Lis­bonne vise un ex­cé­dent bud­gé­taire dès 2020

Le nou­veau pro­gramme de sta­bi­li­té du gou­ver­ne­ment por­tu­gais trace la voie pour at­teindre l’équi­libre des comptes pu­blics.

Les Echos - - MONDE - Cé­cile Thi­baud @Ce­ci­leT­hi­baud — Cor­res­pon­dante à Ma­drid

Lis­bonne ac­cé­lère la marche vers l’équi­libre bud­gé­taire. Le gou­ver­ne­ment por­tu­gais pré­voit en ef­fet de ré­duire le dé­fi­cit pu­blic plus vite que pré­vu, afin de le ra­me­ner à 0,7 % du PIB en 2018 puis à 0,2 % en 2019. Il compte dé­ga­ger son pre- mier ex­cé­dent bud­gé­taire en 2020 à 0,7 %. C’est ce qu’in­dique le nou­veau pro­gramme de sta­bi­li­té 2018-2022 dé­voi­lé vendredi, qui dev­rait pas­ser de­vant le Par­le­ment por­tu­gais le 24 avril pro­chain.

Se­lon Lis­bonne, l’élan de la crois­sance per­met­tra d’af­fi­cher des comptes pu­blics ex­cé­den­taires de 1,3 % d’ici à 2022 tout en ré­dui­sant dans les mêmes temps la dette à 102 % du PIB (contre 122 % at­ten­dus en 2018). « Il ne s’agit pas d’aus­té­ri­té mais d’un choix pon­dé­ré et res­pon­sable, nous de­vons pré­pa­rer l’ave­nir », aver­tit le mi­nistre des Fi­nances, Má­rio Cen­te­no, qui dé­fend un ef­fort né­ces­saire pour pou­voir faire face à d’éven­tuels re­tour­ne­ments de conjonc­ture. « Nous n’avons pas la mé­moire courte et nous sa­vons ce qu’il en a coû­té aux Por­tu­gais pour sor­tir du cau­che­mar », in­siste-t-il en rap­pe­lant les an­nées dif­fi­ciles du pays lors de la crise fi­nan­cière.

Ex­cès de zèle

Mais cette marche for­cée vers l’équi­libre bud­gé­taire fait grin­cer des dents chez les al­liés d’ex­trême gauche du gou­ver­ne­ment du so­cia­liste en place à Lis­bonne. Car le nou­vel ob­jec­tif de 0,7 % de dé­fi­cit en 2018 (contre 1,1 % at­ten­du pré­cé­dem­ment) va si­gni­fier un tour de vis de 800 mil­lions d’éco­no­mie sup­plé­men­taires par rap­port à la loi de fi­nances vo­tée en no­vembre der­nier.

Du cô­té du Bloc de gauche, la dé­pu­tée Ma­ria­na Mortá­gua s’in­surge contre ce qu’elle consi­dère comme un ex­cès de zèle de Lis­bonne. Elle ac­cuse le mi­nistre des Fi­nances d’être « force de blo­cage des dé­penses dans les hô­pi­taux et les che­mins de fer ».

C’est l’équi­libre fra­gile du gou­ver­ne­ment du Pre­mier mi­nistre An­to­nio Cos­ta qui est en jeu. Il est en ef­fet ar­ri­vé au pou­voir fin 2015, en s’ap­puyant le sou­tien des for­ma­tions d’ex­trême gauche avec la pro­messe de tour­ner la page de l’aus­té­ri­té. Il a réus­si jus­qu’ici à re­dres­ser les comptes du pays et à re­ga­gner la confiance des mar­chés tout en ju­gu­lant les exi­gences de ses al­liés po­li­tiques. Ces der­niers pré­tendent au­jourd’hui pro­fi­ter de l’em­bel­lie de la crois­sance pour des­ser­rer la pres­sion bud­gé­taire. Mais pour le mi­nistre des Fi­nances il se­rait pré­ma­tu­ré de di­la­pi­der main­te­nant les fruits d’an­nées d’ef­fort. ■

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