­mer le Code du tra­vail fa­ci­litent le re­cours au té­lé­tra­vail.

Rat­tra­page

« Il peut y avoir des ef­fets mar­qués dans cer­tains sec­teurs éco­no­miques et cer­taines zones géo­gra­phiques. Mais l’im­pact d’une grève est ha­bi­tuel­le­ment li­mi­té dans le temps et sou­vent, un rat­tra­page s’opère dans les mois qui suivent l’ar­rêt du mou­ve­ment », in­dique Ju­lien Pou­get, chef du dé­par­te­ment de la conjonc­ture à l’In­see. En 1995, la crois­sance au qua­trième tri­mestre avait été am­pu­tée de 0,2 point pour at­teindre 0,1 %. Mais l’ac­ti­vi­té avait re­bon­di de 0,7 % sur les trois pre­miers mois de 1996. De même, en 2003, le PIB avait chu­té de 0,2 % au deuxième tri­mestre, les grèves ayant comp­té pour 0,1 point dans ce re­cul, l’ac­ti­vi­té éco­no­mique avait re­pris le tri­mestre sui­vant, bon­dis­sant, là en­core, de 0,7 %.

Il existe tou­te­fois un im­pact qui ne peut être chif­fré pré­ci­sé­ment, c’est ce­lui sur l’image de la France à l’étran­ger. Celle-ci s’est amé­lio­rée de­puis un an. Reste à sa­voir si elle ré­sis­te­ra aux grèves. ■

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