Jor­ja Smith

Adou­bée par Drake, cette jeune An­glaise est l’une des ar­tistes les plus pro­met­teuses de sa gé­né­ra­tion. Son pre­mier al­bum est at­ten­du pour 2018.

Les Inrockuptibles - - Intro -

ELLE N’A QUE 20 ANS MAIS SEMBLE AVOIR DÉ­JÀ MIS LE MONDE À SES PIEDS. Ori­gi­naire de Wal­sall, en An­gle­terre, Jor­ja Smith est consi­dé­rée comme la re­lève de la soul bri­tan­nique. Re­pé­rée par Drake, qui l’a conviée sur son al­bum More Life, cette jeune ar­tiste fa­çonne une mu­sique aus­si en­sor­ce­lante qu’in­ci­sive, ins­pi­rée par son idole de tou­jours Amy Wi­ne­house. “Le fait de pou­voir res­sen­tir sa tris­tesse à tra­vers cha­cun de ses mor­ceaux, ça m’a bou­le­ver­sée, confie-t-elle. Et c’est ce que j’en­tends faire à mon tour avec mes chan­sons.”

Ses chan­sons, Jor­ja Smith com­mence à les écrire à l’âge de 11 ans, en­cou­ra­gée par des pa­rents pas­sion­nés (son père était le lea­der du groupe de néo-soul 2nd Nai­cha) qui la poussent très tôt à in­té­grer une cho­rale et à prendre des le­çons de pia­no. “Mes textes se basent prin­ci­pa­le­ment sur des évé­ne­ments vé­cus ou ob­ser­vés”, ra­conte celle qui a ré­di­gé pour le bac une dis­ser­ta­tion in­ti­tu­lée “Le post­co­lo­nia­lisme est-il en­core pré­sent dans le grime ?”, ba­sée sur le clip du titre Si­rens de Diz­zee Ras­cal.

Voi­là pour­quoi Blue Lights, le pre­mier single de Jor­ja Smith sor­ti dé­but 2016, tend à dé­non­cer les bru­ta­li­tés po­li­cières à l’égard de la com­mu­nau­té noire, et pour­quoi le titre

Beautiful Lit­tle Fools, dé­voi­lé pour la Jour­née in­ter­na­tio­nale des droits des femmes, se lit comme une ode à l’ac­cep­ta­tion

de soi. “Je sais à quel point il est dif­fi­cile de s’ai­mer, sur­tout à l’ère des ré­seaux so­ciaux où tout semble si par­fait. Mais il faut que nous y par­ve­nions mal­gré tout, car nous sommes des êtres uniques. C’est ce que je sou­haite dire à tra­vers ma mu­sique : aimez-vous et soyez vous-mêmes.”

Mal­gré cette pos­ture qua­si po­li­tique, Jor­ja Smith l’af­firme : sa mu­sique, qu’elle sou­haite sti­mu­lante pour la nou­velle gé­né­ra­tion de femmes, ne peut être ré­duite à une arme des­ti­née à com­battre les maux de notre so­cié­té. “J’ai dé­sor­mais le de­voir d’être une sorte d’exemple, c’est vrai. Pour au­tant, je ne pense pas que ma mu­sique doive né­ces­sai­re­ment être po­li­tique – mais elle se doit d’être tou­jours sin­cère.” Nao­mi Clé­ment

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