Smooth plea­sure

Les Inrockuptibles - - Musiques -

“Tu connais pas Stee­ly Dan ? Ce sont les rois du yacht rock, mec, lâche Pe­ter Sa­gar aka Ho­me­shake, de­vant le Point Ephé­mère à Pa­ris. C’est le style le plus lus­tré et par­fait qui soit ; de la mu­sique lis­sée et sans er­reur, si tu

pré­fères.” Ce n’est pas que l’on ignore qui sont feu Wal­ter Be­cker et Do­nald Fa­gen, les membres fon­da­teurs du groupe, ni ce que peut re­cou­vrir le terme yacht rock, cette es­pèce de r’n’b haute-fi­dé­li­té, smooth et so­phis­ti­qué, c’est juste qu’on ne s’était pas pen­ché sur la ques­tion jus­qu’à la sor­tie en 2013 de Ran­dom Ac­cess Memories, de Daft Punk. Du pat­tern de I Keep For­get­tin de Mi­chael McDo­nald (le pape du yacht rock) sur Beyond, au groove de Hey Ni­ne­teen de Stee­ly Dan exal­té par

Frag­ments of Time, l’al­bum du duo cas­qué était un hom­mage à ce genre mu­si­cal per­çu comme une vanne kitsch, dé­ve­lop­pé au mi­tan des an­nées 1970 par des in­gés son her­mé­tiques aux pré­mices du punk et de la new-wave. Une fa­çon plu­tôt clas­sieuse de prendre à re­vers le cock rock ma­cho fa­çon Ted Nugent de l’époque. Le yacht rock reste mé­con­nu en France, mais tra­verse pour­tant tous les genres, du hip-hop aux ful­gu­rances lo-fi (et c’est bien là un pa­ra­doxe) d’une scène indie-rock em­me­née par Mac DeMar­co et Alex Ca­me­ron. Le pe­tit pro­dige Thun­der­cat (co­pro­duc­teur du To

Pimp a But­ter­fly de Ken­drick La­mar) nous confiait avoir réa­li­sé un rêve de kid en col­la­bo­rant avec Mi­chael McDo­nald et Ken­ny Log­gins (Foot­loose) sur son der­nier al­bum, deux soft-ro­ckers qu’il place au même ni­veau que Paul McCart­ney et John Len­non. La bonne nou­velle, c’est qu’il n’est dé­sor­mais plus in­ter­dit de s’am­bian­cer sur I Can’t

Go for That (No Can Do) de Hall & Oates en soi­rée. Il n’y a pas de plai­sir cou­pable.

Da­ryl Hall et John Oates

Fran­çois Moreau

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