Elle cache son ami sy­rien DIEPPE. dans son coffre

Une jeune Ven­déenne âgée de 19 ans a été condam­née à 3 mois de pri­son avec sur­sis pour avoir ten­té de faire pas­ser son ex-com­pa­gnon sy­rien en An­gle­terre, le 7 jan­vier.

Les Informations Dieppoises - - Tribunal - C. L.

« Je l’ai fait par so­li­da­ri­té, lance la jeune pré­ve­nue à la barre du tribunal de grande ins­tance de Dieppe, lun­di 9 jan­vier. On est en hi­ver et il fait froid de­hors. Je l’ai lais­sé faire pen­dant un an mais ce n’est pas confor­table pour moi de le sa­voir dans de telles condi­tions » . Quelques jours au­pa­ra­vant, elle a été in­ter­pel­lée au Trans­manche de Dieppe pour avoir ten­té de faire pas­ser illé­ga­le­ment son ex-com­pa­gnon sy­rien en An­gle­terre. L’homme mal dis­si­mu­lé sous une couette, dans le coffre, a vite été re­pé­ré par les doua­niers.

Contrai­re­ment à de pré­cé­dentes af­faires met­tant en cause des pas­seurs de­man­dant une contre-partie fi­nan­cière, ce dos­sier ex­prime l’in­cons­cience d’une très jeune femme pour ai­der son ex com­pa­gnon sy­rien à pas­ser outre-Manche. Elle a ren­con­tré le jeune homme dans la jungle de Ca­lais, il y a un an, alors qu’elle était bé­né­vole pour l’as­so­cia­tion hu­ma­ni­taire Vie ac­tive. Ils ont en­suite en­tre­te­nu une re­la­tion amou­reuse. La jeune femme ex­plique que c’est elle qui a eu l’idée de le ca­cher dans le coffre de la voiture pour pas­ser en An­gle­terre. Même si au­jourd’hui, les jeunes gens sont de­ve­nus plus amis qu’amou­reux.

« Er­reur de ju­ge­ment »

« Vous sa­viez que c’est in­ter­dit, sou­ligne le pré­sident du tribunal de Dieppe. Ce­la re­lève d’une dé­marche bra­vache, vous sa­viez qu’il y avait de grandes chances pour que vous soyez ar­rê­tés. Vous êtes pas­sée de l’hu­ma­ni­taire à l’il- lé­ga­li­té » . La jeune Ven­déenne, née à Nantes, a tout or­ga­ni­sé. Elle est al­lée jus­qu’à Pa­ris pour re­joindre son ex-com­pa­gnon. Ils ont pas­sé une nuit à l’hô­tel avant de prendre la di­rec­tion de Dieppe avec le vé­hi­cule de la mère de la pré­ve­nue. « Elle était au cou­rant, confie-t-elle. Elle a es­sayé de m’en dis­sua­der mais elle sa­vait qu’elle n’au­rait pas pu me re­te­nir… » . Son ami Sy­rien s’est alors ca­ché dans le coffre de la voiture.

« Mais pour­quoi avoir ten­té de tra­ver­ser la Manche alors que la France aide les de­man­deurs d’asile ? s’in­ter­roge le pré­sident. Je re­marque d’ailleurs qu’il n’a ja­mais fait au­cune de­mande… » . Il qua­li­fie d’er­reur de ju­ge­ment l’at­ti­tude de la jeune femme. « Je connais des mi­grants qui ont fait des de­mandes d’asile mais ça ne se passe pas tou­jours aus­si bien qu’on le croit » , ré­pond ti­mi­de­ment la pré­ve­nue. Le point de vue du pré­sident du tribunal est re­pris par le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique, dans ses ré­qui­si­tions. « Votre ami n’était pas en dan­ger di­rect sur le ter­ri­toire fran­çais puisque l’État vient en aide aux res­sor­tis­sants sy­riens » , sou­ligne-t-il.

L’avo­cate de la pré­ve­nue a rap­pe­lé son jeune âge, 19 ans en oc­tobre 2016, et de­man­dé que cette af­faire ne soit pas ins­crite au dos­sier ju­di­ciaire de la fu­ture édu­ca­trice spé­cia­li­sée. Elle a été condam­née à 3 mois de pri­son ferme et à 105 h de tra­vail d’in­té­rêt gé­né­ral sur 18 mois.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.