Une fa­mille me­na­cée EXPULSION. sous la pro­tec­tion des Diep­pois

Cha­fia et Ah­med Ladj, res­sor­tis­sants al­gé­riens, sont ve­nus de­man­der l’asile en France pour fuir les ré­pres­sions dans leur pays. Le couple est pa­rent de deux en­fants nés à Dieppe. Il est sous le coup d’une obli­ga­tion de quit­ter le ter­ri­toire.

Les Informations Dieppoises - - Dieppe - Au­ré­lien Bé­nard

C’est ac­com­pa­gnés de ci­toyens diep­pois, de mi­li­tants as­so­cia­tifs, d’en­sei­gnants et d’amis que Cha­fia et Ah­med Ladj ont été ac­cueillis, sa­me­di ma­tin, dans les sa­lons de l’hô­tel de ville de Dieppe. Ni­co­las Langlois, le maire, les a re­çus avec leurs deux en­fants, Saïd-Sam et Cé­line, âgés res­pec­ti­ve­ment de 4 et 2 ans, pour pro­cé­der à leur par­rai­nage ré­pu­bli­cain.

Les pa­rents, res­sor­tis­sants al­gé­riens, sont frap­pés d’une obli­ga­tion de quit­ter le ter­ri­toire fran­çais. Pour l’heure, un re­cours a été dé­po­sé de­vant le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Rouen.

Des Diep­pois à part en­tière

Une mo­bi­li­sa­tion ex­tra­or­di­naire s’est mise en place au­tour de cette fa­mille qui peut comp­ter sur la pro­tec­tion des leurs, les Diep­pois. « Notre ville s’ho­nore d’avoir ac­cueilli cette fa­mille il y a cinq ans, af­firme le maire. Les deux en­fants sont nés à Dieppe, ils sont sco­la­ri­sés à l’école Thomas et ils ne parlent que le fran­çais » .

La fa­mille Ladj est par­ti­cu­liè­re­ment bien in­sé­rée dans la ville aux quatre ports : les pa­rents oeuvrent comme bé­né­voles à l’épi­ce­rie so­li­daire Chez Loui- sette, dans le quar­tier du Pol­let, et sont très ap­pré­ciés dans la ci­té des pê­cheurs.

Ni­co­las Langlois a rap­pe­lé les rai­sons pour les­quelles, fin 2012 et dé­but 2013, Cha­fia et Ah­med ont fui leur pays : « Cha­fia était avo­cate dans son pays, mais elle ne pou­vait pas exer­cer se­rei­ne­ment son mé­tier. Elle su­bis­sait de fortes pres­sions mo­rales et des agres­sions phy­siques du fait qu’elle était spé­cia­li­sée dans la dé­fense des droits des femmes ».

Le maire pour­suit : « Si nous de­vions fuir notre pays en rai­son de per­sé­cu­tions, on ai­me­rait aus­si être ac­cueilli di­gne­ment dans un autre pays. Notre pré­sence ce ma­tin et ces par­rai­nages ré­af­firment que nous sommes at­ta­chés au res­pect des prin­cipes de li­ber­té, d’éga­li­té et de fra­ter­ni­té » .

Un ap­pel à la pré­fète

Et de ci­ter une par­tie du pré­am­bule de la Consti­tu­tion : « Tout homme per­sé­cu­té en rai­son de son ac­tion en fa­veur de la li­ber­té a droit d’asile sur les ter­ri­toires de la Ré­pu­blique » .

Les deux en­fants ont été par­rai­nés par Em­ma­nuelle Ca­ru- Char­re­ton, ad­jointe au maire, et Da­niel Ver­ger, conseiller mu­ni­ci­pal. Fa­bienne Huet, la di­rec­trice de l’école Thomas, était éga­le­ment pré­sente ain­si qu’une forte re­pré­sen­ta­tion de la com­mu­nau­té édu­ca­tive.

Tous de­mandent à l’Etat – en par­ti­cu­lier à la pré­fète – de ré­exa­mi­ner le cas de cette fa­mille et de per­mettre sa ré­gu­la­ri­sa­tion afin que les deux en­fants pour­suivent leurs études dans leur ville na­tale, Dieppe.

Yves Vi­dal, en­sei­gnant diep­pois et membre du col­lec­tif RESF, le ré­seau d’édu­ca­tion sans fron­tières, a in­di­qué que ce par­rai­nage ré­pu­bli­cain « est tou­jours un pre­mier acte fort et consti­tue le dé­mar­rage de la mo­bi­li­sa­tion » .

Il a lui-même as­sis­té à une quin­zaine de par­rai­nages ré­pu­bli­cains à la mai­rie de Dieppe. Bien des dos­siers se soldent par de bonnes nou­velles comme par exemple pour la fa­mille ar­mé­nienne Ga­briel­lian, dont la ré­gu­la­ri­sa­tion est en cours. « Tout avait dé­mar­ré ici » , rap­pelle Yves Vi­dal.

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