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Star en de­ve­nir du rap, HAM­ZA s’im­pose une nou­velle fois via une mix­tape ad­dic­tive. Ren­contre avec le Bruxel­lois et son par­te­naire de l’ombre, Ni­co Bel­la­gio.

Les Inrockuptibles - - Musiques -

IL Y A QUELQUES JOURS, HAM­ZA ÉTAIT À PA­RIS POUR LE MAMA

FES­TI­VAL. Mais de­vant la salle, à Pi­galle, une queue ba­dante se forme jus­qu’au coin de l’im­meuble et la rue ad­ja­cente. Beau­coup ne réus­si­ront pas à en­trer et ra­te­ront, du coup, le concert du nou­veau chou­chou du rap belge. “Mu­cho mu­cho love, mu­cho mu­cho love”, chante ce der­nier sur la mix­tape qu’il vient de sor­tir. De l’amour, beau­coup, voi­là ce que Ham­za re­çoit de­puis quelques mois de la part du pu­blic et de l’in­dus­trie mu­si­cale.

Pour al­ler vite, tout le monde a es­sayé de si­gner Ham­za. Mais c’est avec War­ner que le jeune rap­peur-pro­duc­teur a dé­ci­dé de ten­ter le pas­sage en ma­jor, alors même qu’il conti­nue, pour l’ins­tant, de pro­duire sa mu­sique via son la­bel à lui, Just Woke Up. Cette nou­velle mix­tape,

“Quand la mu­sique est bonne et qu’on te prend au sé­rieux, tu peux te per­mettre d’ajou­ter une pe­tite touche de se­cond de­gré” HAM­ZA

ti­trée 1994 (son an­née de nais­sance, oui), est le pre­mier ré­sul­tat de cette col­lab dans les hautes sphères du bu­si­ness mu­si­cal. “C’est une fa­çon de prendre la tem­pé­ra­ture et de voir com­ment ça se passe avec le la­bel”, nous dit le Bruxel­lois pour jus­ti­fier l’em­ploi du mot mix­tape plu­tôt que ce­lui d’al­bum. Mais peu im­porte la ban­de­role :

1994 est une pe­tite tue­rie pleine de style et d’am­bi­tion, où l’on re­trouve tout ce qu’on aime chez Ham­za – les mé­lo­dies dé­com­plexées, les pun­chlines de fon­ce­dé, le se­cond de­gré – quoi­qu’à un ni­veau de réa­li­sa­tion en­core éle­vé d’un cran. “Je me suis pris la tête sur l’écri­ture,

ra­conte-t-il. C’est la pre­mière fois que je suis aus­si in­tros­pec­tif. Je tra­vaille tou­jours de la même fa­çon, au fee­ling. La dif­fé­rence, c’est que je com­mence à avoir un peu de re­cul sur ce que je fais. J’étais dé­jà fort avant mais j’avais la tête dans le gui­don… Main­te­nant, on a une grosse équipe et des gens mo­ti­vés au­tour de nous.”

En in­ter­view, Ham­za parle po­sé­ment, pru­dem­ment. Il ne laisse trans­pa­raître que très peu de choses der­rière ses grosses lu­nettes de so­leil. Si bien que Ni­co Bel­la­gio, l’aco­lyte qui l’ac­com­pagne par­tout, pro­longe par­fois sa pen­sée. “On est en train d’éta­blir des fon­da­tions,

dit-il. On veut un bon back­ground avant l’al­bum. Avec une bonne pa­lette de clips et une image plus contrô­lée.”

Ni­co Bel­la­gio est l’homme de l’ombre. De confiance, aus­si. Il est à la fois le gra­phiste, le pho­to­graphe, le clip­peur et le DJ de Ham­za. C’est à lui que l’on doit les clips des mor­ceaux Des­ti­ny’s Child et Vibes, où l’on peut voir le rap­peur cam­per les rôles, res­pec­ti­ve­ment, d’une pop star des 90’s et d’un coach spor­tif per­son­nel. Les clips sont aus­si drôles que les mor­ceaux sont co­ol. “Il suffit par­fois d’un mot qui résonne dans un

mor­ceau, et c’est sur ça qu’on va mettre l’ac­cent”, ex­plique Ni­co Bel­la­gio. Dans Vibes, Ham­za chante en ef­fet “Sau­ce­god Ca­liente coach per­son­nel”, et voi­là.

“Mais il faut sa­voir être mar­rant sans faire le clown, mo­dère Ham­za. C’est une ques­tion de do­sage. Quand la mu­sique est bonne et qu’on te prend au sé­rieux, c’est là que tu peux te per­mettre d’ajou­ter une pe­tite touche de se­cond de­gré.” Ain­si parle “le new Mi­chael Jackson”, comme il

le chante lui-même dans Des­ti­ny’s Child.

Ham­za ne parle pas trop de l’ave­nir. Il ne sait pas ce qu’il y au­ra

dans l’al­bum. Il sait seule­ment qu’il n’ex­clut rien. On note par exemple qu’il n’y a au­cun feat. sur 1994. Ça pour­rait donc chan­ger. Il sait aus­si l’am­pleur des pos­si­bi­li­tés face à la hype ac­tuelle au­tour du rap belge. De Dam­so à Ro­méo El­vis en pas­sant par JeanJass et Ca­bal­le­ro, tous pro­fitent du coup de pro­jec­teur.

Bos­seur achar­né de­puis ses 15 ans, dé­sor­mais au­teur d’une jo­lie col­lec­tion de mix­tapes ( H24, Zom­bie Life, San­ta Sauce…), Ham­za aime bien prendre son temps. Il vit d’ailleurs tou­jours chez sa mère, dans le quar­tier bruxel­lois de Bocks­tael. Il com­mence à se fa­mi­lia­ri­ser avec le suc­cès qui vient, tout en ne ca­chant pas son en­vie de briller com­plè­te­ment. “Les gens ont par­fois des rêves mais ne tra­vaillent pas as­sez pour les réa­li­ser, dit-il. Ils se trouvent des ex­cuses et se re­lâchent vite.” Comme pour dire que ce n’est pas son cas, et qu’on n’a en­core rien vu. Maxime de Abreu

Mix­tape 1994 (Just Woke Up/War­ner)

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