Se­cu­ri­tas France crée sa marque em­ployeur

Confron­tée à des dif­fi­cul­tés de re­cru­te­ment, l’en­tre­prise lance sa marque em­ployeur. Pa­ral­lè­le­ment, elle pour­suit sa mue tech­no­lo­gique.

Les Echos - - INDUSTRIE & SERVICES - M. R.

A tra­vers un film pu­bli­ci­taire met­tant en scène sept col­la­bo­ra­teurs af­fir­mant tous être « fiers de ras­su­rer nos clients au quo­ti­dien », Se­cu­ri­tas France lance sa marque em­ployeur. Les en­jeux de sé­cu­ri­té sont tou­jours plus com­plexes face à l’émer­gence de nou­veaux risques et à l’évo­lu­tion tech­no­lo­gique des mé­tiers. L’en­tre­prise doit at­ti­rer des pro­fils va­riés, et dans cette fi­liale du groupe sué­dois, lea­der mon­dial des ser­vices de sé­cu­ri­té (8,4 mil­liards d’eu­ros de chiffre d’af­faires), ha­bi­tuel­le­ment très dis­crète, on se fait donc un peu vio­lence afin d’ac­croître la no­to­rié­té de la marque.

Comme un autre géant des ser­vices, So­dexo, Se­cu­ri­tas est tou­jours sous contrôle fa­mi­lial et ce­la in­flue sur sa cul­ture et sa stra­té­gie de long terme. Mais la vague d’at­ten­tats de 2015 et 2016 dans l’Hexa­gone, en Eu­rope et aux Etats-Unis, a pré­ci­pi­té l’ex­ter­na­li­sa­tion de la sé­cu­ri­té pour 80 % des en­tre­prises, sou­cieuses d’efficacité et de maî­trise bud­gé­taire, et en at­tente d’autres com­pé­tences. « On a be­soin de “pro­fi­lers” dans les centres com­mer­ciaux, de couples maîtres-chiens spé­cia­listes des ex­plo­sifs, d’ex­perts en dé­mi­nage pour as­sis­ter des bri­gades sa­tu­rées », pré­cise Mi­chel Ma­thieu, le pré­sident de Se­cu­ri­tas France.

Sur 160.000 agents de sé­cu­ri­té exer­çant sur le ter­ri­toire na­tio­nal, 17.000 sont em­ployés en CDI par Se­cu­ri­tas France. Et la mon­tée des qua­li­fi­ca­tions est nette. « C’est pour­quoi nous res­tons en pointe en ma­tière de for­ma­tion, avec huit centres en France et un bud­get af­fec­té de 4,5 % de la masse sa­la­riale, soit trois fois plus que la moyenne du sec­teur », pour­suit le di­ri­geant. Ain­si, Se­cu­ri­tas France, qui a réa­li­sé un chiffre d’af­faires de 668 mil­lions d’eu­ros de chiffre d’af­faires en 2017, loin de­vant le nu­mé­ro deux dans l’Hexa­gone Se­ris, a dé­pen­sé 14,5 mil­lions en for­ma­tion en 2016.

Vers des ana­lyses pré­dic­tives

Mal­gré ce­la, l’en­tre­prise a eu des dif­fi­cul­tés à trou­ver les 4.500 nou­veaux col­la­bo­ra­teurs re­cru­tés l’an der­nier, alors que cette an­née elle doit en em­bau­cher au­tant. « Par manque de per­son­nel, nous avons man­qué 10 mil­lions d’eu­ros de contrats l’an­née pas­sée. Les ho­raires dans ces mé­tiers ne sont pas fa­ciles, il faut ac­cep­ter une for­ma­tion de 171 heures, avoir un ca­sier vierge… Le pro­ces­sus de re­cru­te­ment est un lourd chan­tier qui nous coûte un mil­lion d’eu­ros par an, dans nos deux centres de Pa­ris et Lyon », ex­plique Mi­chel Ma­thieu.

Pour­tant les évo­lu­tions de car­rière sont fré­quentes, as­sure-t-il : l’agent de sé­cu­ri­té peut de­ve­nir in­ter­ve­nant mo­bile sur alarme, em­ployé sur site com­plexe, pom­pier, chef d’équipe, res­pon­sable de

« La com­po­sante hu­maine [y] reste es­sen­tielle et du coup, on est plu­tôt en re­tard sur la tech­no­lo­gie com­pa­ra­ti­ve­ment aux pays an­glo­saxons ou à l’Eu­ro­pe­du Nord. » MI­CHEL MA­THIEU Pré­sident de Se­cu­ri­tas France

plan­ning, di­rec­teur d’agence, di­rec­teur ré­gio­nal…

Ce pro­blème de re­cru­te­ment est d’au­tant plus pré­ju­di­ciable que, en France, les clients ré­clament des so­lu­tions vi­sibles : « La com­po­sante hu­maine y reste es­sen­tielle et, du coup, on est plu­tôt en re­tard sur la tech­no­lo­gie com­pa­ra­ti­ve­ment aux pays an­glo-saxons ou à l’Eu­rope du Nord », ob­serve en­core Mi­chel Ma­thieu. Se­cu­ri­tas s’est pré­ci­sé­ment ren­for­cé en dé­but d’an­née dans la sé­cu­ri­té élec­tro­nique par l’ac­qui­si­tion d’Au­to­ma­tic Alarm. Cet in­té­gra­teur de so­lu­tions in­cluant sys­tèmes an­ti-in­tru­sion, vi­déo­sur­veillance et contrôle d’ac­cès, compte 300 col­la­bo­ra­teurs et réa­lise un chiffre d’af­faires de 38 mil­lions d’eu­ros.

Pro­chaine étape : al­ler plus loin dans le trai­te­ment des don­nées afin de pou­voir me­ner des ana­lyses pré­dic­tives. « Nous dis­po­sons dé­jà de 500.000 sites clients connec­tés di­rec­te­ment ou via des par­te­naires en France, et de­main on sau­ra mieux an­ti­ci­per les risques », se fé­li­cite Mi­chel Ma­thieu.

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