Sé­ries

Ren­contre avec Chuck Lorre…

Les Inrockuptibles - - Sommaire -

Avec Ka­thy Bates, hé­roïne de Dis­join­ted Chuck Lorre, du rire en barres Le maître de la sit­com, genre his­to­rique de la té­lé US, c’est lui. Ren­contre avant la nou­velle sai­son de THE BIG BANG THEO­RY. LA SOIXAN­TAINE MÉ­LAN­CO­LIQUE, CHUCK LORRE EST LA PREUVE VI­VANTE des per­son­nages est plus im­por­tante que c elle des scé­na­ristes, mais il faut avoir une vie pour écrire, au moins une vie in­té­rieure. Et puis, je me suis ren­du compte que l’on re­grette sou­vent le len­de­main ce qu’on écrit quand on est trop fa­ti­gué.”

que nul n’a for­cé­ment le phy­sique de son em­ploi. Ce boss de la sit­com clas­sique ( c’était lui ; il a créé

qui en­tame sa on­zième sai­son) a gran­di en re­gar­dant le duo vin­tage Ab­bott et Cos­tel­lo et les Marx Bro­thers. S’il fait rire l’Amé­rique et au-de­là de­puis une ving­taine d’an­nées, il ne semble en ti­rer au­cune joie de vivre – ou alors bien ca­chée. Dhar­ma et Greg, Mon oncle Char­lie, The Big Bang Theo­ry

La vie d’un sho­wrun­ner est plus gla­mour que celle d’un moine, pal­miers ca­li­for­niens obligent, mais le genre qu’a choi­si Chuck Lorre re­quiert une mé­ca­nique ha­ras­sante. Vingt-quatre épi­sodes, si pos­sible drôles, doivent être mis à l’an­tenne en huit mois chaque an­née. Dans cette pro­duc­tion in­dus­trielle du LOL, le mo­ment que pré­fère l’homme qui a dé­bu­té sur (après une car­rière de gui­ta­riste et song­wri­ter, no­tam­ment pour De­bo­rah Har­ry !) est ce­lui des ré­pé­ti­tions. “La plu­part de mes jour­nées se passent à écrire ou ré­écrire, ra­conte-t-il, un jour d’orage dan­tesque à Pa­ris.

A un mo­ment, ce bou­lot me pre­nait soixante-dix heures par se­maine et j’y pas­sais des nuits. Main­te­nant, je me re­pose un peu plus. Je sais que la vie Ro­seanne “On se de­mande 74

“Par­fois, la co­mé­die se trouve dans la ré­ac­tion d’un per­son­nage qui ne moufte pas”

Alors qu’il vient de col­la­bo­rer avec Net­flix pour (avec Ka­thy Bates en fan de ma­ri­jua­na) et dé­voile cette se­maine le spin-off de com­ment amé­lio­rer les mots et le mou­ve­ment des corps. On parle du pla­ce­ment de ca­mé­ra : elle peut vous ai­der ou vous plom­ber. Si le gag est par là-bas et que la ca­mé­ra pointe de l’autre cô­té, on a un pro­blème. Par­fois, la co­mé­die se trouve dans la ré­ac­tion d’un per­son­nage qui ne moufte pas.” Dis­join­ted The Big Bang Theo­ry, Young Shel­don, Lorre a réus­si à prou­ver qu’il n’est pas seule­ment un fai­seur. l’une de ses plus belles créa­tions qui en­tame sa sai­son 5 en no­vembre, ra­conte avec brio et mé­lan­co­lie les aven­tures d’une mère et d’une fille (gé­niales Al­li­son Jan­ney et An­na Fa­ris) ten­tant de mettre la bois­son et la drogue der­rière elles. Chuck Lorre a lui-même été al­coo­lique. Mom Mom,

Lorre dé­fend la pré­sence du pu­blic lors de l’en­re­gis­tre­ment des épi­sodes – à l’ori­gine des fa­meux rires en­re­gis­trés – alors qu’il est de bon ton d’en cri­ti­quer l’ar­ti­fi­cia­li­té.

“Ce­la vient d’une tra­di­tion théâ­trale. L’un des avan­tages, c’est qu’on ne se sent ja­mais en maî­trise. On n’a pas la po­si­tion du maître, car les gens nous rap­pellent constam­ment que l’on peut avoir tort. Ils rient de choses que l’on pen­sait ano­dines et en dé­testent cer­taines que l’on trou­vait fortes, sans en avoir rien à faire de nos sen­ti­ments.”

“est une al­lé­go­rie noire et drôle du chan­ge­ment. On peut être un soû­lard pris dans une ad­dic­tion et se re­le­ver peu à peu pour vivre une exis­tence heu­reuse, devenir un ci­toyen res­pec­table.”

Comme spec­ta­teur, le tru­blion mal­gré lui ne re­garde que des drames

A l’ère Trump, l’entertainment prend aus­si une di­men­sion po­li­tique, même si l’in­ten­tion de dé­part ne l’est pas. L’élec­tion de no­vembre 2016 a fait bou­ger les lignes sans pré­ve­nir. Game of Th­rones, Brea­king Bad, Bet­ter Call Saul. – Il pré­pare en ce mo­ment une adap­ta­tion du Bû­cher des va­ni­tés “pour l’uni­vers du strea­ming”, “J’ai d’abord eu peur que l’élec­tion rende mon tra­vail sans sa­veur. Dans un mo­ment aus­si ef­frayant, pour­quoi se le­ver le ma­tin et fa­bri­quer une sit­com ? Est-ce utile ? Im­por­tant ? Mes sé­ries n’ont pro­ba­ble­ment ja­mais été im­por­tantes, mais elles exis­taient dans un en­vi­ron­ne­ment bé­nin. Cet en­vi­ron­ne­ment a chan­gé. Il se trouve par exemple que parle de gens pour qui la science est liée à des faits et non à la foi. Ces types croient à la théo­rie de l’évo­lu­tion et au­jourd’hui, ce­la n’a rien d’ano­din.” sa pre­mière in­cur­sion po­ten­tielle en de­hors du monde du gag. Mais il res­te­ra quoi qu’il ar­rive iden­ti­fié aux blagues à la chaîne. La sit­com existe de­puis les dé­buts du pe­tit écran et Lorre la per­pé­tue à l’an­cienne, comme si les avan­cées ré­centes de la co­mé­die de vingt-six mi­nutes (d’At­lan­ta à

n’exis­taient pas. Alors que c’est de moins en moins le cas de­puis une dé­cen­nie, il uti­lise plu­sieurs ca­mé­ras. Dif­fi­cile de ne pas voir en lui un tou­chant di­no­saure. La for­mu­la­tion fait sur­sau­ter l’ani­mal : The Big Bang Theo­ry Bet­ter Things) Oli­vier Joyard The Big Bang Theo­ry Young Shel­don et A par­tir du 2 oc­tobre, 22 h 10, Ca­nal+ Sé­ries “Vous trou­vez que je res­semble à quoi, un pté­ro­dac­tyle ? Je ne suis pas le gar­dien d’une forme.” (rires) Dis­join­ted Sur Net­flix 75 Les In­ro­ckup­tibles 20.09.2017

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.