Sus­pen­du un an, l’en­traî­neur-dri­ver nie avoir do­pé sa ju­ment

Les Nouvelles de Falaise - - Vie D’ici - BM (Presspep­per)

Ba­zoches-au-houlme. L’en­traî­neur et dri­ver Ber­trand Le Bel­ler a contes­té mar­di 18 juillet de­vant le juge des ré­fé­rés du tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Caen la sanc­tion pro­non­cée à son en­contre par la so­cié­té d’en­cou­ra­ge­ment à l’éle­vage du che­val fran­çais (SECF), le 12 mai der­nier. Ins­tal­lé à Ba­zoches-au-houlme, dans l’orne, l’en­traî­neur de trot­teurs a été sus­pen­du un an pour avoir do­pé l’une de ses ju­ments.

Le 23 oc­tobre 2016, les ana­lyses me­nées sur l’une de ses pen­sion­naires, Aus­tine de Vau­vert, avait ré­vé­lé une concen­tra­tion anor­ma­le­ment im­por­tante de di­oxyde de car­bone dans son sang. La ju­ment ve­nait alors de ter­mi­ner 4e du prix Sa­muel Mi­gnot à Cas­té­ra-ver­du­zan dans le Gers. L’en­traî­neur-dri­ver s’en est ra­pi­de­ment ex­pli­qué.

Après un tra­jet de près de 750 km de­puis Ba­zoche-auHoulme, sa ju­ment était déshy­dra­tée. L’en­traî­neur-dri­ver lui a alors ad­mi­nis­tré des élec­tro­lytes dans les na­seaux. Com­po­sé no­tam­ment de bi­car­bo­nate de soude, le pro­duit « est en vente libre » , pré­cise son avo­cate. Il a pour ef­fet d’aug­men­ter le taux de di­oxyde de car­bone dans le sang. Pour l’avo­cat de la SECF, la vo­lon­té de tri­cher est évi­dente. Le « milk-shake » sup­prime la dou­leur de l’ani­mal « et donc aug­mente ses per­for­mances » .

Char­gée de veiller sur l’éle­vage des trot­teurs, la SECF a condam­né Ber­trand Le Bel­ler à 15 000 € d’amende. Sur­tout, la so­cié­té du che­val fran­çais lui a re­ti­ré ses au­to­ri­sa­tions d’en­traî­ner et de mon­ter pour un an. Une sanc­tion « dis­pro­por­tion­née » se­lon son avo­cate, qui a aler­té le juge des ré­fé­rés sur les consé­quences di­rectes de cette dé­ci­sion.

Trois pro­prié­taires, qui lui avaient confié l eurs che­vaux, se­raient en passe de les lui re­ti­rer. Le pré­ju­dice est es­ti­mé à près de 150 000 € pour la so­cié­té que Ber­trand Le Bel­ler a créée il y a six ans. « Il faut un rè­gle­ment et des sanc­tions, je le com­prends. Mais je n’ai rien fait » , in­siste l’en­traî­neur. Pour son avo­cate, son ac­ti­vi­té est en pé­ril.

Sur­tout, elle in­siste sur l a « démesure » de la sanc­tion. Entre 2006 et 2013, plu­sieurs en­traî­neurs ont été sus­pen­dus pour avoir do­pé leurs trot­teurs au bi­car­bo­nate de soude. À chaque fois, « la sus­pen­sion n’a pas dé­pas­sé six mois ! » , s’est em­por­tée l’avo­cate, qui rap­pelle le cas d’un en­traî­neur qui au­rait vo­lon­tai­re­ment pris la fuite pour évi­ter le contrôle. L’homme avait été condam­né « à une simple amende de 3 000 € » .

L’avo­cat de so­cié­té du che­val fran­çais a, lui, mi­ni­mi­sé ces com­pa­rai­sons. Il a dé­fen­du une sanc­tion qui vise à pros­crire les pra­tiques d’en­traî­neurs « qui tentent des ex­pé­riences » . Le juge des ré­fé­rés a mis sa dé­ci­sion en dé­li­bé­ré. Il de­vrait rendre son or­don­nance dans les pro­chains jours.

Di­oxyde de car­bone, milk-shake et « perfs » Un pré­ju­dice de 150 000 €

La dé­ci­sion de sus­pendre l’en­traî­neur-dri­ver a été mise en dé­li­bé­ré.

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