Il avait frap­pé et pri­vé sa femme de toute vie so­ciale

Un homme de 30 ans a été condam­né par le tri­bu­nal pour avoir vio­len­té et en­fer­mé son ex-femme. Il avait aus­si com­mis des vio­lences sur sa belle-fille de 5 ans.

Les Informations Dieppoises - - Tribunal - M. DS.

Face à la pré­si­dente du tri­bu­nal de Dieppe, mar­di 12 sep­tembre, le pré­ve­nu nie tout en bloc. Il nie les faits de vio­lence sur son ex-femme, les faits de vio­lence sur sa belle-fille. Il ré­fute aus­si l’avoir en­fer­mée à plu­sieurs re­prises dans leur ap­par­te­ment. L’homme âgé de 30 ans a par­fois du mal à com­prendre les ques­tions qu’on lui pose. Il est d’ailleurs sui­vi par un tu­teur. Il a du mal, aus­si, à s’ex­pri­mer. Mais il l’as­sure : « Je ne frappe pas les femmes » .

Son ex-com­pagne, elle aus­si sous tu­telle, af­firme pour­tant le contraire. Elle a d’ailleurs por­té plainte pour des vio­lences com­mises entre le 1er sep­tembre 2012 et le 27 juillet 2015. Aux en­quê­teurs, elle ra­conte cette fois où il l’a vio­lem­ment bous­cu­lée alors qu’elle était en­ceinte de sept mois. Et cette autre fois, où il a failli l’étran­gler.

Elle évoque éga­le­ment les pu­ni­tions su­bies par sa fille alors âgée de 5 ans. « Il l’obli­geait à res­ter plu­sieurs heures à ge­noux, les mains sur la tête » ré­af­firme-t-elle ce mar­di lors de l’au­dience. Mais elle évoque sur­tout son iso­le­ment et sa dé­tresse. Car son ma­ri l’en­fer­mait dès qu’il sor­tait. Il avait aus­si fait en sorte que les al­lo­ca­tions fa­mi­liales ar­rivent sur son compte à lui, et plus le sien.

Il l’a pri­vée de té­lé­phone, de vie so­ciale. À tel point que cer­tains de leurs voi­sins ne sa­vaient pas qu’il vi­vait en couple. À tel point que les ser­vices so­ciaux qui sui­vaient la fa­mille, éton­nés de ne plus la voir, se sont ren­dus au do­mi­cile. « Vous leur avez dit qu’elle était hos­pi­ta­li­sée alors qu’elle était là » lui rap­pelle la pré­si­dente.

À l’ex­pert psy­chiatre qu’il a vu pen­dant l’ins­truc­tion, le pré­ve­nu confie que s’il en­fer­mait son épouse quand il sor­tait, c’est parce qu’elle fai­sait des ma­laises et qu’il avait peur qu’elle en fasse de­hors. Et aus­si parce qu’elle le trom­pait. À la pré­si­dente du tri­bu­nal mar­di, il dit qu’il ne l’en­fer­mait pas, que la porte était ou­verte.

« Trop bon, trop con »

Il ra­conte aus­si que c’est elle qui le gi­flait, sans rai­son au­cune et qu’il se lais­sait faire. Et que oui, il lui est ar­ri­vé de pu­nir sa belle-fille, mais il l’en­voyait seule­ment quelques mi­nutes au coin. La vé­ri­té dit-il, c’est qu’il a été « trop bon, trop con ».

Mais pour le pro­cu­reur, les faits de vio­lences phy­siques, mo­rales et éco­no­miques sont consti­tués. Il de­mande huit mois de pri­son avec sur­sis as­sor­tis d’une obli­ga­tion de soins. Il sou­haite par ailleurs que le pré­ve­nu ef­fec­tue un stage de sen­si­bi­li­sa­tion aux vio­lences conju­gales.

Ce der­nier a été condam­né à huit mois de pri­son avec sur­sis. Il de­vra en outre ver­ser à son ex­com­pagne 2 500 €, à sa bel­le­fille 2 000 € et au pa­pa de cette der­nière 100 € pour pré­ju­dice mo­ral.

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