Le di­rec­teur de l’hô­pi­tal ré­pond aux propos du chi­rur­gien

Les Nouvelles de Falaise - - Vie D’ici -

Les propos de Fa­rouk Slei­man, chi­rur­gien du centre hos­pi­ta­lier de Fa­laise dans nos co­lonnes du 6 juillet, ont en­gen­dré une mise au point d’yvon Goar­vot, en ac­cord avec Eric Ma­cé et Ma­rie-claude Le­prince.

Fa­laise.

Yvon Goar­vot, di­rec­teur du centre hos­pi­ta­lier de Fa­laise, a sou­hai­té ré­agir par rap­port aux propos te­nus par le chi­rur­gien Fa­rouk Slei­man dans nos co­lonnes du 6 juillet.

« Suite à l a pa­ru­tion dans l’édi­tion du 6 juillet 2017 des Nou­velles de Fa­laise de l’in­ter­view du chi­rur­gien Fa­rouk Slei­man du centre hos­pi­ta­lier de Fa­laise, M. Ma­cé, pré­sident du con­seil de sur­veillance, Mme Le Prince, pré­si­dente de la com­mis­sion mé­di­cale et moi-même te­nons en pre­mier lieu à faire part de notre stu­pé­fac­tion à la lec­ture de cette in­ter­view. Cette der­nière in­ter­vient, en ef­fet, pos­té­rieu­re­ment à un long pro­ces­sus de concer­ta­tion interne qui a as­so­cié l’en­semble des per­son­nels de l’éta­blis­se­ment et a fait l’ob­jet d’un vote dé­mo­cra­tique de ses ins­tances dé­ci­sion­nelles et consul­ta­tives.

C’est pour­quoi, en ac­cord avec M. Ma­cé et Mme Le Prince, je sou­haite ap­por­ter quelques élé­ments d’in­for­ma­tion. D’abord, tout le monde s’ac­cor­de­ra sur le point sui­vant : quand un hô­pi­tal est en dé­fi­cit, ses di­ri­geants doivent prendre des me­sures de re­dres­se­ment. C’est une des rai­sons qui ont mo­ti­vé l’évo­lu­tion de la ma­ter­ni­té. En ef­fet, les coûts de fonc­tion­ne­ment du CPP (Centre Pé­ri­na­tal de Proxi­mi­té) sont bien in­fé­rieurs à ceux d’un ser­vice de ma­ter- ni­té. C’est lo­gique et co­hé­rent puisque les moyens mis à dis­po­si­tion, no­tam­ment hu­mains, sont bien moins im­por­tants dans un CPP que dans une ma­ter­ni­té (par exemple : 3 sages-femmes pour le CPP contre 11 pour la ma­ter­ni­té).

Par ailleurs, l a créa­tion du CPP a pour ob­jet de main­te­nir une offre de soins en gy­né­co­lo­gie-obs­té­trique pour la po­pu­la­tion de la ré­gion de Fa­laise. Le be­soin n’est pas à dé­mon­trer et le ser­vice ren­du est re­con­nu par les pa­tientes. Au-de­là, les mots choi­sis par le chi­rur­gien pour qua­li­fier le centre de pé­ri­na­ta­li­té sont par­ti­cu­liè­re­ment ir­res­pec­tueux et bles­sants pour l’équipe de ce ser­vice.

Concer­nant la phar­ma­cie du centre hos­pi­ta­lier, son or­ga­ni­sa­tion et son fonc­tion­ne­ment doivent ré­pondre à une ré­gle­men­ta­tion très stricte. Les lo­caux de l’an­cienne phar­ma­cie n’étaient plus conformes. Étant en­ten­du qu’un hô­pi­tal ne peut fonc­tion­ner sans phar­ma­cie, il a donc été dé­ci­dé de re­cons­truire la phar­ma­cie pour l’im­plan­ter dans le bâ­ti­ment hos­pi­ta­lier et ré­duire ain­si ses coûts de fonc­tion­ne­ment ».

