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Le re­tour de la Su­per Nin­ten­do Mini

Les Inrockuptibles - - Sommaire - Da­vid Dou­cet

QUAND ELLE A DÉ­BAR­QUÉ EN FRANCE, Fran­çois Mit­ter­rand était en­core pré­sident de la Ré­pu­blique, l’OM do­mi­nait le foot­ball fran­çais et les Boyz II Men ca­ra­co­laient en tête des charts. Vingt-cinq ans plus tard, le pay­sage a ra­di­ca­le­ment chan­gé mais la Su­per Nin­ten­do sus­cite tou­jours le même en­thou­siasme chez les ga­mers. De­puis l’an­nonce de sa ré­édi­tion, la cé­lèbre firme japonaise croule sous les ré­ser­va­tions. “L’en­goue­ment pour la Su­per Nes Mini est deux fois su­pé­rieur à ce­lui pour sa grande soeur, la Nes Mini, qui nous avait dé­jà sur­pris puisque l’on avait connu une pé­nu­rie après avoir écou­lé plus de 80 000 exem­plaires”, constate le di­rec­teur gé­né­ral de Nin­ten­do France, Phi­lippe La­voué. La ten­dance pour le vin­tage existe dans tous les cou­rants de consom­ma­tion, mais l’in­dus­trie du jeu vi­déo est re­la­ti­ve­ment ré­cente et ce phé­no­mène était dif­fi­cile à pré­voir.”

La Su­per Nin­ten­do Mini est une re­pro­duc­tion à l’iden­tique de la console my­thique qui a mar­qué les ni­ne­ties. Elle est sim­ple­ment plus petite puis­qu’elle tient dans la paume de la main et contient ving et un jeux pré­ins­tal­lés (The Le­gend of Zel­da: A Link to the Past, Fi­nal Fan­ta­syVI ou bien en­core Contra III).

Qu’est-ce qui pousse donc au­tant de joueurs à s’ar­ra­cher cette an­ti­qui­té ? “Ils ap­pré­cient de re­trou­ver les jeux qui ont mar­qué leur en­fance, es­time le boss de Nin­ten­do. Ce sont sou­vent des joueurs qui ont été pres­crip­teurs et qui ont en­vie de faire par­ta­ger leurs émo­tions de jeu­nesse à leurs en­fant.”

Maxence fait par­tie de ceux-là. Ce père de fa­mille se rap­pelle avec émo­tion des dis­cus­sions avec ses potes dans la cour de ré­cré pour sa­voir com­ment avan­cer dans Star Fox ou Se­cret of Ma­na, “à une époque où il n’y avait pas in­ter­net pour trou­ver la so­lu­tion”. Pour être cer­tain d’avoir une console le 29 sep­tembre pro­chain, ce tren­te­naire en a ré­ser­vé deux. “Je me suis épa­noui avec la Su­per Nes à l’âge de 8 ans et j’ai en­vie de trans­mettre ça à mes en­fants qui ont 3 et 5 ans. Sur­tout qu’il est bien plus fa­cile pour eux de s’ini­tier à ce ga­me­play plus simple que les jeux ac­tuels.”

Nin­ten­do n’a pas in­ven­té la ré­édi­tion de consoles ol­dies. Chaque an­née, des fa­bri­cants de jouets achètent les droits d’an­ciennes ma­chines Se­ga ou Ata­ri. “Ce qui fait la dif­fé­rence, c’est le pa­cka­ging sou­te­nu par une vé­ri­table cam­pagne de mar­ke­ting, ana­lyse Florent Gorges, his­to­rien du jeu vi­déo et au­teur d’une His­toire de Nin­ten­do (Oma­ké Books). C’est un pro­duit of­fi­ciel avec le sou­ci du dé­tail que l’on connaît chez Nin­ten­do.” Claire, 25 ans, re­con­naît que son achat est sur­tout mo­ti­vé par l’idée d’ex­po­ser sa Su­per Nes Mini sur l’éta­gère de sa­lon. “En l’ache­tant, j’ai l’im­pres­sion de re­trou­ver une au­then­ti­ci­té per­due mais c’est peut-être illu­soire. Sans doute que je n’y joue­rai que 10 mi­nutes. C’est un ob­jet hy­per­cool ; je le vois plus comme un élé­ment de dé­co que comme un sup­port qui va me per­mettre de re­trou­ver l’amour du jeu vi­déo.”

Conçue par Ma­sayu­ki Ue­mu­ra, la Su­per Nin­ten­do est la console qui a per­mis à Nin­ten­do de re­trou­ver son trône après en avoir été chas­sé par Se­ga et sa Me­ga­drive. “Bien qu’elle soit sor­tie avec qua­si­ment un an et de­mi de re­tard, la Su­per Nes a été un car­ton im­mé­diat, rap­pelle Florent Gorges. Elle re­pré­sen­tait une claque gra­phique per­cep­tible im­mé­dia­te­ment.” Avec sa ma­nette six bou­tons, ses ef­fets de pers­pec­tive (le fa­meux mode 7) et son mi­cro­pro­ces­seur qui per­met­tait d’af­fi­cher 256 cou­leurs si­mul­ta­né­ment, la Su­per Nes s’est im­po­sée comme la console de se­conde gé­né­ra­tion de ré­fé­rence. Elle s’est ven­due à plus de 50 mil­lions d’exem­plaires dans le monde.

De­puis l’ar­ri­vée sur le mar­ché de Sony et de Mi­cro­soft, beau­coup ont pro­phé­ti­sé la mort de Nin­ten­do. La firme rouge n’a pour­tant ja­mais af­fi­ché une forme aus­si in­so­lente. Avec sa console Switch, Nin­ten­do pour­rait même re­nou­ve­ler l’ex­ploit de la Ga­me­boy et dé­pas­ser les 130 mil­lions de consoles en 2022. “Nous ne sommes pas dans une course à l’ar­me­ment tech­no­lo­gique avec Sony et Mi­cro­soft, ex­plique Phi­lippe La­voué. On es­saie de se concen­trer sur le ga­me­play et le plai­sir du joueur.” Un plai­sir qui se trans­met de gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion.

“Je me suis épa­noui avec la Su­per Nes à l’âge de 8 ans et j’ai en­vie de trans­mettre ça à mes en­fants qui ont 3 et 5 ans” MAXENCE

Suite à la rup­ture de stock de la NES Mini, Nin­ten­do s’est en­ga­gé à pro­duire de nou­veaux exem­plaires d’ici fin 2017

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