Bap­tiste, l’éle­veur qui parle à ses poules

Bap­tiste Sta­lin, jeune ex­ploi­tant agri­cole à Beau­val-en-Caux, pro­duit des oeufs bio grâce à ses 2 900 poules. Il vient d’être sé­lec­tion­né par­mi les « ta­lents de l’an­née » qui se­ront mis à l’hon­neur lors du sa­lon Tech & Bio, les 20 et 21 sep­tembre.

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Ex­ploi­tant agri­cole à Beau­va­len-Caux, Bap­tiste Sta­lin, 28 ans, a l’hon­neur d’être sé­lec­tion­né par­mi les « ta­lents de l’an­née » re­te­nus par le sa­lon des tech­niques bio et al­ter­na­tives Tech & Bio, qui se tien­dra à Va­lence dans la Drôme les 20 et 21 sep­tembre. No­mi­né dans la ca­té­go­rie « poules pon­deuses », le jeune homme consi­dère ce­la comme une belle ré­com­pense pour son tra­vail.

Op­por­tu­ni­té

Il y a une di­zaine d’an­nées, après avoir ob­te­nu à Yve­tot un bac Sciences et tech­no­lo­gies de l’agro­no­mie et de l’en­vi­ronne- ment, Bap­tiste Sta­lin part pour­suivre ses études à Ge­nech, dans le Nord. BTS Ana­lyse et conduite de sys­tèmes d’ex­ploi­ta­tion en poche, le jeune homme a cher­ché sa voie pen­dant quelque temps. Jus­qu’en 2013, où il sai­sit l’op­por­tu­ni­té de re­prendre une ex­ploi­ta­tion de 30 ha à cô­té de celle de ses pa­rents – trop pe­tite pour l’ac­cueillir –, au lieu- dit Bosc-Re­noult.

« C’est en fai­sant mes courses que j’ai consta­té le réel be­soin des consom­ma­teurs en pro­duits bio, dé­clare Bap­tiste Sta­lin. Il y a une de­mande consi­dé­rable et très peu de pro­duc­teurs d’oeufs bio ! » Le jeune homme, qui se de­man­dait com­ment uti­li­ser ses terres, n’a plus hé­si­té. Sou­cieux du bien-être ani­mal, il a pris le temps de mû­rir son pro­jet car, comme il aime à le pré­ci­ser, « un pro­jet bien ré­flé­chi est dé­jà à moi­tié fait ! »

Dès lors, Bap­tiste Sta­lin s’est re­trous­sé les manches et a lui­même construit son bâ­ti­ment, avec l’aide de son père, en dé­pit d’un voi­si­nage par­fois hos­tile à son ini­tia­tive… « Il m’a fal­lu un an pour conce­voir mon pro­jet et construire les bâ­ti­ments, in­dique-t-il. Bâ­tir le pou­lailler a no­tam­ment pris six mois ! »

« Lien avec l’ani­mal »

Heu­reux ex­ploi­tant de la SCEA La Belle de Beau­val, l’éle­veur pos­sède dé­sor­mais 2 900 poules pon­deuses en agri­cul­ture bio, qui sortent en plein air sur 1,5 ha d’her­bage. Après deux an­nées avec un ni­veau de ponte de 95 %, le jeune homme est sa­tis­fait de son choix et voit l’ave­nir plus se­rei­ne­ment.

Il re­mer­cie son père, son vétérinaire et son tech­ni­cien, qui le conseillent au jour le jour… Mais aus­si ses poules, sur les­quelles il veille avec at­ten­tion ! « On ne doit pas aban­don­ner le lien avec l’ani­mal, as­sure-t-il. Il faut ob­ser­ver les poules, prendre soin d’elles et sa­voir an­ti­ci­per. J’ai tou­jours du plai­sir à prendre les poules dans mes bras pour leur par­ler… et quand les poules sont en bonne san­té, elles vous le rendent bien ! »

Plu­sieurs pro­jets

Dé­si­reux de pro­gres­ser dans le do­maine du bio et d’an­ti­ci­per la de­mande crois­sante des consom­ma­teurs sou­cieux de pré­ser­ver leur en­vi­ron­ne­ment et leur san­té, Bap­tiste Sta­lin ne manque pas de pro­jets : d’abord lan­cer un deuxième pou­lailler avec un as­so­cié, et sur­tout créer son propre centre de condi­tion­ne­ment pour lan­cer sa marque et ain­si pas­ser du stade de simple pro­duc­teur à ce­lui de pro­duc­teur et dis­tri­bu­teur.

« Ce­la me per­met­tra de me faire connaître des consom­ma­teurs et sur­tout d’avoir le re­tour client, avance-t-il. Sa­voir ce qu’ils pensent est un plus, ce­la per­met de s’amé­lio­rer. »

Il en­vi­sage par ailleurs de plan­ter ses her­bages d’arbres frui­tiers, car il en est sûr, « les poules ai­me­raient s’abri­ter sous les pom­miers » ! En plus d’avoir de bons oeufs, il au­rait ain­si la pos­si­bi­li­té de pro­duire de bons fruits. Bio, évi­dem­ment !

Bap­tiste Sta­lin aime par­ler à ses poules.

L’éle­veur en­vi­sage de dis­tri­buer lui-même sa pro­duc­tion.

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