« L’ARS a va­li­dé le pro­jet mé­di­cal »

« Le mé­de­cin dit qu’il n’a ja­mais été concer­té par le di­rec­teur. Je tiens à pré­ci­ser que les condi­tions ont été créées afin que cha­cune et cha­cun soit as­so­cié à l’éla­bo­ra­tion du pro­jet mé­di­cal. Tous les pra­ti­ciens ont été conviés à des réunions d’in­for­ma­tion et à des groupes de tra­vail. De plus, tout le monde sait à l’hô­pi­tal que mon bureau est tou­jours ou­vert, y com­pris le chi­rur­gien in­ter­viewé qui a su ve­nir me voir ou m’in­vi­ter dans son bureau de­puis mon ar­ri­vée en 2012 pour évo­quer d’autres su­jets. En tout cas, je suis très heu­reux d’ap­prendre son in­té­rêt pour la co­opé­ra­tion avec l’hô­pi­tal d’ar­gen­tan à la­quelle il fait al­lu­sion en termes po­si­tifs. C’est de très bon au­gure dans la pers­pec­tive d’un ren­for­ce­ment né­ces­saire des col­la­bo­ra­tions entre les deux éta­blis­se­ments.

Concer­nant les soins pal­lia­tifs, certes l’éta­blis­se­ment dis­pose dé­jà de per­son­nels for­més, d’une équipe mo­bile et de deux lits dé­diés. En com­plé­ment, le pro­jet en­vi­sa­gé porte sur la créa­tion d’une uni­té ré­si­den­tielle de 10 lits. Son rayon­ne­ment dé­pas­se­ra lar­ge­ment les li­mites ac­tuelles du bas­sin d’at­trac­tion de notre centre hos­pi­ta­lier. Il s’agit d’un pro­jet à vo­ca­tion ter­ri­to­riale. L’hô­pi­tal de Fa­laise se­ra le seul éta­blis­se­ment de sa ca­té­go­rie en Ré­gion Nor­man­die à dis­po­ser d’un ser­vice d’une telle en­ver­gure.

En ré­ponse à l’in­quié­tude ex­pri­mée s’agis­sant d’une éven­tuelle di­mi­nu­tion de l’offre de soins no­tam­ment chi­rur­gi­cale, je tiens à rap­pe­ler que l ’ARS de Nor­man­die a va­li­dé en mai der­nier le pro­jet mé­di­cal de l’hô­pi­tal de Fa­laise, ac­tant ain­si clai­re­ment le main­tien des ac­ti­vi­tés de chi­rur­gie sur la base des axes d’or­ga­ni­sa­tion dé­fi­nis dans ce pro­jet et le po­si­tion­ne­ment de l’hô­pi­tal de Fa­laise en tant que centre hos­pi­ta­lier po­ly­va­lent. Il conti­nue­ra ain­si à ac­cueillir tous les pa­tients quelle que soit leur classe d’âges, et à as­su­rer 24h/24 et tous les jours de l’an­née les ur­gences mé­di­cales et chi­rur­gi­cales. Pour abou­tir à ce pro­jet, il convient de sou­li­gner que les per­son­nels du centre hos­pi­ta­lier de Fa­laise, mal­gré leurs in­quié­tudes, ont re­le­vé la tête, se sont mo­bi­li­sés et ont cou­ra­geu­se­ment bâ­ti en­semble un pro­jet d’ave­nir pour notre hô­pi­tal. Ils ne se lais­se­ront pas dé­cou­ra­ger par quelques échos pes­si­mistes. Je sais pou­voir comp­ter sur eux pour mettre en oeuvre, dans les mois à ve­nir, ce pro­jet mé­di­cal et dé­mon­trer que notre centre hos­pi­ta­lier res­te­ra tou­jours un ac­teur ma­jeur au ser­vice de la san­té des ha­bi­tants de la ré­gion de Fa­laise ». Yvon Goar­vot, di­rec­teur du centre hos­pi­ta­lier de Fa­laise

Yvon Goar­vot (ar­chives).

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