Servier signe une ac­qui­si­tion stra­té­gique en on­co­lo­gie

La tran­sac­tion, éva­luée à 2,4 mil­liards de dol­lars, com­prend la ces­sion de trai­te­ments contre la leu­cé­mie lym­pho­blas­tique ai­guë (LLA) ou en­core le can­cer du pan­créas.

Les Echos - - INDUSTRIE & SERVICES - En­rique Mo­rei­ra @En­ri­queMo­rei­ra

En oc­tobre 2017, An­toine Servier va faire d’une pierre deux coups : ac­cé­lé­rer son dé­ve­lop­pe­ment dans le can­cer et conqué­rir les Etats-Unis. Le groupe a an­non­cé le ra­chat du dé­par­te­ment on­co­lo­gie de l’ir­lan­dais Shire, pour 2,4 mil­liards de dol­lars (1,9 mil­liard d’eu­ros).

L’opé­ra­tion, dé­voi­lée lun­di, com­prend la ces­sion de l’On­cas­par, un com­po­sant du trai­te­ment mul­tiagent de la leu­cé­mie lym­pho­blas­tique ai­guë (LLA), ac­tuel­le­ment sur le mar­ché mon­dial, ain­si que les droits de l’Oni­vyde, hors Etats-Unis et Taï­wan (où il est com­mer­cia­li­sé par Ip­sen), contre le can­cer du pan­créas mé­ta­sta­tique. En­fin, la tran­sac­tion in­clut le Ca­las­par­gase Pe­gol (Cal-PEG), en­core sou­mis à l’exa­men de l’au­to­ri­té de san­té amé­ri­caine (FDA) pour le trai­te­ment de la LLA.

Pour Eric Fal­cand, vice-pré­sident de Servier en charge du « Bu­si­ness de­ve­lop­ment and Li­cen­cing », « cette ac­qui­si­tion offre une double com­plé­men­ta­ri­té ». « D’abord com­mer­ciale, en ajou­tant deux nou­veaux pro­duits à l’offre de Servier en on­co­lo­gie, pré­cise-t-il aux « Echos ». Et la pers­pec­tive d’en com­mer­cia­li­ser d’autres, ac­tuel­le­ment en phase de R&D. »

L’ac­qui­si­tion offre par ailleurs « une com­plé­men­ta­ri­té avec le por­te­feuille de re­cherche du la­bo­ra­toire »,

en lui per­met­tant d’ac­cé­der à « deux col­la­bo­ra­tions de re­cherches avec des bio­tech en im­mu­no-on­co­lo­gie et dans les thé­ra­pies cel­lu­laires ».

Sur­tout « l’ac­qui­si­tion de Shire per­met à Servier d’être pré­sent aux Etats-Unis, pre­mier mar­ché phar­ma­ceu­tique mon­dial, no­tam­ment en on­co­lo­gie ». « Au­jourd’hui, une grande par­tie de l’in­no­va­tion, mais aus­si des centres aca­dé­miques d’ex­cel­lence se trouve là-bas. » De quoi rap­pro­cher le la­bo­ra­toire fran­çais des bio­tech in­no­vantes, ain­si que des jeunes ta­lents de la re­cherche phar­ma­ceu­tique.

262 mil­lions de dol­lars de re­ve­nus

Con­crè­te­ment, les équipes en on­co­lo­gie de Shire in­té­gre­ront celles du la­bo­ra­toire fran­çais, qui em­ploie 21.600 per­sonnes dans 148 pays, lorsque l’opé­ra­tion au­ra été fi­na­li­sée. Avec cette ac­qui­si­tion stra­té­gique, le groupe de 4,1 mil­liards d’eu­ros de chiffre d’af­faires met la main sur un dé­par­te­ment qui a rap­por­té par moins de 262 mil­lions de dol­lars (212 mil­lions d’eu­ros) de re­ve­nus au spé­cia­liste ir­lan­dais des ma­la­dies rares en 2017.

D’autres sont-elles à pré­voir pour Servier ? « Le groupe n’ex­clut pas de faire de nou­velles ac­qui­si­tions ou de si­gner de nou­veaux par­te­na­riats », ré­pond so­bre­ment Eric Fal­cand.

Le Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de Shire es­père que l’opé­ra­tion se­ra fi­na­li­sée au deuxième ou troi­sième tri­mestre 2018. Cette tran­sac­tion s’ins­crit dans les plans du la­bo­ra­toire ir­lan­dais vi­sant à re­cen­trer l’en­tre­prise sur les ma­la­dies rares, pré­cise le PDG de Shire, Flem­ming Orns­kov.

Fin mars 2018, le la­bo­ra­toire ja­po­nais Ta­ke­da a an­non­cé ré­flé­chir au ra­chat de Shire. Si au­cune pro­po­si­tion concrète n’a en­core été faite au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, l’offre pour­rait bien at­teindre les 50 mil­liards de dol­lars. ■

Pho­to Guillaume Sou­vant/AFP

L’ac­qui­si­tion de Shire per­met à Servier d’être pré­sent aux Etats-Unis.

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