« Avec plus d’ar­gent, on fe­rait mieux et plus vite »

Alain Lé­tard est maire d’Autigny de­puis 1980. Pour lui, peu im­porte le titre ho­no­ri­fique, c’est l’ac­tion du pre­mier édile qui im­porte. Créer, faire évo­luer, in­suf­fler… Il est un homme et un élu en mou­ve­ment : « une lo­co­mo­tive », comme il dit.

Les Informations Dieppoises - - Fontaine -

Alain Lé­tard a 67 ans. Né à Dieppe, il a été in­gé­nieur à la di­rec­tion dé­par­te­men­tale des équi­pe­ments. Conseiller mu­ni­ci­pal à la fin des an­nées 1970, il est élu maire d’Autigny en 1980 et ré­élu jus­qu’à au­jourd’hui. Il ne compte plus les an­nées de mai­rie. Au mi­roir de la mer s’éclairent la fonc­tion et l’homme qui l’exerce. Quelle mer ou quel océan se­riez-vous et pour­quoi ?

L’At­lan­tique. Un océan re­muant. Il faut que ça bouge ! Il faut que ça évo­lue, comme à Autigny. À titre d’exemples, nous avons réa­li­sé la zone d’ac­ti­vi­té de la val­lée avec plu­sieurs en­tre­prises qui gé­nèrent 130 em­plois sur la com­mune ; un lo­tis­se­ment so­cial en ac­ces­sion à la pro­prié­té ; le foyer des Hautes Eaux pour les per­sonnes han­di­ca­pées ; une mai­rie toute neuve en 2010 ; le lo­tis­se­ment des Fleurs… Il y a aus­si les ter­rains que nous com­men­çons à com­mer­cia­li­ser et la dé­mo­gra­phie qui est crois­sante, avec 312 ha­bi­tants au­jourd’hui. À quelle oc­ca­sion em­ploie­riez-vous l’ex­pres­sion ce n’est pas la mer à boire ?

Un lo­tis­se­ment en lo­ca­tif dans les an­nées 2000. L’idée était de ré­créer une rue. Le pro­jet avec un or­ga­nisme HLM était bien fi­ce­lé. Il me te­nait à coeur, mais il n’est pas pas­sé. Fi­na­le­ment, avec le re­cul, ce n’était pas la mer à boire. Nous avons fait autre chose à la place, conser­vé l’her­bage d’un cô­té de la route et dis­po­sé les mai­sons de l’autre. Qu’est-ce qui vous laisse un goût amer ?

Si nous avions plus d’ar­gent, nous au­rions fait mieux, beau­coup plus, et plus vite. Le mi­lieu ru­ral n’a plus la cote. Les tra­vaux sur l’église, par exemple, ont pris dix ans de re­tard. Qu’est-ce qui vous fait cha­vi­rer ?

Un pro­blème so­cial. Une per­sonne avait été mise sous cu­ra­telle. Un dos­sier de sur­en­det­te­ment avait été mon­té et nous avons ai­dé cette per­sonne sur ce dos­sier, au­près des banques. Nous lui avons trou­vé un lo­ge­ment à Fon­taine-le-Dun. Elle s’en est sor­tie au bout de deux ans et elle est ve­nue me re­mer­cier en me di­sant qu’elle avait même pu s’ache­ter une voi­ture. Ce qui vous donne en­vie de mettre les voiles ?

Il y a une fin à tout. En 2020, j’ar­rête. J’es­time que j’ai fait mon temps. J’ai des ad­joints qui se­raient ca­pables de re­prendre la mai­rie. Que voyez-vous à l’ho­ri­zon ?

Le re­grou­pe­ment de com­munes, les mu­tua­li­sa­tions des moyens, la perte de proxi­mi­té des ser­vices pu­blics. Nous sommes peut-être sur les der­nières an­nées de vie des pe­tites com­munes ru­rales. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose pour la po­pu­la­tion. Nous per­dons le contact hu­main. Sur quel su­jet êtes-vous in­ta­ris­sable ?

Je me suis tou­jours at­ta­ché à faire le bud­get moi- même. Pas par le per­cep­teur comme le font cer­tains élus. Je re­garde sou­vent la si­tua­tion fi­nan­cière de la com­mune. Une com­mune, c’est comme une en­tre­prise : il y a des dé­penses, des re­cettes. C’est une ques­tion de ges­tion éco­no­mique. Pour quoi pren­driez-vous le risque de vous je­ter à l’eau ?

Pour un pro­jet qui me tient à coeur. Par exemple, il y a 20 ans, nous avons construit le centre pour per­sonnes han­di­ca­pées, le foyer des Hautes Eaux. Des élus vou­laient faire ca­po­ter le pro­jet. Je n’ai pas hé­si­té à mon­ter voir le pré­fet et à dis­cu­ter avec la sé­na­trice. Po­li­ti­que­ment par­lant, le bleu de la mer vous convient-il ?

Bleu ma­rine, sur­tout pas. Bleu clair. Du bleu avec du soleil. Et ma liste n’a pas de cou­leur po­li­tique.

Pour le maire, il faut créer, faire évo­luer et culti­ver le ru­ral, conser­ver l’es­prit de vil­lage. Des me­sures se­ront prises afin de ré­duire la vi­tesse des vé­hi­cules cir­cu­lant sur la route de Fon­taine et celle entre Veules et le Bourg-Dun.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.