LE HÉ­ROS DE LA SE­MAINE

Les Inrockuptibles - - Musiques - Maxime de Abreu

Pour la ré­ha­bi­li­ta­tion de Mike Brant

A l’heure où il est de­ve­nu co­ol de pleu­rer la dis­pa­ri­tion de John­ny Hal­ly­day, de li­ker des re­prises de Vé­ro­nique San­son et de s’épan­cher sur le gé­nie de Da­niel Ba­la­voine, d’autres ar­tistes de va­rié­té – qu’ils furent au­teurs-com­po­si­teurs ou pas – at­tendent tou­jours leur ré­ha­bi­li­ta­tion. Mike Brant en fait par­tie. Il n’au­rait été qu’un “chan­teur à mi­nettes”, un bel­lâtre tout juste bon à brailler les textes niais qu’on lui ten­dait. Il par­lait à peine fran­çais. C’est dire le manque de ta­lent ! Et puis cet ac­cent, ces tré­mo­los dans la voix, ce look… Il pa­raît que c’est de­ve­nu le comble du kitsch. Pour­tant, comme le rap­pelle un nou­veau best-of aug­men­té de de­mos et de do­cu­ments iné­dits, la car­rière de Mike Brant parle d’une époque que beau­coup n’hé­sitent plus à se ré­ap­pro­prier. Elle parle aus­si d’un homme ti­raillé entre deux pays, Is­raël et la France, et bien­tôt ron­gé par une dé­pres­sion qui le pous­se­ra au suicide à 28 ans. L’his­toire de Mike Brant est aus­si dé­chi­rante que sa voix. Et dans son in­ter­pré­ta­tion, il y a une pro­fon­deur et une re­cherche d’ab­so­lu plus grandes qu’il n’y pa­raît. Mais on peut aus­si res­ter à la sur­face de mé­lo­dies flam­boyantes et s’en émou­voir sin­cè­re­ment. Sans rou­gir. Le bestof s’ap­pelle Un grand bon­heur.

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