Do­mi­nique, 25 ans de chro­no­mé­trage

De­puis 25 ans, Do­mi­nique Ver­rière est connu pour ses com­pé­tences in­for­ma­tiques pour chro­no­mé­trer les courses à pied. Ce se­ra sa der­nière di­manche à Of­fran­ville.

Les Informations Dieppoises - - La Une - Ph. B.

Au mo­ment de re­ve­nir sur plus de 25 ans de chro­no­mé­trage, Do­mi­nique Ver­rière a des sou­ve­nirs plein la tête et des anec­dotes par­fois in­at­ten­dues : « Il s’en est fal­lu d’un rien que ça ne com­mence ja­mais en fait car lorsque je suis ve­nu pour ma pre­mière course, Gé­rard Gla­ti­gny ne me connais­sait pas et vou­lait que je re­parte. Tout s’est ar­ran­gé et ce fut le dé­but d’une belle aven­ture qui va prendre fin avec la Course des co­lom­biers de di­manche pro­chain » .

Cette scène se passe au dé­but des an­nées 1990 ; son fils pra­ti­quant l’ath­lé­tisme à l’ACND, Do­mi­nique Ver­rière est con­tac­té pour gé­rer le chro­no­mé­trage des 10 km et du se­mi-ma­ra­thon de Dieppe. « Cet évé­ne­ment a at­ti­ré jus­qu’à 1 300 cou­reurs et le ni­veau était très bon avec six ath­lètes en des­sous de 30 mi­nutes sur 10 km. Les dé­buts du chro­no­mé­trage furent hé­roïques puis­qu’il fal­lait dé­cou­per à la main les bandes chro­no avant de tout sai­sir à la main. De même, les ins­crip­tions étaient par­fois com­pli­quées ve­nant par cour­rier avec des bul­le­tins dont 10 % qui étaient illi­sibles » .

La pre­mière évo­lu­tion est l’ar­ri­vée des codes-barres sur les dos­sards et si ce­la semble sim­pli­fier le tra­vail, ce­la pro­voque aus­si quelques sueurs froides pour Do­mi­nique Ver­rière : « Je me sou­viens no­tam­ment d’une course dont le dé­part était don­né à Arques ; nous n’avions pas res­pec­té la bonne face pour le dos­sard et à cause de la pluie, les dos­sards étaient ar­ri­vés en lam­beaux. L’autre in­quié­tude était de créer un trop long ser­pen­tin de cou­reurs lors du pas­sage à la dou­chette qui en­re­gis­trait les codes-barres, mais heu­reu­se­ment, tout s’est tou­jours bien dé­rou­lé, le pro­blème étant en par­tie ré­glé avec le dos­sard sur la chaus­sure » .

Par la suite, l’in­for­ma­ti­cien lo­cal a aus­si chro­no­mé­tré d’autres épreuves comme des tri­ath­lons ou la Pi­ran­has bleue, mais ce fut de courte du­rée, pré­fé­rant consa­crer son éner­gie à faire évo­luer son lo­gi­ciel sur les 10 km. C’est ain­si qu’il in­ter­vient sur le Chal­lenge de la Va­renne pen­dant de nom­breuses an­nées, le plus dé­li­cat étant la ges­tion du Duo de la Va­renne avec des équipes pas tou­jours dis­ci­pli­nées.

L’ar­ri­vée des codes-barres Chro­no­mé­trage à puces

C’est pour la Cor­ri­da de Dieppe que Do­mi­nique Ver­rière in­nove en­core avec le chro­no­mé­trage à puces : « La pre­mière fois, c’était il y a cinq ans en­vi­ron avec des puces sur les chaus­sures et un ta­pis à l’ar­ri­vée ; le pro­blème était le coût des puces et le be­soin d’une di­zaine de per­sonnes à l’ar­ri­vée pour les ré­cu­pé­rer, sans ou­blier la lar­geur du ta- pis qui pro­vo­quait aus­si des an­goisses si le nombre de cou­reurs était trop im­por­tant » .

De­puis trois ans, il y a donc la der­nière gé­né­ra­tion de dos­sards à puces en­core plus per­for­mants et avec ce sys­tème moins coû­teux, le temps de pré­pa­ra­tion est moindre et ce­la est net­te­ment plus confor­table pour les or­ga­ni­sa­teurs.

Do­mi­nique Ver­rière vé­ri­fie en­core ré­gu­liè­re­ment chez lui la fia­bi­li­té des dos­sards et de son sys­tème car jus­qu’à la der­nière course, il tient à être ir­ré­pro­chable : « J’ai ai­dé no­tam­ment les gens du Chal­lenge de la Va­renne à évo­luer en même temps que mon lo­gi­ciel. Je pense avoir été pré­cur­seur, mais après plus de 25 ans, j’ai pen­sé qu’il était temps d’ar­rê­ter. J’ai choi­si les 10 km d’Of­fran­ville car j’aime tra­vailler avec Clé­ment Le­fran­çois qui est aus­si un bon spé­cia­liste de l’in­for­ma­tique et des sys­tèmes de clas­se­ment. Je lui ré­serve d’ailleurs une pe­tite sur­prise pour di­manche » .

Une der­nière fois, Do­mi­nique Ver­rière va donc connaître un stress qui ne l’a ja­mais quit­té : « En fait, le stress s’en va lorsque le nom des pre­miers cou­reurs ap­pa­raît sur l’écran de l’or­di­na­teur ; avant tout peut ar­ri­ver comme un jeune qui dé­branche le sys­tème pour re­char­ger son smart­phone… Il est donc temps de tour­ner la page, mais je tiens à pré­ci­ser que j’ai tou­jours pen­sé d’abord aux cou­reurs. Je pense avoir été no­va­teur et in­no­va­teur avec la vo­lon­té de fé­dé­rer pour al­ler au-de­là des as­pects in­di­vi­duels qui sont forts dans notre ré­gion. Je vais ai­der mes suc­ces­seurs à conti­nuer pour le bien de l’ath­lé­tisme » .

No­va­teur et in­no­va­teur

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