JR

Nos ré­dac­teurs en chef in­vi­tés ont sou­hai­té que JR réa­lise la une de ce nu­mé­ro. L’ar­tiste fran­çais a ac­cep­té et s’est même amu­sé à la col­ler sur un mur parisien. On en a pro­fi­té pour en sa­voir plus sur ses liens avec le groupe, pour le­quel il a si­gné l’ar

Les Inrockuptibles - - Sommaire - Pierre Sian­kows­ki TEXTE ET PHO­TO

L’ar­tiste a fait un col­lage de la couve Arcade Fire des In­rocks

J’AI RE­TROU­VÉ JR LE 25 JUILLET, DANS LE XIIIe AR­RON­DIS­SE­MENT

de Pa­ris, ave­nue Edi­son. Avec son équipe, on a col­lé sur un mur la couverture du pre­mier nu­mé­ro de la nouvelle for­mule des In­ro­ckup­tibles. A la de­mande d’Arcade Fire, l’ar­tiste fran­çais que le monde s’ar­rache a en ef­fet réa­li­sé la co­ver du nu­mé­ro dont ils sont ré­dac­teurs en chef. Le mur a été peint en jaune, et JR colle le ma­tos. La veille, il était avec U2 au Stade de France et il y re­tourne ce soir. Son équipe a ache­té des tonnes de bal­lon. Les pas­sants s’ar­rêtent, re­garde l’ar­tiste col­ler. Une jeune fille : “Tiens sa­lut, j’ai été voir ton film, Visages, vil­lages avec Agnès Var­da,

j’ai va­che­ment ai­mé.” JR fait une pause, re­mer­cie la pas­sante qui lui de­mande ce qu’il fiche là. Il ex­plique que c’est pour Arcade Fire.

On lui de­mande alors com­ment lui et le groupe se sont ren­con­trés. “La première fois, on s’est lou­pés. Ils m’avaient proposé de faire quelque chose avec eux sur Haï­ti, ils s’étaient adres­sés à quel­qu’un de mon staff mais nous n’étions pas par­ve­nus à nous ren­con­trer. Alors la deuxième fois, ils sont car­ré­ment pas­sés à l’ate­lier, à New York. Je les ai ren­con­trés comme ça, je connais­sais leur mu­sique, mais pas leur vi­sage. On m’a sim­ple­ment dit, il y a Arcade Fire à l’en­trée. C’était en 2013.” Le dé­but d’une idylle, qui s’est pour­sui­vie à Pa­ris, quelques mois plus tard, en juin 2014. “Ils m’ont in­vi­té à un de leurs concerts au Zé­nith, pour le pré­cé­dent al­bum, Re­flek­tor, et ils m’ont dit : ‘Si tu veux, on se voit après dans un en­droit pei­nard.’ Je leur ai ré­pon­du : ‘On peut faire ça à mon stu­dio parisien.’ Quelques mi­nutes seule­ment après la fin du concert, je sors pour ré­cu­pé­rer mon scoot, et tex­to d’eux : ‘On est dé­jà dans le van, fi­le­nous l’adresse de ton ate­lier.’ Ils sont ar­ri­vés vingt mi­nutes plus tard, j’avais tout juste eu le temps d’ache­ter des trucs à boire. Ils ont bais­sé les lu­mières de l’ate­lier à leur goût, dé­bar­ras­sé les bu­reaux, vi­dé les pou­belles pour en faire des per­cus et sont al­lés cher­cher des ins­tru­ments dans le van. Et bim ! C’était par­ti pour deux heures de concert dans l’ate­lier. On était dix à voir ça, c’était fou.” JR colle ave­nue Edi­son, et les pas­sants s’ar­rêtent de plus en plus nom­breux, sortent des smart­phones pour prendre des pho­tos. Comme Arcade Fire, JR bosse dans la plus grande spon­ta­néi­té. “Lorsque j’ai fait le Louvre, je les ai in­vi­tés pour un concert, ils ont ré­pon­du oui tout de suite. Ils ont pris leurs billets d’avion, se sont ar­ran­gés pour dor­mir chez des potes à Pa­ris et sont ve­nus jouer. C’était gé­nial, ça m’a beau­coup tou­ché. Les condi­tions n’étaient pas idéales, la so­no pas vrai­ment pré­vue pour un concert de rock, mais ils ont as­su­ré.”

Après le Louvre, Arcade Fire pro­pose à JR de bos­ser sur l’art­work de l’al­bum à ve­nir, en­core en ges­ta­tion. Nous sommes fin 2015, et JR n’hé­site pas deux se­condes. “Quand on a dé­ci­dé de bos­ser en­semble sur Eve­ry­thing Now, je les ai re­joints presque tout de suite à La Nouvelle-Or­léans, là où ils ont com­men­cé à en­re­gis­trer. On a beau­coup dis­cu­té avec Win, j’ai ré­flé­chi de mon cô­té à ce qu’on pour­rait faire et on s’est re­vus à Pa­ris il y a un an, quand ils ont fi­na­li­sé le disque en stu­dio. C’est là qu’on s’est mis d’ac­cord sur l’idée d’ins­tal­ler cet im­mense pan­neau ‘Eve­ry­thing Now’ dans la Val­lée de la Mort, en Ca­li­for­nie.”

JR ins­talle alors avec son équipe le fa­meux pan­neau que l’on voit ap­pa­raître sur la po­chette de l’al­bum. Il ra­conte,

en­thou­siaste. “On a ache­té un ter­rain de 40 hec­tares, j’ai réa­li­sé l’ins­tal­la­tion. Les gens qui ap­pellent le nu­mé­ro qu’on a don­né

(sur la po­chette du disque – ndlr) parlent di­rect dans la Val­lée de la Mort. Quand on a eu fi­ni l’ins­tal­la­tion, il y a quelques se­maines de ce­la, j’ai ap­pe­lé Win en Fa­ce­time pour la lui mon­trer, et ça tom­bait pile au mo­ment où ils fi­nis­saient le mix du single

Eve­ry­thing Now. Du coup,Win a rac­cro­ché et il a rap­pe­lé en pas­sant le mor­ceau qui est sor­ti à fond dans le dé­sert. C’était gé­nial ! Un cow-boy s’est même ap­pro­ché avec son che­val et s’est ar­rê­té de­vant le pan­neau. Je l’ai shoo­té et on a gar­dé l’image pour des po­chettes col­lec­tor, c’était la sur­prise.”

Et des sur­prises, la col­la­bo­ra­tion en pro­met d’autres : vi­si­ble­ment, entre JR et Arcade Fire, ça colle pas mal.

“Ils ont vi­dé les pou­belles pour en faire des per­cus. Et bim ! C’était par­ti pour deux heures de concert” JR

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