L’hom­mage au pi­lote amé­ri­cain

Les Nouvelles de Falaise - - La Une -

Le mo­teur de son avion ne fonc­tion­nant plus, Mar­vin Ros­vold fut sau­vé grâce à son pa­ra­chute. Une cé­ré­mo­nie em­preinte d’émo­tions s’est dé­rou­lée à Saint-pierre-du-bû en l’hon­neur du pi­lote amé­ri­cain. Sa fille et son frère étaient pré­sents au ren­dez-vous.

Saint-pierre-du-bû.

« Ne pas ou­blier l’hé­roïsme de tous ces morts qu’ils soient mi­li­taires ou ci­vils », rap­pe­lait Jean-claude Le­roux, maire de la com­mune de Saint-pierre- duBû, lors de la cé­ré­mo­nie or­ga­ni­sée sa­me­di der­nier. Su­zanne et Har­lan, fille et frère de Mar­vin Ros­vold, sol­dat de L’US Air force du­rant la Se­conde Guerre mon­diale, ont ré­pon­du pré­sent à l’in­vi­ta­tion de la com­mune pour rendre hom­mage à Mar­vin, dont l’avion s’est écra­sé non loin de là le 17 août 1944, jour de la li­bé­ra­tion de Fa­laise. Su­zanne et Har­lan sont ve­nus, ac­com­pa­gnés de leur fa­mille. Le 6 juin 1944, les Amé­ri­cains sont des mil­liers à dé­bar­quer sur les côtes nor­mandes. Le 17 août, sur le ter­rain d’avia­tion de Car­don­ville, dans le Nord du Cal­va­dos, mé­ca­ni­ciens et ar­mu­riers pré­parent les avions, pen­dant que les pi­lotes prennent connais­sance de leurs mis­sions. Quatre avions P47 Thun­der­bolt, di­ri­gés par le com­man­dant Hen­dricks, dé­collent à 13 h 16. Les pi­lotes Joltz, Ros­vold et Ba­ker l’ac­com­pagnent. Ils partent pour une cou­ver­ture d’at­taque au sol d’une co­lonne al­liée, dans le sec­teur de Fro­men­tel et Pu­tanges.

Une dou­zaine de chars al­le­mands sont dé­truits ou en­dom­ma­gés. Au re­tour, le mo­teur de l’avion de Mar­vin Ros­vold ne fonc­tionne plus. Le pi­lote n’hé­site pas et saute, il est en­vi­ron 17 h. L’avion heurte le sol d’un pré en­tou­ré de bois, le Ro­cher Com­mun. Son pa­ra­chute le porte jus­qu’à une ferme 1 km plus loin. Mar­vin Ros­vold a une chance ex­cep­tion­nelle puisque la 53e di­vi­sion bri­tan­nique vient de li­bé­rer la com­mune. 26 sol­dats bri­tan­niques y perdent la vie, 14 ci­vils ré­fu­giés sont tués. Mar­vin, le pi­lote aux 77 mis­sions et aux 26 dé­co­ra­tions, est sain et sauf et re­joint quelques mois plus tard son pays na­tal.

Pour l’anec­dote, en 1992, Mi­chel Rain­froy un pas­sion­né d’his­toire fa­lai­sien dé­ter­rait les restes d’un P47 Thun­der­bolt, chas­seur de L’US Air Force, tom­bé en 1944, à proxi­mi­té de la ci­té de Guillaume-le-con­qué­rant. Il se met en quête de re­trou­ver l’iden­ti­té du pi­lote, tâche qui s’avère com­pli­quée. 20 ans plus tard, il trouve par ha­sard une pho­to du pi­lote sur In­ter­net dont il re­con­naît le pa­ra­chute. Il s’agit de Mar­vin Ros­vold, né le 11 no­vembre 1921 à De­ni­son, dans le Min­ne­so­ta. An­cien ar­chi­tecte, il a eu 16 pe­tits-en­fants et un ar­rière-pe­tit-fils. Il est mort en 2008 à l’âge de 87 ans.

L’his­toire

C’est de­vant le mo­nu­ment aux morts de la com­mune que la cé­ré­mo­nie a eu lieu. Porte-dra­peaux, ci­vils, mi­li­taires, ils étaient très nom­breux à y as­sis­ter.

Un mo­ment d’une in­tense émo­tion pour tous et par­ti­cu­liè­re­ment pour la fa­mille de Mar­vin Ros­vold. La cé­ré­mo­nie fut ac­com­pa­gnée en mu­sique par l’école de mu­sique du Pays de Fa­laise. Les mu­si­ciens étaient di­ri­gés par Christophe Guil­bert. Les hymnes, amé­ri­cain, an­glais et fran­çais, ont no­tam­ment été joués.

« Je suis très im­pres­sion­né par toute cette or­ga­ni­sa­tion », a avoué Har­lan. « C’est ex­trê­me­ment im­por­tant pour nous d’être ici, de vivre tout ça, ça nous touche énor­mé­ment » pour­suit le frère du pi­lote.

« Je suis tel­le­ment émue et bou­le­ver­sée par tout ce qui a été fait » , as­sure Su­zanne. « Nous avons été tel­le­ment bien ac­cueillis ». Su­zanne n’a pu re­te­nir ses larmes lorsque le maire lui a re­mis ain­si qu’à Har­lan, la mé­daille d’hon­neur de la com­mune.

Ce fut une jour­née dé­ci­dé­ment riche en émo­tions pour tous. Avant la cé­ré­mo­nie, la fa­mille a été me­née sur les lieux du crash. Grâce à un dé­tec­teur de mé­taux, de nou­velles pièces de l’avion ont été re­trou­vées. Ce fut un mo­ment d’une grande in­ten­si­té pour les proches du pi­lote, qui n’en re­viennent pas.

« C’est une his­toire qui fi­nit bien » , se­lon Jean-claude Le­roux, qui a rap­pe­lé les nom­breuses pertes hu­maines. « C’est à ce prix que la France et l’eu­rope ont re­trou­vé la li­ber­té. Il ne faut rien cé­der à l’ou­bli ».

Un ma­gni­fique hom­mage Des dé­bris de l’avion re­trou­vés

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