Ber­lin re­jette les cri­tiques sur sa non­par­ti­ci­pa­tion mi­li­taire contre Da­mas

Le gou­ver­ne­ment al­le­mand, qui n’a pas par­ti­ci­pé aux frappes contre Da­mas, re­jette « très fer­me­ment » l’idée se­lon la­quelle l’Al­le­magne ne se­rait pas en­ga­gée à l’étran­ger.

Les Echos - - MONDE - Thi­baut Ma­de­lin @Thi­bautMa­de­lin — Cor­res­pon­dant à ber­lin

Ber­lin a re­je­té lun­di les cri­tiques sur sa non-par­ti­ci­pa­tion à l’in­ter­ven­tion des Oc­ci­den­taux en Sy­rie. « Je vou­drais re­je­ter très fer­me­ment » l’idée que l’Al­le­magne ne s’en­gage pas as­sez, a dé­cla­ré le porte-pa­role d’An­ge­la Mer­kel lors d’une confé­rence de presse ré­gu­lière. « Il n’y a rien d’ex­cep­tion­nel au fait que l’Al­le­magne sou­tienne une in­ter­ven­tion mi­li­taire de pays al­liés et amis sans y par­ti­ci­per. Ce­la existe aus­si dans le sens in­verse », a ajou­té Stef­fen Sei­bert, ci­tant les in­ter­ven­tions de la Bun­des­wehr au Ma­li ou en Af­gha­nis­tan.

Le su­jet est sen­sible pour le gou­ver­ne­ment al­le­mand, qui a pro­mis à ses al­liés d’as­su­mer plus de res­pon­sa­bi­li­tés sur la scène in­ter­na­tio­nale. « L’Al­le­magne au­rait dû se joindre à ce groupe P3 », a écrit sur Twit­ter ce week-end Ri­chard Gre­nell, fu­tur am­bas­sa­deur des EtatsU­nis à Ber­lin. La cri­tique dé­passe le cercle du pré­sident amé­ri­cain Do­nald Trump. « Pour­quoi l’Al­le­magne re­chigne à faire le sale bou­lot ?», s’in­ter­roge ain­si lun­di le quo­ti­dien po­pu­laire « Bild ».

Ber­lin dé­fend une ligne am­bi­guë. Sa­me­di, la chan­ce­lière et la mi­nistre de la Dé­fense, Ur­su­la von der Leyen, ont dit sou­te­nir les frappes des Etats-Unis, du Royau­meU­ni et de la France contre le ré­gime sy­rien, par­lant d’une « in­ter­ven­tion mi­li­taire né­ces­saire et ap­pro­priée » après l’at­taque chi­mique pré­su­mée me­née à Dou­ma. Mais, dès jeudi der­nier, la chan­ce­lière avait ex­clu que son pays par­ti­cipe à des ac­tions mi­li­taires éven­tuelles.

Re­la­tions apai­sées

An­ge­la Mer­kel soigne son élec­to­rat, en ma­jo­ri­té op­po­sé (59,9 %) à l’in­ter­ven­tion mi­li­taire en Sy­rie, se­lon un son­dage Ci­vey pour Spie­gel On­line, et par ailleurs nos­tal­gique de re­la­tions apai­sées avec la Rus­sie, puis­sance pro­tec­trice de la Sy­rie. Elle agit par ailleurs dans un cadre ins­ti­tu­tion­nel plus contraint que le pré­sident de la Ré­pu­blique fran­çaise. La Bun­des­wehr étant une « ar­mée par­le­men­taire », elle ne peut pas in­ter­ve­nir à l’étran­ger sans un man­dat du Bun­des­tag. Se­lon un porte-pa­role du mi­nis­tère de la Dé­fense, il existe « cer­taines ex­cep­tions », très en­ca­drées. ■

« L’Al­le­magne au­rait dû se joindre à ce groupe P3.» Ri­chard Gre­nell, fu­tur am­bas­sa­deur des Etats-Unis à Ber­lin

Pho­to Tho­mas Sch­wartz/AFP

La mi­nistre de la Dé­fense al­le­mande, Ur­su­la von der Leyen, sou­tient les frappes mi­li­taires des « trois membres per­ma­nents du Conseil de sé­cu­ri­té de l’ONU ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.