Dans un trop simple ap­pa­reil

Les Inrockuptibles - - Série - Oli­vier Joyard

Nu ima­gine une so­cié­té où, de par la loi, tout le monde doit être dé­vê­tu. Une sé­rie en de­çà de son po­ten­tiel.

Dans la France de 2026, il est dé­sor­mais in­ter­dit de por­ter des vê­te­ments, au nom d’une nou­velle loi “trans­pa­rence” qui exige de cha­cun.e qu’il ou elle ne cache rien, ni de sa vie pri­vée, ni de son ana­to­mie. C’est dans ce cau­che­mar faus­se­ment bien­veillant que se ré­veille Frank, un flic qui vient de pas­ser huit ans dans le co­ma. Il pense vivre en­core dans un monde où por­ter un T-shirt n’at­tire pas de re­gards noirs, mais il se trompe. C’est l’his­toire de sa re­cons­truc­tion que ra­conte Nu, nou­velle co­mé­die créée par Oli­vier Fox, dont la pre­mière sai­son compte dix épi­sodes de vingt-six mi­nutes. Cri­ti­quer une so­cié­té nor­mée, où la sur­veillance du peuple par le pou­voir passe par le peuple lui-même – tout le monde en­cou­rage Frank, ré­ti­cent, à se je­ter à l’eau –, au­rait pu don­ner un genre de brû­lot co­mi­co-so­cial mar­quant. Mais la sé­rie met beau­coup trop long­temps à trou­ver une ligne forte, un ton clair qui lui fe­rait dé­pas­ser l’anec­dote. Nu est sou­vent em­prun­tée, ra­re­ment ca­pable de ti­rer le fil de sa per­ti­nence et de sa co­cas­se­rie pour­tant pro­met­teuses. C’est d’au­tant plus dom­mage que le choix de mon­trer des corps de toutes tailles et de tous âges la place dans une pro­blé­ma­tique contem­po­raine de re­pré­sen­ta­tions di­verses as­sez pas­sion­nante. En l’état, mal­gré un sur­saut en se­conde par­tie de sai­son, Nu reste bien trop sage. Avec Ir­res­pon­sable, Les Grands ou en­core Mis­sions, OCS nous avait ha­bi­tués à mieux.

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