Du To­go à Trun, la foi comme seul ba­gage

Les Nouvelles de Falaise - - Trun - Ch­ris­to­pher LEBRANCHU

Sa ba­guette à l a main, le père Nor­bert Da­gou­di ar­ri­ve­rait presque à tra­ver­ser Trun de fa­çon dis­crète si des sa­luts ami­caux ne l’ar­rê­taient pas tous les 100 mètres. Sa gouaille afri­caine. Son large sou­rire. Le cu­ré de la pa­roisse Saint-maxi­mi­lienKolbe est un homme abor­dable et simple, qui a l’oeil qui frise à l’heure d’abor­der sa foi.

« Ma pré­sence ici ne veut pas dire qu’il y a un manque de foi ou que l’on vient évan­gé­li­ser. Ce n’est pas l’idée qui m’a fait ve­nir ici. Il y a un échange entre l’évêque de mon dio­cèse d’atak­pa­mé, au To­go, et ce­lui du dio­cèse de Séez. Ils s’échangent des prêtres.

C’est de la France que les mis­sion­naires sont ve­nus au To­go. Ils ont ap­por­té l’évan­gile. Et, nous, au­jourd’hui, nous consti­tuons le fruit de ce qu’ils ont se­mé. Nous ve­nons sou­te­nir ce qui exis­tait dé­jà. Nous ve­nons sou­te­nir la foi qui manque au­jourd’hui de bras. Mais ça re­vien­dra par les en­fants et pe­tits-en­fants que nous ac­cueillons ».

Or­don­né par le Pape

Né au To­go le 31 décembre 1957, il a été or­don­né prêtre en 1985 par le Pape Jean-paul II en per­sonne. « Il y a un adage qui dit : Qui veut voir le Pape, va à Rome. Moi, le Pape est ve­nu me po­ser la main au To­go. C’est une fier­té mais j’y vois plus la main de Dieu là-de­dans. Or­di­nai­re­ment, ce sont les évêques du dio­cèse qui réa­lisent l’or­di­na­tion. C’était une oc­ca­sion unique. »

Après plu­sieurs fonc­tions au sein du dio­cèse d’atak­pa­mé, c’est d’abord à Alen­çon en 2012 qu’il fait ses pre­miers pas en France en tant que vi­caire de pa­roisse. Une fois le choc de tem­pé­ra­ture di­gé­ré, le père Da­gou­di of­fi­cie deux an­nées comme cu­ré à La Fer­té-ma­cé avant d’être ac­cueilli à Trun, en sep­tembre 2015.

« Au dé­part, quand je suis ar­ri­vé ici, les choses n’étant pas les mêmes, j’ai eu quand même quelques chocs. Dans ce sens où, ceux qui viennent à la messe, sont des per­sonnes âgées. Les jeunes, on ne les trouve pas. C’est un com­bat à me­ner pour que la jeu­nesse re­tourne à la messe. Mais je me dis, si on com­mence à pour­suivre ceux qui ne viennent ja­mais à la messe, on n’au­ra rien. Mieux vaut ou­vrir les portes aux pe­tits-en­fants qui ar­rivent pour les in­té­res­ser à la re­li­gion. Ça ne veut pas dire qu’on laisse de cô­té les per­sonnes qui s’en vont ou qui sont par­ties. Mais on ira vers eux en même temps que les plus jeunes qui fré­quentent l’église avec leurs pa­rents ou grands-pa­rents ».

Par­ler aux en­fants

C’est pour­quoi il existe la messe des fa­milles, le pre­mier di­manche de chaque mois. « C’est l’oc­ca­sion pour les pa­rents d’ame­ner les en­fants. Et, avec les ca­té­chistes, nous créons une am­biance telle, que les en­fants sentent que c’est leur messe. L’évan­gile leur est don­né dans un lan­gage d’en­fants. C’est très in­té­res­sant. Avant de par­tir, j’en par­le­rai avec l’évêque. S’il peut conti­nuer, c’est pro­met­teur. » 35 à 40 en­fants par­ti­cipent ain­si à cette messe.

Re­tour au To­go

La mis­sion du père Da­gou­di se ter­mine dans un an. La suite se pas­se­ra loin de la France. « Je re­pars dans mon dio­cèse d’atak­pa­mé. Ça me plaît d’y re­tour­ner. Après six ans dans un mi­lieu, on a ap­pris pas mal de choses. On peut al­ler or­ga­ni­ser, peut-être mieux, sa vie pas­to­rale. Ce genre d’ex­pé­riences peut permettre de mieux re­dy­na­mi­ser la foi et la mis­sion évan­gé­lique ».

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