Chan­tal Tho­mas

Sou­ve­nirs de la ma­rée basse

Les Inrockuptibles - - Livres -

Seuil, 224 p., 18 € Chan­tal Tho­mas dresse un sub­til por­trait de sa mère, et s’in­ter­roge sur la trans­mis­sion. Un jour d’été, une ado­les­cente plonge dans le Grand Ca­nal des jar­dins du châ­teau de Ver­sailles. C’est la fu­ture mère de Chan­tal Tho­mas. L’image est là, dans les pre­mières pages du livre et elle se­ra la clé de tout. L’his­to­rienne et ro­man­cière y voit une cer­taine idée de l’in­sou­ciance, ca­rac­té­ris­tique d’une femme heu­reuse seule­ment quand elle nage, lors­qu’elle ou­blie la pe­san­teur de la terre. “Ma mère a deux vi­sages : son vi­sage de mai­son, obs­cur, et son vi­sage de na­ta­tion, lu­mi­neux.” Reste à sa­voir ce qu’un per­son­nage aus­si fan­tasque a trans­mis à sa fille. Et c’est bien ce qui oc­cupe au­jourd’hui l’au­teure des Adieux

à la reine dans ce por­trait d’une femme-en­fant at­ta­chante, à la fois éprise de li­ber­té et in­ca­pable de se dé­ta­cher de ses pa­rents. En quelques courts cha­pitres, Chan­tal Tho­mas dit beau­coup sans éta­lage. Et à tra­vers l’ob­ser­va­tion sen­sible de son his­toire fa­mi­liale – “la mère Lu­na­tique, le grand-père Che­mi­not, le père Si­lence” –, elle rend aus­si hom­mage à un lieu, Ar­ca­chon et la côte At­lan­tique, où elle a vé­cu en­fant. Là en­core, les sou­ve­nirs qui re­montent servent à éla­bo­rer des hy­po­thèses, à ten­ter de com­prendre ce que si­gni­fie de gran­dir au bord de la mer. Et de dé­ce­ler ce qui, chez la pe­tite fille de­ve­nue adulte, sub­siste des pre­mières an­nées pas­sées face à l’océan. Syl­vie Ta­nette

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