L’ex-pa­tron du FBI juge Trump « in­apte mo­ra­le­ment à être pré­sident »

« Le pro­blème avec ce pré­sident, c’est qu’il sa­lit tous ceux qui sont au­tour de lui », a ex­pli­qué James Co­mey sur ABC, à l’oc­ca­sion de la sor­tie de ses « Mé­moires ».

Les Echos - - IDÉES & DÉBATS - Ra­phaël Bloch @Blo­ch_R

L’in­ter­view était très at­ten­due et elle a te­nu toutes ses pro­messes. Moins de vingt-quatre heures après la dif­fu­sion de quelques ex­traits de ses « Mé­moires » dans la presse, où il cri­tique vio­lem­ment Do­nald Trump, l’ex-pa­tron du FBI, James Co­mey, a sur­en­ché­ri di­manche sur ABC. Pen­dant une heure, l’homme de cin­quante-sept ans, li­mo­gé en 2017 de son poste par Trump, a dres­sé un por­trait très sombre du pré­sident, le pré­sen­tant no­tam­ment comme un men­teur qui « sa­lit tous ceux qui sont au­tour de lui ». James Co­mey a sur­tout ex­pli­qué que Trump était « mo­ra­le­ment in­apte à être pré­sident ». « Notre pré­sident doit in­car­ner le res­pect et adhé­rer aux va­leurs qui sont au coeur de notre pays. La plus im­por­tante étant la vé­ri­té. Ce pré­sident n’est pas ca­pable de le faire », a-t-il ex­pli­qué. « Une per­sonne qui parle des femmes et qui les traite comme des mor­ceaux de viande, qui ment en per­ma­nence sur les choses im­por­tantes comme sur les pe­tites choses et in­siste pour que le peuple amé­ri­cain les croie, cette per­sonne n’est pas apte à être pré­sident des Etats-Unis », a conclu l’an­cien res­pon­sable amé­ri­cain. Do­nald Trump a li­mo­gé James Co­mey, en met­tant en cause la ma­nière dont le FBI avait me­né l’en­quête sur l’usage illé­gal par Hilla­ry Clin­ton d’un ser­veur pri­vé pour ses e-mails lors­qu’elle était se­cré­taire d’Etat. Le lo­ca­taire de la Mai­son-Blanche a aus­si fus­ti­gé l’en­quête du FBI sur des soup­çons de col­lu­sion entre son équipe et des res­pon­sables russes pen­dant la cam­pagne pré­si­den­tielle.

« Boss ma­fieux » contre « ra­clure »

James Co­mey doit sor­tir ce mar­di un livre de 300 pages in­ti­tu­lé « A Hi­gher Loyal­ty : Truth, Lies, and Lea­der­ship », dans le­quel il dresse un por­trait au vi­triol du mil­liar­daire, qu’il qua­li­fie de « boss ma­fieux ». Do­nald Trump, pour sa part, s’est une nou­velle fois dé­chaî­né di­manche contre l’an­cien chef du FBI dans une sé­rie de tweets, le trai­tant no­tam­ment de « ra­clure » et de « men­teur ». La guerre des mots n’est en tout cas pas ter­mi­née. La se­maine pré­cé­dente, le pré­sident s'était dé­jà lâ­ché sur Twit­ter. « On se sou­vien­dra de James Co­mey le vis­queux, un homme qui fi­nit tou­jours mal et un dé­tra­qué, comme le PIRE di­rec­teur du FBI dans l'his­toire, de loin ! » avait-il twee­té. « Ce fut mon grand hon­neur de li­mo­ger James Co­mey ! » ■

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